vendredi 27 novembre 2020
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L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU MALI : QUAND MOUSSA TIMBINÉ JOUE AU BOUTEFEU!  

Il y a les sages qui recherchent toujours les bonnes solutions aux conflits qui ne manquent pas dans la société. Il y a aussi, malheureusement,  des sots dont les seules propositions pour régler  les différends sont de souffler sur les braises. Moussa Timbiné, l’incongru président de l’Assemblée nationale coronavirus est de ceux-là, au grand dam de la communauté internationale.

 

Avec une certaine amertume, un diplomate européen définit le personnage : « Il est tristement l’âme damnée d’Ibrahim Boubacar Keïta. Le président du Mali a conçu dans son laboratoire un monstre qu’il ne pourra pas contrôler et qui provoquera certainement sa déchéance ». Paroles prémonitoires ou pas, le député, dont l’élection demeure vertement contestée dans sa circonscription de la Commune V de Bamako et de surcroît dénoncée par toutes les bonnes consciences, a été en tout cas porté au perchoir par une manoeuvre qui n’honore pas IBK. Le cours des événements prouve que le choix a été des plus mauvais et que la mauvaise graine semée ne pourra être autre chose que l’ivraie.

Par ses bravades intempestives et ses déclarations à l’emporte-pièce, Moussa Timbiné est-il aujourd’hui un soutien réfléchi d’Ibrahim Boubacar Keïta ou une bombe qui fera exploser de l’intérieur son camp? Les pro-IBK et les anti-IBK se posent tous cette question, les premiers avec angoisse, les seconds avec une douce ironie. Il y a de quoi. Pendant que tout le monde envisage diverses  solutions pour trouver une sortie de crise qui ne mettra pas le pays dans plus de panade, Moussa Timbiné se transporte en enfer pour chercher les feux utiles à l’apocalypse qu’il recherche. Il ne réfléchit pas, ce n’est pas dans la réflexion qu’il excelle; il envenime, il jette de l’huile sur le feu. C’est son domaine de prédilection. D’où ses galimatias déroutants qui provoquent hilarité et larmes pour la patrie entre des mains si néophytes. Il déclare, par exemple : « Le Président de la République n’a pas le pouvoir de dissoudre la Cour Constitutionnelle; s’il avait ce pouvoir, il va dissoudre la Cour Constitutionnelle et il va faire un troisième mandat ». On ne sait pas exactement si de tels propos tenus par lui révèlent son inintelligence ou son ignorance, mais ils prouvent que le président du Parlement, docte institution, nie au président de la République une de ses prérogatives essentielles, à savoir celle de dissoudre l’Assemblée nationale dans les conditions prévues par la constitution (car il s’agit de ça dans son esprit, on n’a pas besoin de consulter les oracles pour en être sûr). Et la partie de son affirmation « …s’il avait ce pouvoir, il va dissoudre la Cour constitutionnelle et il va faire un troisième mandat » donne à comprendre que le bonhomme ne sait vraiment pas de quoi il parle. Sans doute, obsédé par l’éventualité de la dissolution de l’Assemblée nationale où il se trouve par effraction, il a l’esprit à un coup d’État institutionnel qui accordera un troisième mandat à IBK. Du coq à l’âne, un chef-d’oeuvre à porter dans le livre Guinness des records.

Somme toute, pendant que la communauté internationale, à travers la C.E.D.E.A.O., invite les parties en conflit à l’apaisement et propose des solutions de sortie de crise, le sieur Timbiné, tel un général devenu fou, joue au boutefeu. Depuis Mopti, il booste les préparatifs des clubs de soutien à sa personne pour venir participer à la manifestation du samedi, 27 juin 2020 sous la houlette de la C.F.R. (Convergence des Forces Républicaines), un regroupement  hâtivement monté et peu homogène pour, dit-on, soutenir la majorité présidentielle. En réalité, ne sorte de réactions épidermiques qui montrera encore, sans doute, le gaspillage de l’argent public qui est le brassard de capitaine  que porte le régime d’IBK dans l’équipe internationale de la gouvernance mondiale. Et qui ne manquera pas d’exacerber la crise politique sans que le camp présidentiel ait à apporter autre chose que la répression des citoyens réunis au sein du M5-RFP  par les forces de l’ordre, en plus de la débauche d’argent qui manque douloureusement à la création des emplois pour les jeunes. Le peuple ne sera pas dupe et la communauté internationale saura faire la part des choses, c’est certain.

La C.E.D.E.A.O., l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’O.N.U. sont sur la même longueur d’ondes sur certaines propositions de solutions pour la sortie de crise. Le monde entier notera alors, sans ambiguïté aucune, que c’est Moussa Timbiné qui est contre la dissolution de l’Assemblée nationale, contre la dissolution de la Cour constitutionnelle qui s’est d’ailleurs effondrée d’elle-même, contre l’organisation d’élections partielles dans les circonscriptions où les votes citoyens ont été volés (cas de la commune V de Bamako, chez Moussa Timbiné), etc. Que veut-il ? Le statu quo que tout le monde sait impossible? À court d’arguments, il peut lancer, sans discernement, contre le M5-RFP : « Beaucoup de ceux qui marchent aujourd’hui sont des djihadistes ». Les faits ont prouvé qu’il ment et la communauté internationale a noté qu’il n’y a pas pire mensonge dans la crise politique malienne que cette accusation de djihadistes et de volonté d’instauration de la charia. Le samedi 27 juin, ce ne serait donc pas la faute à Rousseau ni à Voltaire. Ce serait la faute à IBK et la faute à Moussa Timbiné. Préparons la chanson en bambara qui va avec. Aux sons de la kora, s’il vous plaît !

Amadou N’Fa Diallo

Malick Diancoumba

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