mardi 20 octobre 2020
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L’AMBASSADE DU MALI A ADDIS-ABEBA EPINGLEE : Qui en veut à l’ambassadeur Fafré Camara ?

Autant les rapports du Bureau du Vérificateur général (BVG) mettent à nu les pratiques mafieuses qui expliquent assez le marasme socioéconomique dans lequel notre pays baigne depuis des décennies, autant il est déplorable de voir certains chercher à en profiter pour abattre des cadres du pays, régler leurs comptes. C’est le cas de l’ambassadeur Fafré Camara que certains veulent aujourd’hui salir à cause de certaines pratiques épinglées dans la gestion de la mission diplomatique d’Addis-Abeba (Ethiopie). Si c’est sa gestion qui a été auditée, les montants et les faits brandis contre lui dans certains journaux sont erronés.

 

Cette vérification a porté sur les exercices budgétaires de 2016, 2017, 2018 et du premier semestre 2019. Elle avait pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité des opérations au cours desdits exercices. Les investigations ont notamment concerné les dépenses du personnel, de fonctionnement, d’investissement ainsi que les recettes de chancellerie et de vente de timbres.

Et bien sûr que des irrégularités administratives et financières ont été décelées. Le montant total est évalué à 15 662 393 F Cfa et non à plus de 2 milliards F Cfa comme l’ont indiqué ceux qui cherchent noise à l’ambassadeur Camara. L’ambassade du Mali à Addis-Abeba est surtout épinglée pour avoir accordé des avantages indus d’un montant de 3 317 352 F Cfa. « Cela n’est pas forcément liée à une volonté de détourner de l’argent. Une mauvaise interprétation voire la méconnaissance des textes ne sont pas aussi à exclure », nous indique un expert-comptable.

Ainsi, le Secrétaire agent comptable (SAC) a payé des dépenses non éligibles. « Aucune recette ne peut être liquidée ou encaissée, aucune dépense publique ne peut être engagée ou payée, si elle n’a été au préalable autorisé par une loi de finances », stipule l’article 3 de la Loi n°2013-028 du 11 juillet 2013, modifiée, relative aux Lois de finances. Et l’article 82 de ladite loi dispose que «la responsabilité pécuniaire des comptables publics se trouve engagée dès lors qu’une dépense a été irrégulièrement payée ». La mise en concurrence des fournisseurs, l’absence du contrôle de la caisse du SAC… sont aussi des faits incriminés.

Le rapport du BVG reproche au SAC d’avoir effectué des dépenses sans engagement préalable de l’ambassadeur ; payé des factures non supportées par des pièces justificatives requises et sans respecter le plafond de caisse ; de ne pas procéder aux rapprochements bancaires ; de ne pas tenir compte de tous les documents de la comptabilité-matières ainsi que de tous les registres comptables. Il lui est aussi reproché de ne pas tenir « correctement les relevés détaillés des dépenses et le livre-journal de caisse » et de ne pas porter sur les pièces de dépenses les mentions obligatoires…

A l’issue de la mission de vérification, le BVG a recommandé au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de veiller au respect du cadre organique de l’ambassade du Mali à Addis-Abeba. Quant à l’ambassadeur, il lui a été recommandé de procéder à la vérification de la caisse conformément à la réglementation en vigueur et au contrôle réglementaire des livres-journaux de caisse.

Les faits sont incontestables ! Le hic, c’est que certains brandissent ce rapport aujourd’hui pour chercher à nuire à un jeune diplomate, singulièrement Fafré Camara, qui jouit pourtant d’une solide réputation dans les milieux diplomatiques pour sa compétence et son intégrité. Il est vrai que c’est sa gestion qui a été auditée, mais les montants et les faits sont volontairement erronés pour visiblement lui nuire.

« Fafré est l’un de nos cadres les plus brillants des affaires étrangères. Un homme très compétent et dont l’intégrité est reconnue de tous », témoigne une source diplomatique à Koulouba. Un témoignage partagé par de nombreux camarades de promotion du jeune diplomate.

« En aucun moment Fafré n’a été épinglé pour une mauvaise gestion… Nous sommes nombreux à faire aveuglement confiance aux Secrétaires comptables qui sont aussi nos conseillers parce que supposés mieux maîtriser la gestion financière. », a-t-elle poursuivi. « Certainement quelqu’un, tapi dans l’ombre, lui en veut inutilement… Il est temps qu’on laisse tranquille les hommes intègres et compétents », a souhaité notre source.

«En quelques années, il s’est imposé dans le cercle diplomatique africain d’Addis-Abeba par son sérieux, son dynamisme et son efficacité. Il jouit aujourd’hui du respect et de la considération de ses pairs. Et c’est dommage qu’on essaye de l’abattre à partir de son propre pays pour je ne sais quelles raisons », a-t-elle conclu avec regret et amertume.

Un choix aux dépens de la promesse d’une brillante carrière à l’Union africaine

Fafré Camara est un cadre des Affaires étrangères qui a travaillé au bureau du conseiller juridique de l’UA. Il a abandonné son poste pour prendre les charges de l’ambassade du Mali. Actuellement, il est le doyen du groupe des ambassadeurs de la Cédéao. « C’est un diplomate de carrière qui a démissionné de l’UA après 9 ans pour occuper le poste d’ambassadeur par simple amour de sa patrie. En termes de revenus, Dieu sait ce qu’il a perdu. Mais, comme il nous l’a toujours dit, le Mali vaut ce sacrifice », témoigne un proche du diplomate. Interrogé, Fafré Camara se dit surpris qu’on lui en veuille à ce point, mais il s’en remet au temps et à Dieu en bon croyant.

Rappelons que l’ambassade du Mali à Addis-Abeba (Ethiopie) a été créée par le Décret n°94-283/P-RM du 15 août 1994 portant répartition des postes diplomatiques et consulaires de la République du Mali. Suivant le rapport annuel 2018 de l’Ambassade, la chancellerie a ouvert en 1995 en lieu et place d’un Bureau de liaison qui avait été créé en 1991. La juridiction de l’Ambassade couvre six pays (Ethiopie, Somalie, Djibouti, Kenya, Ouganda et Tanzanie) et quatre organisations internationales comme l’Union Africaine (UA), la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) et le Programme des Nations unies pour les établissements humains (UN-HABITAT).

Naby

Malick Diancoumba

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