vendredi 1 juillet 2022
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Force conjointe du G5 Sahel : «Une solution africaine à des problèmes africains»

Dotée du mandat de l’Union africaine, de celle du Conseil de sécurité des Nations-Unies, depuis trois semaines, la Force conjointe du G5 Sahel était le sujet central des travaux du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat du G5 Sahel qui s’est tenu, hier, dimanche 2 juillet, à Koulouba.

L’espace sahélien, depuis maintenant quelques années, est frappé par des actes de terrorisme et de criminalité transfrontalière. L’exemple du Mali 2012 est assez concret. Une insécurité qui a motivé le déploiement des forces françaises et onusiennes sur son territoire national. A l’instar du Mali, des pays comme le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Tchad font régulièrement objet d’attaques terroristes. Partageant le même espace, ces pays, lors d’un Sommet, en novembre 2015, à Nouakchott, ont décidé d’unir leurs forces pour combattre le terrorisme. A partir de février 2017, l’option de la création d’une force conjointe a été validée par les différents Chefs d’Etat. La dernière réunion des Ministres des Affaires Etrangères des pays membres, tenue ici encore à Bamako, le 6 juin dernier, a balisé le terrain pour la mise sur pied de cette force lors de ce Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat. Cette force qui sera composée de 5000 Hommes va lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière avec des objectifs de développement. Selon le Président Ibrahim Boubacar Kéïta, cette force «va créer un environnement sécurisé en éradiquant l’action des terroristes et des autres groupes criminels organisés afin de restaurer la sécurité et la paix conformément au droit international, à la restauration de l’autorité de l’Etat et au retour des personnes déplacées ou réfugiées et faciliter, dans la limite de ses capacités, les opérations humanitaires et l’acheminement de l’aide aux populations affectées». Cette force, selon l’invité d’honneur, le Président de la République française, Emmanuel Macron, devrait être opérationnelle vers le mois de septembre de cette année. Pour IBK, cette force est d’autant plus nécessaire que les terroristes les obligent à combattre. Et, malheureusement, a-t-il déploré, l’argent investi dans cette lutte aurait pu servir à améliorer les conditions de vie des concitoyens. Le Président malien a salué la présence de la France aux côtés des pays du Sahel et, plus particulièrement, du Mali. «Un signe de solidarité que le Peuple du Mali ne saurait oublier», a souligné le Chef de l’Etat. « Sa présence au Mali témoigne de l’engagement de la France », a rappelé Emmanuel Macron qui dit vouloir continuer l’engagement de son prédécesseur, François Hollande. «Je suis au Mali pour poursuivre, conforté et confirmé l’engagement de François Hollande. Cet engagement se traduit par l’investissement de 50% du Budget français à la Coopération sécuritaire en direction du Sahel. La France entend investir 8 millions d’euros au Sahel d’ici à la fin 2017 », a souligné Emmanuel Macron.

Pour l’opérationnalisation de cette force, l’Union Européenne a déjà promis 50 millions d’euros ; la France compte donner 8 millions d’euros et 200 millions d’euros sur cinq ans. Les différents pays membres vont, chacun, mettre dans la cagnotte 10 millions d’euros (soit quelques 6 milliards de francs CFA). Mais, bientôt, il sera organisé une conférence des donateurs pour récolter plus de fonds.

Toutefois, Emmanuel Macron a invité ouvertement les Chefs d’Etat du G5 Sahel à prendre leurs responsabilités, à faire face aux vrais défis de l’heure pour éviter que des jeunes aillent mourir dans l’Océan, que le terrorise prospère.

En réponse, le Chef d’Etat malien dira que l’objectif commun des pays du G5 Sahel est de « jeter les bases d’un partenariat rénové axé sur le triptyque sécurité- développement- gouvernement. En constituant un espace commun de développement et de promotion humaine. Nos succès militaires doivent être prolongés et consolidés par des actions de développement global qui, par leur pertinence et leur inclusivité, contribueront à libérer les forces économiques et sociales, à promouvoir l’accès à la responsabilité politique comme aux opportunités économiques ».

Cette force qui devra être opérationnelle entre septembre et décembre prochains ne remplacera ni ne se substituera à la force barkhane ni à la MINUSMA ; mais, elle sera plutôt «complémentaire», a dit Emmanuel Macron. Ce partenariat de cœur, de fraternité et de solidarité se présente comme une véritable solution africaine à des problèmes africains.

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

 

Rédaction

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