lundi 22 juillet 2019
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EXPEDITION PUNITIVE : On a tué dans une mosquée à Bamako

La victime est connue, les agresseurs aussi, mais les responsabilités sont loin d’être situées. La tragédie s’est produite dans la Zawia des Hamalistes à Bamako où une descente policière a coûté la vie à une personne. C’était dans la foulée de la marche gigantesque du 5 avril où la population a marché à l’appel de l’imam Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique du Mali.

La question est de savoir pourquoi, loin de la place de l’indépendance où la manifestation a eu lieu, la police est allée tirer des gaz lacrymogènes sur le lieu de culte dans le quartier de Niarela. Selon les responsables de la Zawiya, il s’agissait d’une expédition punitive ayant spécialement ciblé l’endroit où des fidèles du Cherif de Nioro du Sahel, Bouyé Haïdara, avaient élu domicile pour prendre part à la marche.

En de telles circonstances, c’est le ministre de la Sécurité qui est interpellé pour faire la lumière. Selon les fidèles, la provocation est venue de ceux qui n’ont pas aimé la marche, à savoir le Premier ministre Soumeylou Boubèye et ses collaborateurs en charge de la sécurité des habitants de la ville de Bamako. Le gouverneur de Bamako qui avait interdit la marche est de ceux-là.

Pour des habitants du quartier, la marche qui a été pacifique ne donnait aucune raison aux forces de l’ordre de mener une descente musclée en faisant usage du gaz lacrymogène. La mort d’un fidèle dans ces conditions pose un problème de comportement des autorités sécuritaires que les fidèles de la mosquée n’entendent pas ménager.

Au-delà, il y a un vrai chalenge pour le ministère de la sécurité face à ce qui ressemble à une désacralisation de la vie des Maliens. Au cours des 3 mois passés de l’année, le ministre de la Sécurité, le général Sali Traoré, a lui-même reconnu devant les députés que 440 civils ont perdu la vie dans le centre du pays et que 150 soldats ont été tués. Pour lui, les terroristes travaillent à opposer les communautés.

En réponse à la situation dans la région de Mopti, le gouvernement a déclenché une opération de sécurisation depuis plus d’une année dont les résultats sont loin d’être encourageants. La présence de l’armée avec 15.000 hommes issus de tous les corps des forces armées et de sécurité est aujourd’hui mise en cause au regard des exécutions sommaires et des incidents signalés dans plusieurs localités.

Le gouvernement n’accuse pas l’association dogon Dana Ambassagou du massacre d’Ogossagou mais elle a été dissoute à cause de dérives antérieures. Salif Traoré qui a annoncé une vaste action de désarmement de toutes les milices du centre doit s’interroger sur le comportement de ses hommes et en tirer des conclusions. Ce qui s’est passé dans la Zawiya de Niarela en dit long sur les méthodes utilisées.
LA SIRENE

Djibril Coulibaly

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