mardi 20 octobre 2020
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Entente nationale : La Charte, au centre du débat

‘’Le problème de la Charte est malien et la solution est malienne…’’. En effet, la semaine est bouclée à croire que le scénario haletant que nous venons de vivre sous les lambris de la Conférence d’entente nationale a été écrit pour elle, précisément. La question était : la CEN et ce qui est attendu d’elle vont-ils changer en gros notre Géographie politique ? Si oui, se fonderait-elle sur une erreur d’optique fondamentale ?

Les démêlés autour de ces grandes retrouvailles d’une Conférence à la malienne ont ancré l’idée d’une partition du paysage politique en trois courants : La majorité présidentielle, l’opposition républicaine et les groupes armés. N’y avait-il plus à faire ? Non, car, des têtes ont poussé pour franchir ça et là les portes de la CEN.

Tous semblaient pourtant prendre quelques distances avec les acteurs organisateurs de cette ‘’grande messe’’. Beaucoup voulaient observer la scène politique de ces grandes retrouvailles de loin ou ne la regardaient pas du tout. Ce désengagement pouvait se traduire par des comportements spécifiques. Alors question : Pourquoi les gens de la CMA se seraient-ils fait applaudir dans la salle du Palais de la Culture le jour où ils ont rejoint les travaux ? Elle questionne notre démocratie.

Le futur de la Conférence d’entente nationale est à chercher dans son passé, qui est déjà presque un passif. Avec les petits pas de prudence observés tous de suite, la CEN ouvrent-elle un boulevard à la rédaction de la Charte ? Prêtons attention à ce qui suit : la conjonction de nos anxiétés et de nos jours, les ratés de notre propre sécurité territoriale qui s’invite chaque jour, presque dans l’actualité, le nihilisme ambiant de notre torpeur de grand malade à peine sorti des années sombres de 2013, conjuguez les manquements avérés de nos élites politiques et leur procès sans merci, enfin considérez le bruit que ferait les abcès qui éclatent dans la pestilence… Il y a, de tout ce qui précède, le principe d’une fuite en avant, une série de glissements insensibles qui font douter encore de nos pas. Avec la Charte, si on arrive à la fixer dans les textes, il faut voir une chose qui propose d’accélérer ce qui nous a déjà conduit près d’un grand fossé. Voir les Accords signés. La Charte n’aura pas le syndrome de la virginité. Voici, donc, notre candidate de la post- histoire. La Charte sera en quelque sorte le plan d’une vidéo. L’exigence pluraliste de l’époque impose d’admettre la nécessité des compromis. Il y a des cultures au Mali ? Non ! Le Mali est ce qu’il est, et il a une Histoire…

C’est la crise du résultat qui a émergé à la fin des travaux !

Ce qui est en jeu, c’est le rôle des réseaux sociaux en matière de traitement de l’information ayant précédé l’ouverture des travaux. Exemple : les opposants disent avoir reçu leur carton d’invitation à la CEN, la veille de l’ouverture des travaux. Il y a aussi l’individualisation des réponses apportées par certains poids lourds politiques, il y a aussi l’effondrement de la morale politique et la crise de l’exemplarité. Dans les premiers temps de notre Ière République, imaginait-on des invités à venir débattre chaque ostensiblement la porte ? Il est vrai que la démocratie est passée par là… Face à ces premiers couacs d’une ‘’organisation’’, la politique des organisateurs ne sachant plus quoi faire s’est enfermée dans un jeu de postures. Les Maliens ne sont pas dupes de ce l’Histoire de ce train qu’on peut rattraper à toutes les gares. La fonction des organisateurs n’était-elle pas de ‘’rengager’’ les adversaires potentiels ? Pourquoi les autres étaient-ils dans un rapport de désengagement à l’égard de la CEN ? Parce que, quand vous êtes en colère ou ‘’déçus’’, vous êtes toujours dans une forme relation. L’indifférence ou la prise de distance signifie un divorce qui est consommé. La CEN voulait évoluer comme son nom l’indique dans un monde ou un Mali heureux des bénéfices pour tous, mais nous sommes, malheureusement, dans un Mali post-tragique qu’elle appréhendait mal avec ses déconvenues organisationnelles. Un Rapport a été produit, reste ce qui a été dit dans les différentes commissions. Selon le Président de la Commission préparatoire, Baba H. Haïdara, l’indivisibilité a été respectée, ‘’chacun a dit sa part de vérité et on a porté du Mali, c’est l’essentiel…’’. Le message est celui de la paix, de la cohésion… Le Rapporteur Général Sangaré révèle qu’il y a eu des insuffisances dans la mise en œuvre des engagements passés et le faible engagement des populations. Le titre de cet article est symbolique mais frappe fort. Il signifie beaucoup de choses. Dans la mise en œuvre, les Maliens devront se retrouver pour se parler, sans tabou. On attend encore beaucoup de la Présidence de la République, du côté d’IBK. Comme d’instaurer une journée du pardon au Mali.

KONE : LE COMBAT

Rédaction

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