lundi 30 mars 2020
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ELECTIONS LEGISLATIVES: L’espérance de changement de gouvernance déjà hypothéquée

Les élections législatives ou locales sont des moments privilégiés d’observation et d’analyse des comportements des acteurs et actrices politiques, notamment des partis politiques. Sauf que, au Mali, les scrutins sont organisés aux dépens de la démocratie et des électeurs, donc du peuple dont l’espoir de changement de gouvernement est  sans cesse hypothéqué.

 

A ces occasions, des acteurs que tout semble avoir opposé jusque-là se retrouvent comme par magie pour briguer le suffrage des électeurs et électrices. Mais, en réalité, constatant le fossé qui ne cesse de grandir entre le politique et le citoyen et vu que le poste électif est devenu un métier pour beaucoup d’acteurs politiques (surtout d’un certain âge et généralement masculin), il n’est pas étonnant d’assister à de telles alliances dont la finalité est le positionnement personnel.

Cela commence d’ailleurs dans la position sur les listes, qui se ferait aux plus offrants. L’élection devient ainsi un investissement qu’il faudra rentabiliser une fois élu. Tant pis pour le perdant ! Dommage pour l’engagement politique!

Aussi, est-il nécessaire de prendre en compte que, au Mali, les élections ont lieu via des grands électeurs qui peuvent être un chef de famille, de village, de fraction, de quartier, religieux (généralement musulman) ou communautaire. Ainsi, les alliances sont dictées par ces grands électeurs et le parti n’a d’autre choix que de se rallier au risque de se faire sanctionner.

Et cela est dangereux pour tous et toutes car les acteurs et actrices du pays (opposition ou majorité) participent tous à la gestion du pouvoir, directement ou indirectement. Les alliances ne deviennent donc contre-nature qu’au niveau des centres urbains placés sous la lumière des médias.

L’on oublie que la ligne de conduite entre le sommet et la base des partis n’est très souvent qu’imaginaire. C’est ce qui expliquerait cette banale justification des «alliances contre nature» consistant en la formule : «C’est le terrain qui commande» !

Du coup, l’intérêt général (candidat, grand électeur, etc.) est préservé et l’engagement politique est  pris en otage par ces calculs «personnels». Malheureusement, au regard du comportement des acteurs politiques, le cercle est encore loin de se fermer d’autant que les réformes politiques et institutionnelles majeures que tout le monde appelle de ses vœux au Mali sont régulièrement renvoyées aux calendes grecques.

Derrière ces alliances pourraient se jouer aussi d’autres drames comme celui de l’argent sale (trafics divers, enrichissement illicite…) pour acheter les places sur les listes et faire campagne ou de se soustraire aux poursuites judiciaires pour accéder à un autre niveau de protection. Les élections deviennent donc une routine et ne portent pas l’espérance de changement de gouvernance car il est difficile de «faire du neuf avec du vieux».

Que les meilleurs gagnent !

Abdourhamane Dicko

Malick Diancoumba

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