jeudi 1 octobre 2020
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Edito : Il y a péril en la demeure Mali

Ni la rencontre entre l’Imam Mahmoud Dicko et le Président de la République de retour du sommet du G5 Sahel à Nouakchott, ni celle d’IBK et les leaders du Comité stratégique du M5 RFP, encore moins le discours à la nation du chef de l’Etat, 48 heures avant le meeting géant du 10 juillet, n’ont contribué à décrisper la situation sociopolitique. Ce qui devait arriver arriva, le M5 RFP a mis en exécution sa deuxième stratégie celle de la désobéissance civile.

En effet, le vendredi 10 juillet 2020 fera date dans les annales de l’histoire récente de notre pays. Il semble être le deuxième vendredi noir après celui d’un 22 mars 1991. Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou Mopti, Tombouctou, bref le Mali a vibré pendant quatre bonnes heures au rythme des barricades, des casses, et d’occupation temporelle des lieux publics comme la Radio Nationale, l’Assemblée, les ponts et les routes nationales. Pour rappel, tout est parti du meeting géant organisé par le M5 RFP au boulevard de l’indépendance. Faisant le constat de l’échec des tentatives de rapprochement de deux positions, les leaders du M5 RFP ont adopté la ligne dure, celle de passer à l’acte, autrement dit, ils ont décidé d’aller à la désobéissance civile. Cette stratégie, qui n’était rien d’autre que l’occupation des lieux et services publics en empêchant toute activité, a été détaillée dans un document qu’ils ont intitulé les dix commandements du M5 RFP. Comme pour lier l’acte à la parole, après un bref meeting au boulevard de l’Indépendance, les nombreux militants du M5 RFP, en trois grands groupes, se sont dirigés vers l’ORTM, considéré à tort ou à raison comme le média de propagande au service du régime IBK, ensuite un autre groupe s’est dirigé vers l’Assemblée Nationale, la deuxième institution de la République. Elle est considérée par les manifestants comme étant le nœud gordien qu’il faut arracher. Qu’il soit dit en passant, c’est la proclamation des résultats du second tour des élections législatives par la Cour Constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres. L’Assemblée Nationale a été mise à sac par les manifestants. C’est d’ailleurs à ce niveau que l’on a déploré le premier manifestant tué par balle. En fin un troisième groupe s’est dirigé vers la cité administrative, où se trouve la primature et beaucoup de ministères. Après ces trois endroits considérés comme stratégiques pour l’Etat, les manifestants ont allumé des pneus dans les ronds-points et sur les grandes artères de la ville au moins jusqu’à 22 heures. A Kayes la circulation sur la route nationale reliant Bamako à Dakar a été momentanée interrompue par des jeunes qui ont érigé des barricades. A Ségou le gouvernorat et l’ORTM régional ont été pris d’assaut par les manifestants. A Sikasso, à Mopti, à Koulikoro, à Tombouctou les manifestants ont scandé des slogans hostiles au régime IBK. Au sein de la Diaspora, en France, comme aux Etats Unis des maliens sont sortis pour dire à IBK de démissionner. Après ces violentes manifestations IBK va-t-il enfin se démarquer de ses partisans jusqu’auboutistes qui ne veulent rien céder ? A-t-il conscience que le jugement divin et celui du tribunal de l’histoire sont plus sévères que les critiques et mécontentements de certains de ses partisans ?
La demeure Mali est désormais menacée dans ses fondements. La Nation est en péril, car tous les ressorts sont sur le point d’être cassés. Il revient au Président de la République et à lui seul de se transcender pour apporter de l’eau au moulin des manifestants, pour le Mali.
Youssouf Sissoko

Malick Diancoumba

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