lundi 10 août 2020
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Edito : IBK désormais contraint de faire des concessions

Le géant meeting du 19 juin 2020, organisé par le M5 RFP a fini par convaincre les observateurs de la scène politique malienne que le régime IBK est sur le fil du rasoir et qu’il pourrait s’effondrer à tout moment. Les maliens de l’intérieur et ceux de la diaspora sont sortis très nombreux  à l’appel de l’Imam Mahmoud Dicko et les autres leaders du Mouvement du 5 juin Rassemblement des Forces patriotiques, M5 RFP, pour demander la démission du Président de la République, IBK. Cette démonstration de force de l’Imam Dicko et ses alliés, à moins de deux semaines de la première,  est la preuve que le Mali se porte mal, que la gouvernance d’IBK est décriée par une frange importante du peuple. Les manifestations du 05 et ceux du 19 juin de par leur grande mobilisation et surtout compte tenu de la détermination des participants, doivent servir de leçons à IBK pour changer de cap au risque d’en pâtir.

Pourra-t-il continuer à faire la sourde oreille face aux légitimes revendications des manifestants ?  Ne risque-t-il pas gros en agissant tard ou en n’agissant pas du tout ?

Nul besoin de rappeler que les maliens dans leur grande majorité sont en colère contre la gouvernance actuelle du pays par IBK et son régime, qui pendant sept ans n’ont contribué qu’à détruire ce que les précédents régimes ont construit. Tous les secteurs socioéconomiques sont à terre, l’insécurité va crescendo, l’accès à la santé et à  l’éducation est réservé aux plus nantis, la corruption a atteint un niveau record dans la sous-région, voire en Afrique, la pauvreté est devenue le lot quotidien de l’écrasante majorité de la population. C’est face à ce tableau, on ne plus sombre, que les forces vives de la nation regroupées au sein du M5 RFP ont décidé de demander au Président de la République de rendre sa démission au peuple pour incompétence et incapacité à satisfaire les aspirations du peuple. IBK est désormais contraint à faire des concessions pour sauver son régime de la chute certaine. Il doit accéder aux revendications des  opposants en leur donnant une suite favorable pour éviter que le régime ne s’effondre.

Si tant est qu’il jouit encore de toutes ses facultés mentales et physiques, la manifestation du 19 juin devrait lui donner des sueurs froides et lui permettre du coup de prendre langue avec les leaders du M5 RFP. Il doit très rapidement répondre aux manifestants en s’adressant solennellement à la Nation et en donnant satisfaction à leurs  revendications, excepté sa démission. Mais, qu’il soit dit en passant, si jamais il traine encore les pieds, ou bien, méprise le Mouvement du 5 juin Rassemblement des Forces Patriotiques, le réveil risque d’être violent et brutal pour lui. Faudra-t-il qu’il sache que ce Mouvement pourrait empêcher n’importe quel régime de dormir.

En définitive, la balle est dans le camp d’IBK, il est à un tournant décisif de sa gestion des affaires publiques et de sa vie.  A deux ans et six mois de la fin de son deuxième et dernier mandat, il doit chercher à sortir par la grande porte de l’histoire de son pays. Ce pays qui lui a tout donné. Et sauf miracle, sinon, il lui serait difficile de redresser la barre totalement tordue. Ce qu’il pourrait faire maintenant, c’est faire une sortie honorable en acceptant les revendications de ses opposants, ce qui ouvrira la voie à une transition de deux ans. En refusant le minimum de compromis, il risquerait d’en pâtir.

Youssouf Sissoko

Malick Diancoumba

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