jeudi 17 octobre 2019
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Dialogue National Inclusif :  Un mort-né ?

C’est du moins la question qui taraude l’esprit de plus d’un. Le retrait du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie au processus du Dialogue national inclusif qui vient seconder celui de la plateforme Anw Ko Mali laisse percevoir un lendemain non rassurant en termes de l’équilibre politique et social au tour du locataire du palais de Koulouba. Dans cette aventure devant lui permettre d’atteindre son objectif, IBK pourra-t-il être crédible sous l’œil du peuple malien?

C’est désormais le ‘’où aller ?’’qui retentit dans la recherche de sortie de crise au Mali. De l’Accord de Ouaga suivi de celui d’Alger pour ensuite clore avec la Conférence d’entente nationale ; en un mot il y a eu, certes, d’efforts, mais presque aucun n’est encore concluant, fructueux.

En effet, la  participation des Représentants des partis et associations membres du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) aux débats organisés à la faveur de l’atelier de validation du projet de Termes de référence du  Dialogue politique inclusif, tenu du samedi 14 au lundi 16 septembre derniers ne semble pas encore servir d’acquis. Ce qui n’est pas de bonne nouvelle pour le triumvirat désireux d’atteindre à tout prix son but initial, c’est-à-dire: réunir un maximum de consensus au tour du processus en cours. Étant alors un signe de bonne foi, le FSD a, selon nos informations, adressé une correspondance au Président du Comité d’organisation du DPI et au Triumvirat des Facilitateurs, en s’appuyant sur des insuffisances notoires du projet initial contenu dans les TDR. Cela, tant sur des aspects d’orientations que sur le côté cohérence et de pertinence méthodologique, tout en  affichant sa ferme volonté d’y participer, mais tout en soulevant aussi de vives préoccupations par rapport aux dispositions préjudiciables. Donc,  sans la résolution de ces préoccupations ainsi soulevées, le FSD ne pourrait poursuivre sa participation au Dialogue. Et ils ont posé des conditions parmi lesquelles il y a nécessité de:-Revenir au concept de Dialogue National Inclusif ;

-Évaluer l’utilité de tous les participants et allier l’inclusivité à la représentativité paritaire, tant du côté de la majorité et de l’opposition que de la société civile, en évitant la surreprésentation de l’État qui devrait se limiter strictement à la facilitation logistique, sécuritaire et budgétaire ;

-Préciser à l’avance le processus décisionnel qui devrait être sanctionné par une majorité qualifiée des trois quarts (3/4), à défaut de consensus sur un point donné ;

-Débattre sur les raisons des retards et blocages de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger et, le cas échéant, envisager sa relecture ;

-Apprécier l’opportunité et la pertinence de la révision constitutionnelle en ce moment en raison, par exemple, de l’absence de l’État à Kidal et dans bien d’autres localités du Centre et du Nord du pays, de la persistance voire l’aggravation du phénomène d’insécurité  et de la nécessaire mise en place des Règles et mécanismes permettant la transparence des consultations électorales ou référendaires ;

-Affirmer clairement le caractère exécutoire et contraignant des Résolutions adoptées ; et, enfin, Mettre en place le mécanisme d’un Comité de Suivi indépendant et participatif.

Les raisons du retrait

Dans leur déclaration  annonçant son retrait du processus en cours, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie expose divers points notamment la volonté « ostentatoirement  » affichée par les tenants du Pouvoir de noyer le débat et la participation de l’Opposition politique qui, sur plus de 500 participants, selon toujours la déclaration, n’avait reçu qu’une vingtaine d’invitations. Et la constatation de la ferme intention du Régime de ne pas intégrer les questions de fond constituant les paramètres fondamentaux de la crise multidimensionnelle malienne,  comme les raisons du blocage dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issues du processus d’Alger en vue de sa nécessaire relecture ainsi que la question de l’opportunité et la pertinence de la Révision constitutionnelle en ce moment crucial non seulement au plan sécuritaire, mais aussi et surtout en l’absence de l’État à Kidal et sur des pans entiers du territoire national. Il y a enfin du côté de l’Exécutif nécessité de mettre en place un Comité paritaire indépendant pour la suivie et l’application des conclusions sans quoi « le Chef du Gouvernement ne retiendra que les points de résolution qu’il voudra ».
Ainsi, c’est en constatant que l’espoir d’un véritable « Dialogue national inclusif », franc, sincère, démocratique et participatif s’amenuise de jour en jour que le mouvement a décidé de «ne pas participer au reste du processus du Dialogue tel que mis en œuvre ».
Alors, avec ce retrait du Chef de file de l’opposition et ses Alliés, il ne sera plus mystère que le Dialogue national inclusif nous permettra de jeter l’ancre à la plage de paix et la stabilité.

Le temps, le meilleur juge, nous en dira plus…

Seydou Konaté

COULIBALY

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