dimanche 3 juillet 2022
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Destruction des mausolées de Tombouctou : Ahmad al Faqi condamné à payer 2,7 millions d’euros pour les dégâts

Annoncée par la Cour Pénale Internationale de la Haye à l’audience publique tenue hier, jeudi 17 août Ahmad al Faqi al Mahdi, l’auteur des destructions des mausolées de Tombouctou en 2012 devra verser en guise de réparation pour les victimes, 2,7 millions d’euros.  Une somme à la hauteur des dégâts et souffrances portées  par les populations de Tombouctou, voire de tout le Mali

Un grand soulagement pour les populations de Tombouctou. La cour pénale Internationale vient de condamner Ahmad al Faqi al Mahdi à verser 2,7 millions d’euros pour la destruction de leurs mausolées, des monuments réputés protecteurs contre tous les dangers dans la cité des 333 Saints.

Pour preuve, la lecture d’ordonnance faite par le Juge Raul Cano Pangalangan a été favorable à cette communauté meurtrie.

«La chambre ordonne des réparations individuelles, collectives et symboliques pour la communauté de Tombouctou, reconnaît que la destruction des bâtiments protégés a causé de la souffrance aux personnes à travers le Mali et la communauté internationale et estime Mahdi responsable pour les réparations à 2,7 millions d’euros», a déclaré le Juge.

Les Juges avaient affirmé que l’accusé, né vers 1975, était un membre d’Ansar Dine, l’un des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda qui ont contrôlé le Nord du Mali pendant environ dix mois en 2012, avant d’être en grande partie chassés par l’intervention internationale déclenchée en janvier 2013 par la France.

En tant que Chef de la Hisbah, la Brigade islamique des mœurs, il avait ordonné et participé aux attaques contre les mausolées, détruits à coups de pioches, de houes et de burins.

Al Mahdi était accusé de crime de guerre pour avoir dirigé intentionnellement des attaques contre neuf mausolées de Tombouctou et contre la porte de la mosquée Sidi Yahia, entre le 30 juin et le 11 juillet 2012. Il avait été reconnu coupable en septembre 2016 et condamné à neuf ans de détention.

Toutefois, si le djihadiste est incapable de payer le montant estimé des dégâts, la Cour « n’est pas d’accord avec le fait que l’indigence de Mahdi ait un impact sur l’ordonnance de réparation ». Elle encourage le Fonds au profit des victimes, organe indépendant financé par des contributions volontaires publiques et privées, à « compléter toute réparation individuelle ou collective » et à lever des montants à cette fin.

Pour rappel, Ahmad al Faqi al Mahdi était un membre d’Ansar Dine, l’un des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda qui ont contrôlé le Nord de notre pays pendant environ dix mois en 2012, avant d’être en grande partie chassés en janvier 2013 par la France.

En tant que Chef de la Hisbah, la Brigade islamique des mœurs, il avait ordonné et participé aux attaques contre les mausolées de cette ville fondée à partir du Ve  siècle par des tribus touareg et qui ensuite est devenue un grand centre intellectuel de l’Islam.

Après avoir plaidé coupable à l’ouverture de son procès, cet Islamiste aux petites lunettes avait demandé pardon à son Peuple pour avoir saccagé ces monuments classés au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. La CPI a ordonné la publication en ligne de ces excuses ainsi que le versement d’un euro symbolique à l’Etat malien et à la communauté internationale « qui est le mieux représentée par l’UNESCO » dans cette affaire pour la souffrance encourue.

Par ailleurs, le Fonds au profit des victimes devra présenter avant le 16
février 2018 un projet de plan de mise en œuvre des réparations. Tel se présente le dénouement du jugement consacré à la prononciation des dommages relatifs au tout premier procès organisé à la CPI pour destruction de biens culturels.

Katito WADADA : LE COMBAT

Rédaction

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