jeudi 1 octobre 2020
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Crise sociopolitique au Mali : M. Bagabignè Kéita, Professeur de Philosophie Politique à l’ENSup donne son point de vue

Dans le cadre de la recherche de solution pour une sortie de crise que traverse le Mali, M. M. Bagabignè Kéita, Professeur de Philosophie Politique à l’École Normale Supérieur (ENSup) a souligné qu’une mise en place d’un gouvernement de transition s’impose en plus des sacrifices des deux camps adverses.

À l’en croire, le problème n’est pas pour un partage de gâteau sur lequel plan, est parti la CEDEAO qui a malheureusement échoué dans sa mission de bons offices entre le M5 et le régime sur place.
« Le président IBK a toujours des problèmes, puisqu’il pense que donner des postes aux gens pourra régler le problème. À mon avis, le problème est trop profond, il faut sortir du colmatage juridico-politique et aller vers une solution concertée, qui exige aujourd’hui une transition », a-t-il avancé.
Pour lui, ce sacrifice-là doit être accepté par le président IBK et aussi obliger le M5 à renoncer à la démission du président IBK, malgré les morts (une enquête sera faite) : « malheureusement, le ministre désigné au poste de la justice ne pourra pas faire l’affaire parce que tout le monde l’a vu en train de défendre le président IBK ».
Selon ses dires, la mise en place d’un gouvernement de transition, s’impose afin de nommer quelqu’un qui pourra faire des enquêtes fiables pour le peuple. Et, ensuite, ce gouvernement de transition doit faire une concession au niveau du M5-RFP, et aussi des sacrifices au niveau du président de la République, pour qu’il accepte d’écourter son mandat comme l’a indiqué Me Malick, au lieu de 3ans, de le ramener à 1an et 6 mois. Ainsi, avec cette donne en plus de la dissolution de l’Assemblée nationale et de la Cour Constitutionnelle, avec la mise en place d’un organe législatif de transition, la paix retournera au Mali. Ils doivent savoir que le Mali est notre bien commun qui n’appartient pas à une seule personne.
Il ne s’agit pas d’une question de confiance, il s’agit là, de question d’intérêt, non de partage de gâteau, d’autant plus que sur le terrain politique, il n’y a pas de pitié, sinon le président IBK aurait démissionné depuis longtemps, le M5-RFP aussi aurait renoncé, parce qu’il y a eu des morts.
Donc la conflictualité ne peut pas être étoffée par le président IBK, elle est inhérente à la démocratie, il doit l’assumer en négociant avec les contestataires.
Un chef ne peut pas continuellement tuer le citoyen, parce qu’il gouverne, et il est censé protéger son peuple et construire le pays avec eux, car nul ne fera quelque chose seul. Donc forcément, le président IBK est obligé de dialoguer avec le camp adverse, c’est une exigence de la démocratie.
La France aussi doit savoir que ce qu’elle n’accepte pas chez elle, elle ne doit pas le faire dans les pays africains. En réalité, personne n’est sans savoir que c’est la France qui est derrière la CEDEAO. Aujourd’hui, le Mali est passé de la tutelle partielle à la tutelle totale de la France, depuis l’arrestation du président Modibo Kéita en 1968, le Mali est tombé dans la tutelle économique de la France. Aussi, avec l’intervention française en 2012, et la visite piégée de Moussa Mara à Kidal, que nous sommes tombés dans la tutelle militaire et sécuritaire, et pour en venir enfin à la tutelle politique dans laquelle nous sommes depuis fort longtemps. Les Français contrôlent nos chefs d’État, c’est eux qui désignent nos chefs d’État ont mis Moussa Traoré à la place de Modibo Keita, Alpha en 1992, ATT, et IBK en 2013 et l’impose encore en 2018.
C’est la France qui est derrière tout ça, et elle ne va pas continuer sans que les Maliens ne disent la vérité à cette France. Nous devrons sortir de la logique France-Afrique, et accepter un partenariat ouvert avec les pays africains, notamment le Mali. La France doit choisir les peuples éternels d’Afrique et non ces présidents lâches, corrompus et apatrides de l’Afrique.
Pour clore son intervention, il dira qu’il y a une lourde responsabilité de la France, mais il appartient aux Maliens de s’assumer si la France ne fait rien. Les Maliens obligeront la France à sortir de son silence pour prendre les décisions qui s’imposent.

Aïssétou Cissé

Malick Diancoumba

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