jeudi 22 avril 2021
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Corruption: Un trafic de faux passeports malien pour des Syriens rejoignant l’Europe

Abdoul Niang, journaliste et activiste sur les réseaux sociaux,  fait une  révélation fracassante dans une vidéo contre un dénommé Mohamed Djaffar. Ce dernier est le cerveau de cette mafia et il vit à Bamako dans le quartier de Sogoniko. Un trafic international et fructueux de faux documents maliens qui dépasse tout entendement. L’enquête a relevé la confection d’actes de naissance en passant par le NINA jusqu’à l’obtention du passeport malien sur du faux pour faire rentrer des Syriens en Europe. 

 

La découverte d’Abdoul Niang sur cette affaire fait un effet de bombe. Elle démontre une fois de plus à quel point la corruption peut mettre un pays tout entier en danger. Il suffit tout simplement de mettre la main à la poche pour pouvoir obtenir tout ce qu’on veut au Mali, même l’inacceptable. Sinon, comment peut-on comprendre que n’importe quel étranger qu’il soit terroriste ou narcotrafiquant peut venir au Mali pour obtenir  si facilement le passeport malien. Et dire qu’à force d’être corrompu,  le phénomène se fait sentir même derrière nos frontières. Car, ces gens une fois arrivés en Europe peuvent causer des dégâts irrémédiables, tels que des attentats dans ces pays où ils se rendent. Et, après, qui paient les frais? Bien sûr, comme toujours, les Maliens en leur refusant des visas.

 

Suivez l’enquête menée par Abdoul Niang

Un réseau très organisé qui fait le contrebandier en ramenant des gens de la Turquie et la Syrie au Mali pour afin de les délivrer des documents maliens, les favorisant l’entrée sur le territoire européen. Cette affaire  a été découverte par le journaliste Niang. À la tête de cette mafia, se trouvent trois personnes. Le premier est un Syrien répondant au nom d’Aladine, le deuxième s’appelle Djamal et le troisième,  plus coriace celui-là, c’est Mohamed Djaffar, un Syrien qui habite au Mali depuis le temps d’ATT. Sur sa carte d’identité, il est mentionné « Technicien de Forage ». Il est vrai qu’après investigation, il détient des matériels de forage et que très souvent il exercice ce métier chez des fonctionnaires en guise d’échange de services, pour ne pas parler de« corruption ». Mais, en ce qui concerne son passeport, il exerce une fonction de commerçant. Cela tout simplement pour faciliter son déplacement dans d’autres pays. Présentement, selon Niang, toute sa famille (femme et enfants)  a pu rejoindre les Pays-Bas, tous avec des faux papiers maliens. Selon le journaliste, Djaffar lui-même a obtenu son passeport par cet acheminement.

En 2015, il a demandé la nationalité malienne. Après vérification, Niang affirme que, depuis cette date (année 2015) jusqu’à nos jours, il n’est inscrit nulle part comme naturalisé malien.

Pour la petite histoire, l’un de ses enfants,  lors de sa demande de passeport au service d’immigration, est tombé sur une Dame du nom de Zeina. Celle-ci, très prévoyante, questionne le petit pour savoir un peu plus sur lui. Et quand elle demanda au garçon d’où il vient, ce dernier n’ayant pas été préparé à cette question, répond systématiquement « de la Syrie ». Du coup, le garçon et son accompagnateur ont été renvoyés par la Dame Zeina qui demande la présence du père. Étant informé de la situation, il prit panique et fait sortir sa famille pour les mettre à l’abri au Libéria en passant par la Guinée où se trouve le frère de son épouse. Ce dernier possède lui aussi des pièces d’identité maliennes malgré qu’il n’a jamais mis les pieds au Mali. Entre temps, Djaffar reprend les choses en mains et fait faire le passeport de son fils et, cette fois-ci, il ne s’est pas déplacer, mais c’est un Homme en tenue qui lui a rendu le passeport à son domicile.

Le  réseau s’élargit jusqu’à Gao et c’est là qu’il délivre en premier lieu l’acte de naissance de la personne à la Mairie de Gao (Centre principal). Puis, ce document arrive à Bamako, plus précisément à la Mairie de Korofina pour la délivrance du Nina. Après l’avoir obtenu, c’est  direction Service d’Immigration pour finalement être en possession d’un passeport malien. Le passeport obtenu, la personne fait une demande de visa pour l’Europe. Mais ce qui est plus inquiétant dans cette histoire, c’est que ce passeport peut tomber dans les mains d’un trafiquant de drogue ou d’un terroriste ayant l’intention de commettre des attentats.

Le premier cas relaté par Abdul Niang est celui d’un Égyptien recherché par son pays d’origine, venu au Mali par le soin de ces bandits afin d’obtenir le passeport malien et se rendre en Europe. Et, de ce fait, il a échappé à la justice égyptienne.

Un autre cas s’est déroulé le  29 janvier dernier. Il fait rentrer sur le territoire malien d’autres Syriens. Un Touareg du nom de Wafi les accompagne à la Mairie de Korofina où ils avaient rendez-vous avec leurs complices. Malgré l’alerte donnée à la Mairie de Korofina par Niang sur cette pratique mafieuse, ils ont quand même reçu à obtenir leurs Ninas et par la suite les faire rentrer dans le circuit  pour l’obtention des passeports. Un nommé Agmad Agmane a pu ainsi quitter Bamako par la compagnie Turkish Arline pour rejoindre l’Europe.

Encore, Djaffar, par le Burkina, voulait faire venir au Mali 13 Syriens. Lorsque l’Ambassade du Mali au Burkina leur a refusé l’autorisation de  rentrer sur le territoire malien, c’est de ne pas connaître cet Homme.

Il a envoyé un chauffeur avec son véhicule pour les chercher au Burkina. Quand celui-ci n’a pas pu résoudre le problème, Djaffar en personne s’est rendu au Burkina et le problème a été  réglé défiant toute l’Ambassade du Mali à Ouaga. Ces 13 personnes sont rentrées tout bonnement à Bamako. Ils ont été logés   à Yirimadio Zéréni jusqu’à l’obtention de leurs passeports. Eux aussi sont rentrés sur le sol européen avec de faux documents maliens. Pas plus de deux mois, selon Niang, il a pu avoir les actes de mariage pour certains de ses clients. Prenons l’exemple d’Al Bakour. Lui et Adama Aïché Niang ont célébré leur mariage, le 9/5/2019, à la Mairie de la Commune VI. Le témoin n’était autre que  Mohamed Djaffar lui-même. Figurez-vous, des gens qui ont traversé le Burkina pour se rendre à Bamako ont comme lieu  de naissance Gao. C’est vraiment grotesque !

Le Ministre de la Justice est interpellé et il urge d’arrêter  ce trafic et que les contrebandiers soient traduits devant les juridictions compétentes.

Affaire à suivre…

Djibril Coulibaly

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