mardi 18 mai 2021
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Lutte contre les violences basées sur le genre : Une loi est nécessaire

Le Mali a commémoré la 14e édition de la journée internationale du 6 février «Tolérance zéro aux Mutilations Génitales Féminines, excision» sous le thème: «Une loi contre les violences basées sur le genre, un facteur de protection des Droits humains». Initialement prévue pour le 6 février de chaque année, depuis 14 ans, la journée a été célébrée dans notre pays, cette année, le (jeudi) 9 février, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB). C’était en présence de la Marraine de l’événement, la Première Dame, Mme Kéïta Aminata Maïga, et le Parrain, le Président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Issaka Sidibé, ainsi que plusieurs autres hautes personnalités.

 

L’Enquête Démographique et de Santé au Mali (EDSM-V, 2013) indique que 91% des femmes âgées de 15 à 49 ans et 69% des filles de 0 à 14 ans ont été victimes des MGF.

Le thème choisi pour l’édition 2017 afin de célébrer la 14e édition de la journée internationale du 6 février «Tolérance zéro aux Mutilations Génitales Féminines, excision» est une reconnaissance de tant d’années d’efforts et de sacrifices consentis pour la promotion de la lutte et la protection contre toutes formes de violences en lien avec le genre ; singulièrement, les MGF/E (Mutilations Génitales Féminines/excision) dont les auteurs et leurs complices ne sont ni dissuadés ni punis par aucune loi en vigueur au Mali. Cette journée est en même temps une invite des plus hautes autorités et de l’ensemble des forces vives de la nation à accepter d’aller encore plus loin en adoptant une loi réelle contre les VBG au Mali.

Pour rappel, des sacrifices ont été consentis par l’Etat dans le domaine juridique et règlementaire avec l’adoption de la Loi n°02-044 du 24 juin 2002 relative à la Santé de la reproduction; la Lettre circulaire n°0019 MSPAS-SG du 7 janvier 1999 interdisant la pratique de l’excision dans les établissements sanitaires; la Lettre circulaire n°0554/MJ-SG du 12 octobre 2012 faisant état de la prise en charge diligente des cas de VBG dans les Tribunaux, …. Il y a aussi le Code Pénal malien de 2001 (Section III : Coups et Blessures) consacré au respect absolu de l’intégrité physique et morale de la personne humaine ainsi que la Constitution nationale du 25 février 1992 protégeant l’intégrité physique et morale de la personne humaine en ses articles 1 ,2  et 3.

 

Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Me Mamadou Ismaël Konaté, a promis la création d’une Brigade spéciale contre les violences faites aux femmes. Pour lui, la loi va donner la possibilité aux victimes de porter plainte. Raison pour laquelle le Ministre Konaté encourage les femmes à rester débout pour mener jusqu’au bout ce combat.

La Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Sangaré Oumou Ba, a salué l’adoption de la Politique nationale pour l’abandon de la pratique de l’excision assortie de plans d’actions, d’une mise en œuvre des programmes et stratégies, d’une collaboration franche avec les différents partenaires qui ont permis d’intensifier et de coordonner les actions pour l’abandon de la pratique des MGF/E. Selon elle, toutes ces mesures ont pour but de protéger davantage les Droits des couches les plus vulnérables que sont l’enfant et la femme.

Mme Sangaré Oumou Ba est convaincue que le renforcement de l’engagement et la mobilisation des personnalités, en l’occurrence le Président de l’Assemblée Nationale et le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, contribuerait à donner un nouveau souffle au processus dynamique pour l’adoption d’une loi contre les VBG en vue de mieux protéger et pour promouvoir les Droits humains fondamentaux ; notamment, ceux de la femme et de l’enfant. Toute chose qui permettra au Mali d’être en phase avec la Résolution A/RES/67/146 de l’Assemblée Générale des Nations-Unies sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les MGF et atteindre les Objectifs de Développement Durable n°5.3 sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et filles. Cela exige également le renforcement des normes juridiques nationales et internationales contre toutes les formes de violences liées au genre ; relatives, par exemple, à la lutte contre les MGF/E.

Salimata Fofana : LE COMBAT

COULIBALY

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