dimanche 9 août 2020
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Conférence de presse de la CMAS, EMK et FSD : Un journaliste agressé !

Lors de la conférence de presse du  regroupement CMAS-EMK-FSD, la presse malienne a de nouveau été victime d’agression. Un journaliste (dont nous tairons le nom) a  verbalement été violenté par les militants et sympathisant de ce regroupement. Le seul motif est relatif au fait qu’il a respectueusement posé une question, qui  a tombé comme un caillou dans leurs oreilles.

Résolue à sa mission de donner de la bonne information, la presse malienne a couvert massivement, l’évènement phare de la semaine dernière. Il s’agissait bien de la conférence de presse organisée par la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), du mouvement Ensemble Mali Koura (EMK) et du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie.

En effet annoncé pour une conférence de presse, qui donne la priorité aux journalistes, les militants et sympathisants de ces organisations ont pris d’assaut le lieu de l’évènement. Ces derniers étaient deux à trois fois plus nombreux que les hommes de média.

Méconnaissant la nature de l’évènement, ou exprimant une haine viscérale contre la presse, certains de ces militants dès l’installation des membres du présidium ont commencé à s’en prendre aux caméramans et photographes avec des propos très discourtois. Or, ceux-ci, comme lors de tous les évènements publics  ont occupé le devant pour ne rien rater des interventions respectives des conférenciers. Il a fallu, l’intervention  du coordinateur de la CMAS, Issa Kaou Djim (journaliste lui-même) pour calmer leurs ardeurs.  Mais, en réalité, cela n’a rien servi, car le désordre était ambiant.

Malgré ces conditions d’ambiance (du grand marché de Bamako) la cérémonie a suivi son cours  normal avec les différentes interventions. C’est lorsque le chapitre questions/réponses a été ouvert que l’atmosphère change de nouveau.

Le maître de cérémonie pour sauver les meubles, trie à la volée des journalistes de son choix. Cela n’a suscité aucun remous, ainsi à tour de rôle les confrères choisis ont posé leur question (sans droit à une question de relance). Dans cette mouvance, un journaliste sans aucune intention malsaine pose une question objective. «  Le dialogue est une vertu dans  notre pays. Est-ce que vous avez essayé de rencontrer le président de la République pour échanger avec lui » voilà l’interrogation, qu’il a adressée en toute modestie au présidium.

Il ne le fallait pas. Avant même, qu’il n’eut fini de poser sa question, des voix se sont élevées de partout dans l’assemblée pour le traiter de tous les noms d’Israël. «  Retirez le micro à ce  minable journaliste. C’est un partisan d’IBK » pouvait-on  entendre dans les propos lancés. Un partisan très excité lui dira ceci : « Si tu n’as rien à dire ferme ta gueule. Nous ne sommes pas là, pour négocier avec IBK, mais plutôt pour réclamer sa démission ».

En effet, la tension s’intensifiait de plus en plus et le risque de débordement était plausible.  Ayant constaté, que l’intégrité physique du journaliste pouvait être atteint eu égard de l’excitation du public, ce dernier a été retiré en toute discrétion et conduit à son véhicule pour qu’il rentre sain et sauf à la maison.

Un tel comportement à l’égard d’un homme de média  est un manquement grave à la liberté d’expression. Pourtant, c’est cette même liberté d’expression que ce regroupement réclame à cri et à cor. Bon, dans toutes les hypothèses, même en cas de satisfaction de leur dessein la Constitution du 25 février 1992 prévoit autre chose. La presse peut garder espoir.

Par Moïse Keïta

Malick Diancoumba

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