vendredi 3 décembre 2021
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Chine-Afrique : Confession d’un Malien qui ne parle pas chinois

J’ai beaucoup de soucis à me faire. Je suis en Chine depuis seulement quelques jours que j’ai l’impression de deviner le calvaire que vivent ceux qui habitent depuis des années et qui ne parlent pas un mot de la langue chinoise.

Depuis moins de deux semaines que j’ai atterri à Beijing, dans le cadre d’une formation offerte à un certain nombre de pays francophones sur l’informatisation du continent, je me suis rendu compte de la difficulté que représente le fait de ne pas parler la langue d’un pays aussi puissant que la Chine. Même nos amis anglophones ne s’en sortent pas et à plus forte raison les francophones et tant d’autres lusophones, etc. Si les premiers (les Anglophones) ont la chance de tomber parfois sur de rares Chinois qui cafouillent la langue de Shakespeare, ce n’est pas le cas pour ceux de la langue de Molière. En quittant le bled, on a la tête farcie d’idées. On se dit qu’on apprendra quelques mots voire phrases pour aller bluffer les nombreux Chinois qui sont à Bamako; plus particulièrement les vendeuses de sandwich qui emplissent le centre ville et la zone ACI2000. Mais, hélas ! Erreur. Le truc, c’est que cette langue est radicalement différente et du français et de l’anglais. Il n’y a point de mots de rapprochement contrairement au français et à l’anglais. Comment pourrais-je me souvenir de « Zixingch » le (Vélo) ou encore « mobuguanxin » (je n’ai pas peur) sans que je n’ai des trous de mémoires ? Les phrases que je pouvais utiliser couramment et que je n’oublierais pas du tout étaient : tudou (Patate) et wo ai ni, laopo (je t’aime). Ces mots sont faciles surtout pour le Ouest-africain que je suis. Pour les autres termes ou expressions, c’est tout simplement impossible de m’en souvenir. Pour exercer ma mémoire à maitriser quelques mots, je passais au marché, faisant semblant d’acheter, je demandais le nom des fruits et légumes. Je le faisais aussi pour que le jour où j’aurais à faire des achats que ce soit plus facile pour moi. Mais, à peine sorti du marché, que j’ai oublié ces noms très difficile à prononcer et à transcrire. Les heures que je demandais pour mémoriser, rien ne me restait, pratiquement, dans l’esprit. C’est là que j’ai compris que pour parler cette langue, il faut absolument l’étudier. Ce n’est pas le cas du français ou de l’anglais qui, sans les étudier, on peut se débrouiller pour les parler ou utiliser. Les Ivoiriens en savent quelque chose. Les autres langues ont des ressemblances qui permettent de faciliter l’apprentissage ; le chinois n’a rien de commun. Et que dire de l’écriture chinoise ? Le luxe d’avoir des mots qui se ressemblent entre le français, l’anglais et d’autres langues n’existent pas en chinois.

« Même les Diplômés des universités ne maîtrisent pas tous les signes. Le parler est différent aussi de l’écrit », nous a dit un de nos conférenciers. Alors, vous comprenez qu’on ne peut m’en vouloir. Le livret que je me suis procuré qui traduit le chinois en français, je n’ai pas eu le temps de l’utiliser. Le programme chargé ne m’a pas permis son utilisation. Et quand, croyant que je maitrisais un mot et décidai de l’utiliser avec un chinois, je paraissais ridicule. C’était des quoi ? Quoi ? En a pas finir. La fois où j’ai voulu dire au chauffeur de taxi de tourner à droite, et qu’il m’a répondu par « qu na’er » ( où ça) ? J’ai définitivement laissé tomber mon apprentissage du chinois. Je me suis rendu compte que, définitivement, je ne parlerai jamais cette langue ; en tout cas pas durant mon présent séjour de 20 jours juste.

Par contre, les Anglophones dans la cité de Beijing, ont un peu plus de chance. Les annonces sur les affiches sont en chinois et en anglais. Des jeunes en dessous de la quarantaine parlent quelques mots d’anglais. Avec mon anglais, très primaire je n’arrivais pas à me faire comprendre de ces derniers. Alors, j’ai décidé que, de retour au pays, à défaut d’aller m’inscrire au centre Conficius, près du lycée Askia Mohamed, pour étudier la langue chinoise, je pendrai des cours d’anglais. Car, le français seul ne vaut pas grand-chose une fois nos frontières traversées.

Mohamed Dagnoko, depuis Beijing : LE COMBAT

COULIBALY

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