vendredi 12 août 2022
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Centre du Mali: La situation humanitaire toujours préoccupante

Les tensions intercommunautaires, exacerbées par l’interférence des groupes radicaux, ont sérieusement contribué à la dégradation de la situation humanitaire dans soixante-quatre (64) communes des Régions de Mopti et Ségou. Une situation qui continue d’impacter sérieusement la vie des populations de ces localités, selon le collectif des associations des jeunes du pays Dogon.
Ces trois dernières années, les périodes d’hivernages ont été successivement perturbées dans 42 communes du Pays Dogon et le cumul du déficit céréalier fait craindre aujourd’hui à une catastrophe alimentaire dans les Cercles de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro.
Selon les derniers chiffres du Ministère de la Solidarité, la Région de Mopti enregistre plus de 65.000 Déplacés, 528 écoles fermées et 150.000 élèves privés de leurs droits à l’éducation. De façon particulière, 860 points d’eau ne sont plus fonctionnels dans les Cercles de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro. C’est dans ce cadre que le Collectif des associations des jeunes du pays Dogon a tiré, au cours d’une conférence de presse, le week-end dernier, la sonnette d’alarme pour alerter l’opinion nationale et internationale afin qu’un élan de solidarité puisse rapidement se construire et soutenir ces populations qui manquent de tout aujourd’hui.
Selon le Rapport de la situation lu au cours de la conférence, les Déplacés fuyant les tensions ont trouvé refuge dans les villages, communes et cercles voisins. Plus de 54.000 personnes en risque de famine ont été enregistrées dont :- 35.844 Déplacés ;
– 3893 Ménages d’accueil ;
– 14.625 personnes assiégées.
Il y a aussi des Déplacés carrément sortis de la Région de Mopti et qui se sont installés à Bamako : -Niamana, 175 personnes;
-Bamako Faladié (1011 personnes) ;
-Ouélessebougou (Tinkele), 202 personnes ;
-Sélingué (Siramana), 367 personnes ;
-Sikasso (Kléla), 320 personnes ;
-Koutiala 280 personnes ;
-Yorosso (Koury), 300 personnes.
Au plan alimentaire, des dizaines de villages restent toujours sans activités agro-pastorales, plus de 40 villages et 70 hameaux n’ont pas pu cultiver dans les 4 Cercles du Pays Dogon et plus de 14.625 personnes sont assiégées.
Dans les Cercles de Koro et de Douentza, l’épicentre des tensions, les besoins des populations se sont intensifiés depuis janvier 2019. Lors d’une de ses missions de prospections, le collectif signale qu’il a pu constater que plusieurs de ces ménages d’accueil sont proches de la rupture de leurs stocks alimentaires. Ce qui, du coup, place plus de 3000 personnes dans le besoin alimentaire dans les 4 Cercles. «Les aides d’urgence fournies par l’État et les ONG à ces localités sont très timides, insuffisantes et ne couvrent pas plus de trois mois de besoin. Or, les localités touchées doivent être soutenues pendant plus de 10 mois ; c’est dire jusqu’à la récolte prochaine (décembre 2019). Le besoin est de 4000 tonnes et nécessite plus d’un milliard de francs CFA», lit-on dans le communiqué.
C’est dans ce cadre que le Collectif envisage de:
-Lancer une campagne de collecte de fonds pour financer un programme de 328.000.000 destinés à soutenir pendant 6 mois 54.000 personnes ;
– Acquérir des parcelles agricoles de maraichage dans les périphéries de Bamako afin de les mettre à la disposition des femmes déplacées ;
-Aménager et exploiter 40 hectares mis à disposition par un Opérateur économique de la place.
Seydou Konaté LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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