samedi 4 décembre 2021
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Autonomisation économique des femmes : La question était au centre de la CSW61 à Addis-Abeba

«Autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine mutation». Tel était le thème de la Réunion interministérielle pré-consultative des pays d’Afrique en marge de la 61e Session de la Commission de la condition de la femme (CSW61), tenue à Addis-Abeba, en Éthiopie.

 

Les 26 et 27 janvier 2017, ONU Femmes, en partenariat avec la Commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA) et en collaboration avec la Commission de l’Union Africaine (CUA), a organisé la pré-consultation ministérielle des pays d’Afrique sur la 61e session de la Commission de la condition de la femme à Addis-Abeba, en Éthiopie, sur le thème «Autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine mutation». La réunion a rassemblé 235 participants dont des Ministres chargés des questions liées à l’égalité des sexes et la condition féminine ; des Hauts Fonctionnaires et des Ambassadeurs accrédités auprès de l’Union africaine ; des Hauts Fonctionnaires de la CUA, du système des Nations-Unies ; des Partenaires de développement et des Représentants des organisations de la société civile (OSC), des organisations de jeunes et femmes ont reconnu et salué l’engagement du Secrétaire Général des Nations-Unies (SGNU) à parvenir à la parité entre les sexes et à renforcer la représentation régionale au sein des Nations-Unies.

Ils ont aussi affirmé et apprécié les engagements pris par les États africains sur l’Agenda 2063, le Programme 2030 pour les Objectifs de Développement Durable (ODD) et d’autres politiques et conventions internationales, régionales et nationales visant à faire progresser l’égalité entre les sexes et les droits socioéconomiques et politiques des femmes sur le continent.

Les participants ont également reconnu l’importance des changements transformationnels et structurels nécessaires permettant d’offrir éventuellement un travail décent et, notamment, le plein emploi productif, aux femmes. Ils ont, par ailleurs, souligné l’importance d’établir une politique de l’emploi et un environnement macroéconomique favorables capables d’éliminer les obstacles structurels à la création d’emplois décents avec une rémunération égale pour un travail égal ; de reconnaître et d’indemniser le travail de soins non rémunéré et de favoriser l’entrepreneuriat féminin dans un monde du travail en pleine mutation. Afin que ces politiques puissent aboutir, les États membres doivent renforcer leurs programmes sur le développement de la petite enfance (ECD) ; l’enseignement primaire, secondaire, supérieur, professionnel et technique, en privilégiant les Sciences, la Technologie, l’Ingénierie et les Mathématiques (STEM) pour les filles et les jeunes femmes. Ces mesures doivent avoir pour objectif d’améliorer l’accès des femmes à la propriété et de leur permettre de contrôler leurs ressources productives et leurs biens.

Cependant, malgré ces avancées remarquables en ce qui concerne les conditions des femmes en Afrique, il reste un fossé considérable à combler avant de parvenir à la parité entre les sexes dans un monde du travail en pleine mutation. Par exemple, d’ici à la fin de la décennie en cours, on s’attend à ce que trois-quarts des femmes qui travaillent soient encore des travailleuses non rémunérées au sein de fermes ou d’autres entreprises familiales de même type dans le secteur informel. Cette situation les laisse sans aucune protection ou filet de sécurité sociale, ni perspective d’amélioration de leur situation en lien avec leurs activités productives. Si ces problématiques ne sont pas prises en compte, le programme de réalisation d’ici à 2030 de l’ODD5 et des cibles associées restera illusoire.

Les États membres exhortent les principales parties prenantes et, notamment, le secteur privé, les jeunes, les organisations confessionnelles, la société civile et les partenaires de développement à encourager les gouvernements à soutenir l’innovation et le transfert des nouvelles technologies en vue de l’autonomisation économique des femmes.

Conscients de la diversité des situations dans les différents pays africains, qu’il s’agisse des cas d’urgence humanitaire dus à des conflits, de relèvements post-conflits, de catastrophes naturelles et de changement climatique, les participants à la réunion ont convenu des messages clefs pour éclairer le positionnement et le plaidoyer de l’Afrique pour la CSW61 sur le thème prioritaire de l’«Autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine mutation».

Investir dans les jeunes femmes et les filles

Il ressort de la Réunion interministérielle pré-consultative à Addis-Abeba que les États membres (africains) doivent s’attaquer au dividende démographique en investissant dans les jeunes femmes et filles par les moyens requis. Il s’agit de développer et de mettre en œuvre des mesures spécifiques pour prévenir et lutter contre toute forme de violences à l’égard des femmes et des filles ; notamment, les pratiques traditionnelles dangereuses ; de prévenir également les grossesses des adolescentes et mettre un terme aux mariages des mineures ; d’institutionnaliser le « centre intégré » comme une bonne pratique pour répondre aux actes de violences d’ordre sexuel et sexiste ; garantir la sécurité des jeunes filles dans les établissements scolaires à tous les niveaux. Il s’agit, entre autres, de combler les lacunes des femmes et des filles en matière de savoir et de compétences en tirant parti de la technologie et en anticipant les changements technologiques qui affectent négativement les femmes et les filles ; d’encourager l’accès des jeunes femmes au marché du travail en développant, par exemple, leur participation à l’Enseignement supérieur ainsi qu’en adoptant des politiques et des pratiques de l’emploi comme la formation professionnelle, l’aide à la recherche d’emplois et les programmes de développement de l’entrepreneuriat ; favoriser la participation des jeunes à la gouvernance, à la prévention des conflits et aux processus de construction de la paix, afin de freiner la radicalisation et de créer un environnement paisible et propice à la contribution des jeunes à établir des mesures et des l’économie et à l’édification de la nation ; d’ mécanismes pour rendre l’Agriculture et le secteur agroalimentaire attractifs auprès des jeunes et, particulièrement, auprès des jeunes femmes.

Développer et mettre en œuvre des politiques macroéconomiques

Les États membres africains doivent développer et mettre en œuvre des politiques macroéconomiques tenant compte de la problématique hommes-femmes et favorisant l’autonomisation économique et les droits des femmes, notamment par les moyens suivants : adopter et mettre en œuvre des politiques d’emplois et fiscales qui stimulent la création d’emplois décents, protègent les droits des travailleurs, favorisent l’entrepreneuriat féminin et ont pour objectif le plein emploi et l’égalité de l’emploi pour les femmes et les hommes ; prendre pleinement en compte le travail de soins non rémunérés et inclure la protection sociale dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques macroéconomiques ; réglementer les activités commerciales pour s’assurer qu’elles respectent les droits des femmes et encourager les investissements communautaires significatifs à long terme favorisant le travail décent pour les femmes ; prendre et appliquer des mesures juridiques et réglementaires pour garantir des environnements de travail tenant compte de la problématique hommes-femmes, c’est-à-dire sans discrimination, avec un salaire égal et une tolérance zéro à la violence sur les lieux de travail ; veiller à ce que les politiques commerciales régionales et nationales soient harmonisées avec les cibles des objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 en matière d’égalité entre les sexes.

Renforcer les mécanismes de responsabilité

Les États membres africains sont encouragés à renforcer les mécanismes de responsabilité en faveur de l’autonomisation économique des femmes, notamment, par les moyens à mettre en œuvre les recommandations du Groupe de réflexion de haut niveau sur l’autonomisation économique des femmes du Secrétaire Général des Nations-Unies afin d’amplifier le pouvoir des femmes à travailler et parvenir à l’Indépendance financière ; à prendre des mesures pour promouvoir la parité entre les sexes sur les lieux de travail, surtout aux postes de prise de décisions ; à poursuivre les efforts pour réunir des données ventilées par sexe, y compris sur les femmes et les filles les plus vulnérables afin de veiller à ce que les politiques soient élaborées. Ils sont également encouragés à faire respecter les mécanismes de responsabilité du Programme de développement durable à l’horizon 2030 afin de soutenir systématiquement l’autonomisation économique des femmes et les droits des femmes au travail et sur les lieux de travail ; à examiner et renforcer les lois et les réglementations visant à promouvoir la participation des femmes à la vie active ; à combler les lacunes relatives à l’application des instruments légaux internationaux, régionaux et nationaux visant à intégrer l’égalité entre les sexes dans les codes juridiques des pays africains ; à renforcer les capacités et les financements destinés aux mécanismes nationaux d’égalité hommes-femmes afin de renforcer l’intégration des mesures favorisant l’égalité entre les sexes, le suivi et la responsabilité sur le marché du travail…

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