dimanche 3 juillet 2022
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Attaque récurrente au centre du pays : Péril sur les élections

La menace, jusque-là considérée comme «résiduelle» par les autorités, vient de connaître une phase non négligeable. L’attaque du convoi du Président de la Haute Cour de Justice, l’Honorable Abdrahamane Niang,  dans le Centre du pays, démontre, si besoin en était, que plus personne dans ce pays n’est à l’abri.

Plus de doutes pour les plus sceptiques. Les Maliens sont définitivement dans une situation d’insécurité totale. Si jusque-là la Cour constitutionnelle a qualifié cette insécurité de résiduelle, avec l’attaque du convoi du Président de la Haute Cour de Justice, il est temps que Manassa Dagnoko et la Cour Constitutionnelle revoient leur vocabulaire.  Cette attaque est survenue dans le Centre du pays, un endroit jugé aujourd’hui plus dangereux que le Nord du pays par de nombreux observateurs. Cela se justifie par les nombreuses attaques avec leurs lots de pertes en vies humaines que subissent à longueur de journée nos forces armées, les forces étrangères et les populations locales. Ces dernières paient le plus lourd tribut. Si les réactions de nos autorités n’ont jamais été à la hauteur de la menace que font planer ces terroristes sur les populations, l’on espère qu’à partir de cette attaque les communiqués laconiques et condamnations de simples principes vont faire place à plus de considérations et d’actions pour sortir cette partie du pays de sa situation actuelle.  Cette attaque est intervenue le même jour où, le Premier Ministre présidait à Bamako une réunion interministérielle sur la bonne organisation des élections régionales, des conseillers de cercles et des communales partielles du 17 décembre 2017. La Délégation Générale aux Elections (DGE) et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui ont pris part à cette réunion ont rassuré sur la possibilité technique et matérielle de la faisabilité de ces élections.

Péril sur les élections 

L’on se réunit ici à Bamako pour décider des élections dans des endroits qu’on sait en insécurité. La preuve, les communales de novembre 2016 n’ont pu se tenir dans 59 communes. Il était prévu de coupler ces communales partielles aux régionales du 17 décembre. Or, la situation d’insécurité qui a empêché la tenue des élections dans ces communes ne s’est pas améliorée. On le sait, et on voudrait quand même tenir les élections. C’est à se demander quel est l’agenda de ce Régime pour le Mali ?

Lors de la conférence de presse de l’opposition avec des regroupements de la société civile, le Pr Oumar Hamadoun Dicko du PSP a fait un témoignage qui fait froid dans le dos et que les autorités doivent prendre avec le plus grand sérieux en faisant fi de la casquette d’opposant de celui qui le dit. Il disait: «à l’annonce de la date des élections pour le 17 décembre, les Hommes de Amadou Kouffa ont fait des descentes dans les villages de la Région de Mopti sauf à Dia pour dire aux populations que les élections n’auront pas lieu dans leurs villages. Ils disaient que cette partie du pays n’appartiendrait plus au Mali, mais serait plutôt à leur guide Amadou Kouffa». A sa suite, Rast Bath qui revenait d’une tournée dans la Région affirmait qu’à Mopti ce sont les Hommes de Kouffa qui font la loi. «Il leur arrive de couper la circulation sur le fleuve», disait-il.

Dans ces conditions, quelles élections peut-on organiser et qui garantiraient le droit des citoyens ?

Incapables de jouer son rôle régalien de sécuriser les populations, le Régime d’IBK, en voulant coûte que coûte, organiser ces élections va entrainer un peu plus le pays dans la crise. Une crise qu’il a pour mandat de venir à bout.

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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