mercredi 22 septembre 2021
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Attaque à engin explosif : encore un Casque bleu tué par une mine artisanale

La mission de l’ONU au Mali (MINUSMA) a annoncé vendredi la mort d’un de ses soldats suite à l’explosion d’une mine artisanale au passage d’un convoi dans le nord du pays, devenant le cinquième Casque bleu tué en trois jours au Mali.

« Suite à l’explosion, deux Casques bleus ont été grièvement blessés » et « l’un d’eux a malheureusement succombé à ses blessures durant son évacuation médicale », annonce la Minusma dans un communiqué. Selon ledit communiqué, l’explosion a eu lieu « vers 15 heures » (locales et GMT) « aux environs de Tessalit, dans la région de Kidal », précise la Minusma. La nationalité du soldat tué n’a pas été dévoilée dans l’immédiat. « Lors de la sécurisation du site, un autre engin explosif a été détecté puis neutralisé à proximité du site de l’explosion », ajoute le communiqué. C’est le cinquième Casque bleu tué en trois jours au Mali: mercredi, un convoi de l’ONU entre Douentza (centre) et Tombouctou (nord-ouest) avait heurté un ou plusieurs engins explosifs avant d’être pris pour cible par des tirs. Quatre Casques bleus ivoiriens étaient décédés. La Mission de l’ONU au Mali a perdu 146 de ses membres en raison d’actes hostiles depuis son déploiement en 2013 ; c’est la mission la plus meurtrière de l’ONU dans le monde. Parmi ces 146 membres tués dans les hostilités, 60 l’ont été pendant ou suite à l’explosion d’engins explosifs, l’un des modes opératoires parmi les plus utilisés au Sahel par les groupes djihadistes, pour certains affiliés à Al-Qaïda et pour d’autres à l’organisation État islamique. Le secteur de Tessalit où a eu lieu l’explosion vendredi, comme celui de Douentza mercredi fait partie des zones d’action du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, JNIM en arabe), affilié à Al-Qaïda. Aucune revendication pour ces deux attaques n’avait été faite à ce jour. Le GSIM a néanmoins revendiqué jeudi l’activation d’engins explosifs improvisés qui ont causé la mort de cinq soldats de la force antijihadiste française Barkhane le 28 décembre et le 2 janvier au Mali.

Le 9 janvier dernier, lors d’une opération dans le centre du Mali dans la zone de Boulikessi, « zone de prédation du GSIM » selon l’état-major français vendredi, Barkhane a tué une quinzaine de djihadistes. Depuis le début de l’année, les soldats maliens et français sont engagés dans une opération conjointe dans le centre du pays.

La situation au Mali reste très précaire. Et le secrétaire général des Nations Unies l’a affirmé dans son dernier rapport. Son représentant spécial et chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, a également condamné avec fermeté des « actes ayant pour but de paralyser les opérations de la MINUSMA sur le terrain et de toucher indistinctement le personnel des Nations Unies, de ses partenaires, ou des civils innocents ».

Bourama Kéïta

Djibril Coulibaly

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