mardi 30 novembre 2021
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27e Sommet Afrique-France : Quand le cadre et le programme donnent du frisson à l’Elysée

Fixé au 13 et 14 janvier 2017, le 27e  sommet Afrique-France, qui se tiendra dans notre capitale, se prépare sous haute tension en raison du fait que le ballet diplomatique auquel l’on assistera pourrait aiguiser l’appétit des ennemis de la bonne image de notre pays.

Avec plus d’une bonne quarantaine de Chefs d’Etat, des principaux Responsables onusiens et des organisations régionales, plusieurs centaines de Ministres et des milliers de participants attendus, il va, certes, de soi que des milliers de policiers et militaires soient mobilisés pour parer aux éventuels problèmes sécuritaires. Mais cela ne rassure pas pour autant le Président François Hollande qui doit également redouter le programme alléchant de ce sommet qui, plus, va se dérouler à quatre mois de la présidentielle en France.
En effet, notons qu’avec ce sommet de Bamako, s’annonce, donc, un véritable test de grandeur de nature aussi bien pour notre pays que pour le Président français. S’il s’agit d’une occasion pour le Mali de relever le défi de la réussite de l’organisation en essayant de réduire à néant tous les risques liés à la sécurité des participants, cette tribune internationale pourrait aussi se révéler déterminant dans le sort qui serait réservé au Président Hollande à l’issue de la présidentielle française de mai 2017.
Sur le plan sécuritaire, nul n’ignore que les autorités maliennes n’ont d’autre choix que de chercher à mettre le paquet pour neutraliser toute éventuelle tentative de sabotage de la rencontre. Pour y arriver, il se suppute dans les arcanes des organisateurs que ceux-ci voudraient  prendre exemple sur le déroulement de la visite du pape François à Bangui, en Centrafrique, les 29 et 30 novembre 2015. La population centrafricaine et notamment des milliers de jeunes avaient participé activement, en assistant les forces de l’ordre, au succès de cette visite. Évidemment, la situation au Mali n’est pas celle de Bangui et les attaques contre le grand hôtel Radisson Blu, le 20 novembre 2015, ici à Bamako, hantent encore les esprits. Ces attaques ajoutées à la situation sociopolitique précaire de notre pays que d’aucuns imputent à l’implication de la France dans la gestion de la crise malienne, font prendre conscience à l’Elysée que le Président François Hollande va s’aventurer dans un véritable bourbier en janvier prochain. Et, ce, d’autant plus que le programme auquel il sera confronté, à l’occasion de ce sommet, s’annonce extrêmement chargé.
Les interventions militaires de la France en Libye, en Centrafrique et au Sahel annoncent des débats houleux. Les questions liées au terrorisme en France et notamment au traitement de l’Islam radical et à l’encadrement de certaines libertés publiques feront l’objet d’interpellations mettant en cause «la patrie des Droits de l’Homme». Les problèmes des flux migratoires et de l’ordre public ne seront pas envisagés de la même façon des deux côtés de la Méditerranée. La diminution de l’aide au développement pour les populations contre un durcissement des prérogatives régaliennes et sécuritaires fera l’objet d’interpellations des ONG et de très nombreux Représentants des médias et de la société civile. Bref, ce sommet ne s’annonce pas aussi triomphal pour François Hollande que sa dernière visite à Bamako lors de laquelle il avait été accueilli en héros pour avoir chassé les djihadistes du nord de notre pays.
Au delà du véritable casse-tête que posent les problèmes logistiques, d’hébergement et d’organisation, ces questions de fond embarrassent plusieurs États et en particulier la France. Le Président Hollande aura donc beaucoup à perdre dans ce sommet qui se tiendra à moins de quatre mois de l’élection présidentielle dans son pays. Ce ne sera donc pas surprenant que le prochain sommet Afrique-France, exercice de haute voltige, forcément très onéreux, voit grossir, chaque jour, le nombre de ses détracteurs; surtout du côté de l’Elysée.
Katito Wadada : LE COMBAT

COULIBALY

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