samedi 17 avril 2021
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1er Mai 2017 : IBK, peu convainquant dans son message

 «Face aux revendications des travailleurs de notre pays, j’ai instruit au Gouvernement de continuer à mener des actions qui concourent à améliorer, de façon substantielle, les conditions de travail et de vie de nos concitoyens». C’est, en quelque sorte, l’essentiel du message du Président de la République du Mali adressé au monde du travail à l’occasion de la célébration de la journée internationale des travailleurs.

Pourtant, notre pays traverse l’époque la plus sombre de son Histoire dans le cadre des revendications syndicales. La fronde sociale sous ce régime dépasse l’entendement. Presque tous les secteurs sont concernés de ces mouvements sociaux. Face à ces revendications, l’Etat est en panne de stratégies susceptibles et de politique de bonne gouvernance pour amener les syndicalistes à se ressaisir dans leurs luttes. C’est le moins qu’on puisse dire à l’image de la grève illimitée déclenchée depuis plusieurs mois par les Enseignants de l’Education nationale et du Supérieur. Les innocents élèves et étudiants maliens et leurs pauvres parents assistent impuissamment à la défaite de leur avenir. Le système reste intact. «Ce sont les enfants des plus riches qui viendront gouverner le pays», estiment certains observateurs.

Inutile de rappeler que des pauvres citoyens ont été laissés mourir sans assistance médicale sous ce régime, durant plus de trois semaines, sous une chaleur torride,  parce que les autorités avaient choisi de se montrer  trop limitées et improductives dans le dialogue.   Si nous pouvons qualifier ainsi la résolution spectaculaire de la crise des agents de santé au lendemain de la nomination d’un Premier Ministre RPM. On n’en parle pas de la grève des Magistrats. Que de tourbillon !

Pour répondre à cette fronde sociale, le Président IBK s’est permis  de faire croire sa sensibilité et celle de son gouvernement. La célébration du 1er mai 2017 était bien choisie à cet effet.

«Ces festivités du 1er  mai  se font dans un contexte marqué par des tensions sociales dans des secteurs sensibles et vitaux et dont les effets sont incontestablement ressentis par nos concitoyens », a-t-il reconnu avant de lancer : «Je voudrais rappeler à l’ensemble des travailleurs de notre pays que le Gouvernement et Moi-même sommes sensibles aux difficultés auxquelles nos concitoyens sont confrontés». Et, comme si cela ne suffisait pas, sans pourtant donner des détails rassurants, IBK divague : «Face aux revendications des travailleurs de notre pays, j’ai instruit au Gouvernement de continuer à mener des actions qui concourent à améliorer, de façon substantielle, les conditions de travail et de vie de nos concitoyens».

Par ailleurs, le Président de la République se complimente. «Je me réjouis et félicite le Gouvernement pour la promptitude avec laquelle il est parvenu à un accord avec les syndicats de la santé et à obtenir la levée de la sanction qui frappait notre football par la FIFA. Cela a pu se faire grâce au sens élevé du patriotisme de tous les acteurs de la vie de la Nation ». Ici, on oublie de rendre un hommage mérité aux pauvres citoyens qui sont morts à la suite de cette grève illimitée des agents de la santé.

En plus, le Président élu à plus de 77% se glorifie des sacrifices consentis  moins remarquables sur le quotidien des Maliens. «Je voudrais rappeler que, depuis 2013, j’ai eu pour principal souci de préserver autant que possible le pouvoir d’achat grâce à une politique constante de soutien à la consommation. De même, dans le domaine de l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de l’État, nous avons procédé à une augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 20% sur la période 2015-2017. Ces mesures ont été renforcées par la baisse, depuis le 1er juillet 2015, de huit points sur le taux de l’impôt sur les traitements et salaires (ITS)», a noté le Chef de l’Etat du Mali.

Quoi qu’il en soit, le Président Ibrahim Boubacar Kéïta s’est permis de déclarer qu’il «reste extrêmement attentif à la nécessité d’améliorer les conditions de vie de nos travailleurs malgré les ressources et les capacités limitées de l’État ». Et «c’est pourquoi j’en appelle au sens élevé de la responsabilité des syndicats de continuer dans la voie du dialogue social, en évitant d’accroître la souffrance de nos concitoyens. L’esprit de pondération doit toujours prévaloir », a-t-il tenté de moraliser.

Oumar Diakité : LE COMBAT

Rédaction

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