vendredi 1 juillet 2022
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OP TUDELLE_ADRAR TAGHLIT

1er Aout 2014-1er aout 2017 : Quel bilan pour Barkhane après trois ans d’exercice ?

L’idée de création d’une force conjointe dite du G5 Sahel qui intervient trois ans après le lancement de l’opération Barkhane ayant le même champ d’action que la future force à mettre sur pied, fait tourner les regards vers l’état des lieux de la force française. Lancé le 1er août 2014 pour succéder aux opérations Serval dans notre pays et Epervier au Tchad, Barkhane, qui a une dimension plus régionale, présente un bilan mi figue mi raisin dans la lutte contre le terrorisme. Elle peine, certes, à venir complètement à bout de l’hydre du terrorisme mais elle aura eu le mérite d’avoir éliminé certaines figures de proue de la nébuleuse.

 

C’est le cas notamment de Hamada Ag Hama dit  » Abdelkrimal-Targu « , Ibrahim Ag Inawalen dit « Bana « , Essag Warakoule, l’Espagnol Abou Al-Nour Andalousi, l’Egyptien Marwan al-Masri, le Saoudien Abu Dujana al-Qasimi. Des dizaines d’autres sont soit disparus ou en détention. On ne parlerait pas des victoires enregistrées par Barkhane sans évoquer sa saisie faite dans le Nord-Mali surtout d’importantes caches d’armes et de munitions.

Mais l’arbre ne devant pas cacher la forêt, ces exploits n’ont pas suffi à Barkhane de s’offrir un amour sans faille des populations sahéliennes auxquelles elle est appelée à la rescousse. Son désamour va plutôt crescendo  parce qu’elle s’est montrée incapable de combattre efficacement contre le terrorisme dans la Région et, particulièrement, au Mali. S’y ajoute sa passivité dans les affrontements opposant les groupes armés rivaux mettant en péril le processus de paix. De plus, elle est accusée de commettre des exactions comme c’était le cas, le 30 novembre 2016, lorsqu’un enfant touareg de 10 ans, nommé Issouf Ag Mohamed, a été tué par des hélicoptères français près de Tigabatène, à une soixantaine de kilomètres de Tessalit.

Par ailleurs, on reproche à cette force de laisser tomber ses «collaborateurs locaux» dont beaucoup ont été enlevés et exécutés de sang-froid. Certaines parties de leurs corps mutilés sont même exposées dans des lieux publics pour servir d’exemple. A signaler qu’au total une vingtaine de soldats français ont été tués depuis le lancement en janvier 2013 de l’Opération Serval qui a cédé sa place à Barkhane, le 1er août 2014.

L’inefficacité voire l’incapacité de Barkhane, est d’ailleurs reconnue et avouée par son désormais ex-Commandant, le Général de Division Woillemont, lorsque celui-ci déclarait que la «lutte contre le terrorisme est extrêmement complexe et demande encore du temps». En d’autres termes, ce n’est pas une équation à résoudre après trois années de cogitations ; ce, en raison de l’effectif pléthorique des inconnus et du caractère asymétrique de leurs mouvements. Il n’est, donc, pas exclu que cet aveu d’impuissance soit à l’origine de l’orientation vers la nouvelle force du G5 Sahel. Toute chose que semble confirmer la déclaration faite, le lundi dernier, à Niamey, par la Ministre française des Armées, Florence Parly, selon laquelle la force des pays du G5 Sahel «trouvera la solution aux problèmes» des attaques djihadistes récurrentes dans la région.

 3e Anniversaire,  4e  commandement

Ça vaut le coup de rappeler que ce troisième anniversaire de Barkhane coïncide avec l’arrivée d’un nouveau Commandant en la personne du Général Bruno Guibert. Cet ancien pensionnaire de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr n’est pas en terrain inconnu. Tout comme le Général Lecointre, le nouveau Chef d’Etat-major des armées de France (CEMA), le Général Bruno Guibert, avait également dirigé la mission européenne EUTM-MALI, destinée à former les Forces armées maliennes (FAMA). A l’instar de ses prédécesseurs, il prendra ses quartiers généraux au Tchad.

Ainsi, le Général Bruno Guibert devient le quatrième Commandant en Chef de l’Opération Barkhane depuis son lancement le 1er août 2014. La première année, cette opération était dirigée par le Général Jean-Pierre Palasset. Celui-ci passera le relai, une année plus tard, le 1er  août 2015, au Général Patrick Brethous. Ce dernier sera remplacé en 2016 par le Général de Division Woillemont. La Force française Barkhane mobilise au total 3500 Hommes qui sont issus des Opérations Serval et Epervier. Plus de 1000 d’entre eux sont basés à Gao.

En outre, cette opération mobilise 200 véhicules logistiques, 200 blindés, 4 drones, 6 avions de combat, une dizaine d’avions de transport et une vingtaine d’hélicoptères.

Katito WADADA : LE COMBAT

Rédaction

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