lundi 16 janvier 2017
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ZOUMANA TERETA : Un virtuose se meurt dans l’indifférence

Comme le dit si bien notre ami Djimé Kanté, les temps sont durs pour tout le monde. Mais, pour le violoniste Zoumana Téréta, « la vie ne vaut simplement plus la peine d’être vécue tellement il est désespéré ».

Virtuose du « So-kou » (violon monocorde), Zoumana Téréta a accompagné presque tous les grands artistes musiciens du Mali (Oumou Sangaré, Djénéba Seck, Toumani Diabaté, Bassékou Kouyaté, le regretté Ali Farka Touré, Afel Bocoum, Samba Touré, Haïra Arby…)
Alité depuis très longtemps, cet artiste (instrumentiste, auteur/compositeur et interprète) est abandonné par tous. C’est ce que disent en tout cas ceux qui lui ont récemment rendu visite comme Aly Guindo, l’administrateur de la Fondation Ali Farka Touré. « Il traverse un moment très difficile de sa vie et a besoin de votre soutien… », a alerté ce dernier sur les réseaux sociaux.
Avec ce post, un élan de solidarité commence à se mettre en branle autour de l’artiste. Ces bonnes volontés font aujourd’hui appel à notre générosité pour lui permettre de se soigner et subvenir à ses besoins les plus élémentaires, dont la location de la maison qu’il habite à Djélibougou près de la Sotelma avec sa femme et ses enfants.
Zoumana Téréta dit Zou est originaire de Damdjé, à quelques encablures de Sianro, dans le cercle de Macina (Ségou/Mali). Ce Bozo bon teint, comme tous les camarades de son âge, a aimé et appris à jouer le « So-kou » (la queue du cheval) avec Issa, un jeune forgeron, qui lui a appris à confectionner cet instrument.
Chauffeur de camion, Zoumana Téréta dit « Zou » a donc longtemps promené son « So-kou » sur les routes, notamment entre le Mali et la Côte d’Ivoire.
L’instrument est juste un passe-temps pour ce virtuose. Mais, la passion sera la plus forte parce qu’il finira par s’y consacrer entièrement et de vivre de son talent d’instrumentiste.
Depuis, il a joué et enregistré avec Sali Sidibé, et s’est produit avec Ténin N’chini Damba, les sœurs Sidibé, Hawa Koni, Maï Koné, Oumou Sangaré et la regrettée Fantani Touré.
Il a aussi été musicien au Badema national et à l’Ensemble instrumental national du Mali. Grâce à une parfaite maîtrise de son instrument, il a su adapter le « So-kou » aux musiques urbaines, notamment le rap avec les Zion B, l’un des premiers groupes de rappeurs au Mali. Ce pur talent a également fait de nombreuses musiques de films.
Son premier album « Niger Blues » est sorti en octobre 2003. Une belle œuvre dont il n’a presque rien tiré financièrement à cause de la piraterie.
C’est donc naturellement que Zoumana Téréta est aujourd’hui considéré comme l’un des rares maîtres du violon au Mali. Une virtuose qui se meurt presque dans l’indifférence après avoir apporté sa pierre au rayonnement du Mali à travers les arts et la culture, précisément la musique.
Moussa Bolly LE REFLET

P. S. : Pour ceux qui souhaitent aider Zoumana Téréta, ils peuvent lui faire parvenir leurs dons directement via son numéro Orange Money (+223) 76 37 38 85 ou appeler le même numéro pour savoir comment l’aider. Dieu vous le rendra au centuple.

Djibril Coulibaly

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