samedi 16 décembre 2017
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Sauver la paix : l’urgence de la jeunesse».

Après trop de mois de désespoirs, de détresses, de violences, de meurtrissures et de fractures, tant institutionnelles que citoyennes, tant économiques que sociales, nos populations ont cru que la volonté de paix était réelle entre tous les acteurs de son processus surtout les groupes armés et que les facteurs de discorde, même les plus lourds, s’effaceraient petit à petit, par le dialogue et la tolérance, à la table des négociations.
Même à pas hésitants, à surenchères tactiques, à paroles blessantes, à silence obligé, à absence calculée, au prix de concessions incalculables un accord de base, mais suffisamment consensuel, fut enfin trouvé et signé. Les fondations d’une paix vraiment possible, durable peut-être et indispensable sûrement, étaient posées. Du moins le croyait-on…sans se rendre compte, par amour pour notre pays et espérance de sa stabilité et de son unité, que le cynisme de certains s’incrustait dans l’encre des signatures et n’attendait pas qu’elle soit sèche pour en contester la valeur.
La jeunesse, pourtant déclarée par la puissance publique comme «force et richesse de l’avenir du pays», se sent grandement frustrée, une nouvelle fois, par ce qui lui apparaît clairement comme une prise en otage de son avenir.
Car la jeunesse, tout comme une grande majorité du peuple, sait que son pays est en grave danger, pour ne pas dire en péril. Sans faire de catastrophisme, elle sent bien, en sa chair, en son cœur et en ses pensées, que tout s’aggrave ! Que des affrontements se multiplient, que des terreurs s’amplifient, que des insécurités grandissent ! Pratiquement aucune parcelle du territoire, si elle n’en a pas déjà subi, n’est à l’abri d’une attaque, d’un attentat, d’une menace aujourd’hui. Sans parler des voyous et des braqueurs qui pullulent un peu partout.
La jeunesse entend d’abord rappeler à tous, de toutes organisations ou groupements qu’ils doivent sans plus attendre, et encore moins au rythme des humeurs de certains et des rumeurs orchestrées par d’autres, agir !

1) Agir immédiatement pour imposer impérativement le respect intégral des clauses des accords.
Réagir sans faiblesse envers quiconque les bafoue, les ignore, les détourne.

2) Agir puissamment sur le terrain avec ses forces vives et apaiser la vie quotidienne des populations.
Réagir avec fermeté contre les obsédés de l’argent, les fauteurs de troubles, les incompétents aux responsabilités, les causeurs de salon, les spéculateurs de misère, etc.

3) Agir pour que cesse la rivalité entre ego surdimensionnés et la frilosité d’acteurs de la paix plus susceptibles pour leurs privilèges que sensibles à la souffrance du peuple afin qu’ils pilotent et réussissent enfin ensemble et honnêtement qu’une seule mission : la paix.
Réagir sans souci partisan ou intérêt fraternel à toute manœuvre pernicieuse pour plomber ou fracasser le processus.

En conclusion, la jeunesse, tout comme une majorité de la population, a plus que le sentiment que son Maliba est au bord de l’abîme. Elle sait surtout qu’elle ne veut pas y être entraînée…sans avoir réagi et agi. Elle n’est pas prête à tomber.
Elle a en elle un réflexe vital.
Sans connaître Friedrich Hölderlin*, elle peut partager plus que jamais une de ses pensées : «Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve». La jeunesse entend se sauver et vivre en paix, en son pays.

Mohamed Salia Touré

Djibril Coulibaly

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