vendredi 22 juin 2018
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Le Comité exécutif de l’ADEMA choisira-t-il l’Opposition comme le souhaitent beaucoup de ses militants à la base ?

L’ADEMA-PASJ est à la croisée des chemins depuis le coup d’Etat perpétré par la junte militaire du capitaine Amadou Haya Sanogo. Membre très actif du Front pour la sauvegarde de la Démocratie et la République, FDR, grâce au combat duquel le Mali a très vite retrouvé sa stabilité permettant à ses Institutions d’organiser les élections présidentielles et législatives. Aux élections présidentielles, le candidat de l’ADEMA s’est classé troisième après IBK du RPM et Soumaila Cissé de l’URD. Aux législatives, le parti de l’abeille se maintiendra à la troisième place. Qui pouvait imaginer qu’après le combat qui a été celui de l’ADEMA pour le retour à l’ordre constitutionnel, que ce parti allait s’allier au RPM, fervent soutien de la junte militaire ? Le C.E de l’ADEMA soutient-il IBK au nom de l’International Socialiste ou le RPM parti au pouvoir au nom des intérêts personnels de certains cadres du Parti ?

Beaucoup de militants ADEMA ne comprennent toujours pas pourquoi son Comité Exécutif suit aveuglement le RPM au pouvoir qui a non seulement débauché ses députés, relevés ses cadres aux postes de responsabilité, mais aussi et surtout, ne rate aucune occasion pour empêcher les abeilles d’émerger. La stratégie du RPM semble connue, réduire l’ADEMA à sa plus simple expression pour qu’il soit un parti satellite prêt à se contenter d’une portion incongrue. Les militants ADEMA à la base semblent désormais donner l’alerte au C.E pour qu’il prenne ses responsabilités comme Oumar Mariko, en tournant le dos au régime IBK, alors qu’il est encore temps.
Pour rappel, c’est la plainte du RPM contre la liste ADEMA aux communales du 20 Novembre 2016 en commune II du District de Bamako qui a été la goutte d’eau qui a fini par faire déborder le vase. Cette plainte infondée et fallacieuse, selon les premiers responsables de l’ADEMA, est la troisième sortie maladroite du parti majoritaire contre son principal allié.
La première sortie fut celle faite contre les candidats de l’ADEMA aux législatives de 2013, où avec plus de 2000 voix d’écart dans la circonscription de Nara comme dans celle de Bafoulabé, le RPM a pesé de son poids sur l’institution judicaire pour renverser la tendance. La deuxième grosse bourde du RPM contre l’ADEMA fut l’élimination de ce dernier au premier tour des législatives partielles d’Ansongo dans des conditions non encore élucidées, pour ensuite se positionner au second tour contre l’URD, alors que les tendances sorties des bureaux de vote donnaient l’ADEMA au deuxième tour. En réponse à cette trahison du RPM, le président de l’ADEMA, le professeur Tièmoko Sangaré, avait fustigé, on se rappelle, le comportement du RPM et le parti avait même porté plainte auprès de la Cour Constitutionnelle, avant d’appeler contre toute attente à voter pour son bourreau au second tour au nom de la CMP.
La troisième impéritie est celle qui vient d’être commise en commune II où le RPM a tenté d’invalider la liste ADEMA pour les communales du 20 novembre 2016. Encore une fois, les militants de la Commune II révoltés contre tout, ont exprimé leur ras-le-bol pour dire NON à l’alliance ADEMA-RPM et OUI à la sortie de l’Abeille de la CMP. Ils sont soutenus dans ce combat par certains membres du CE. Le président du parti et non moins ministre des mines, Pr. Tiémoko Sangaré est-il allé dans le sens des frondeurs en affirmant tout haut ce que bien des militants pensaient tout bas lors de la rentrée politique de la section ADEMA de la Commune II. On se rappelle que cette rentrée politique du parti en Commune II servit de tribune au président Tièmoko qui n’a pas hésité d’assener ses quatre vérités à l’allié, le RPM. Mais pour beaucoup d’observateurs cette sortie n’est qu’un coup d’épée dans l’eau et qu’il ne sera jamais suivi d’actes pour que cette troisième gaucherie du RPM soit la dernière. Ils sont aujourd’hui beaucoup de militants et cadres du parti de l’Abeille à en avoir assez de cette situation. La majorité des cadres ADEMA ne se reconnait plus dans le bilan du régime IBK. C’est pourquoi des voix se font de plus en plus entendre pour exiger le retrait de l’ADEMA de la Majorité présidentielle pour l’Opposition.
Youssouf Sissoko
youssouf@journalinfosept.com

Djibril Coulibaly

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