mercredi 20 septembre 2017
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26 Juin 1998-26 Juin 2016 : Il y a 18 ans disparaissait pour la Paix en Angola

« Je m’incline avec respect et honneur devant ta Mémoire. Tu as mérité l’estime et la confiance des plus hautes autorités du système des Nations Unies. Tu as apporté ta part de paix au peuple frère d’Angola. BLONDIN, ton nom exprimera pour toujours la grandeur d’un peuple et la fierté d’un Continent. Adieu Diplomate des Diplomates. Que la terre te soit légère et que ton Âme repose en Paix AMEN ».

C’était en substance par ces mots que je signais dans le livre de condoléances à l’occasion des obsèques de mon premier mentor, Son Excellence Maitre Alioune Blondin BEYE sur le parvis du Palais des Congrès de Bamako.

A lui ainsi qu’à tous ses collaborateurs qui ont partagé son sort, Koffi Adjoyi, Beadengor Dessande, Moctar Guèye, le capitaine Alvaro Costa, l’Agent de sécurité Ibikunle Williams et les deux pilotes du Beechraft , Jason Hunter et Andrew Mc Currach, prions pour leur repos éternel au paradis.

18 ans après ses amis se souviennent. Sa gigantesque œuvre en Angola a fait du reste l’objet de mon travail de diplôme de Mémoire de maitrise à l’Ecole Nationale d’Administration de Bamako en 1996. La qualité du mémoire sera vantée plus tard par feu Pascal Baba Couloubaly dans une note de lecture parue dans le journal « L’Indépendant » et qui me vaudra l’attention des éditeurs. Ainsi, « Le Conflit angolais, l’Action d’Alioune Blondin BEYE, médiateur des Nations Unies » sera donc le premier livre que j’ai écrit, publié aux Editions Cauris de Mme Dramé Atou Konaré, dont le Père, l’ancien président de la République du Mali, Alpha Oumar Konaré fut le chef de la division du patrimoine au Ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture, sous Blondin en 1978.  Mais aujourd’hui, beaucoup de jeunes ne connaissent pas qui était réellement, ce diplomate de talent,  hors-pair, qui fut le premier malien à avoir été représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies dans la résolution d’un conflit africain. Maitre BEYE que nous appelions affectueusement, tantôt Maitre BEYE, tantôt  BLONDIN.  Maitre Alioune Blondin BEYE a été le premier professeur malien à enseigner à l’ENA de Bamako. A l’époque, tous les professeurs de cette école étaient des coopérants techniques comme nous avons eu la chance d’être les derniers à en recevoir surtout en Finances publiques avec Claude Tayssonnerre. Blondin, était le frère cadet d’un autre grand avocat, Maitre Alassane BEYE qui défendit avec brio la bande des Tiécoro Bakayoko, Kissima Tounkara, etc. Il était aussi donc brillant avocat que son frère mais doublé de politique. Il est né le 8 janvier 1939 à Mourdia dans le cercle de Bafoulabé.  Expert en Droit International, il aura été  successivement, sous la présidence de Moussa Traoré, Ministre de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture du 7 janvier 1978 au 4 mai 1978, un brillant ministre des affaires étrangères de 1978 à 1986, Secrétaire Général, puis Directeur du Département Juridique de la Banque africaine de développement en Côte d’Ivoire et membre de la commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples.

Nommé représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Angola en juin 1993, il a réussi grâce à son sens de la médiation et de la diplomatie, à sa forte personnalité et son profond engagement à réunir autour de la table des négociations les protagonistes de la guerre civile angolaise. Le gouvernement de Luanda et les représentants de l’UNITA, signèrent sous son impulsion un accord de cessez-le-feu à Lusaka le 20 novembre 1994. Il meurt le 26 juin 1998 à Bingerville, dans un accident d’avion au large de la lagune ebrié en Côte d’Ivoire alors qu’il se trouvait en mission de la paix commandée de l’ONU. En hommage à son combat panafricain et de soldat de la Paix, l’école de maintien de la paix de Bamako a été baptisée en son nom. Le lycée français de Luanda, en Angola, porte aussi son nom de même qu’une  rue Alioune Blondin BEYE se trouve aujourd’hui à Quétigny, Dijon en France.  Maitre Alioune Blondin BEYE  fut donc un digne fils du Mali et de l’Afrique qui a su graver à jamais, au sacrifice de sa vie, le nom de notre cher Mali dans la mémoire de bien des Peuples de l’Afrique Australe au premier rang desquels l’Angola. Ayons donc la reconnaissance de magnifier ceux qui ont mérité de la Nation pour qu’ils ne tombent jamais dans l’oubli de notre jeunesse.

Par sa mort, le 26 juin 98 restera une date tristement célèbre dans les annales du conflit angolais et dans celle du Maintien de la Paix en Afrique. Telle une étoile dans la nuit, elle s’est inscrite en lettres de sang dans la conscience collective africaine. Du sang d’un illustre et infatigable combattant de la paix, Maître Alioune Blondin Beye.

La tragédie qui a coûté la vie à Maître Beye et à son équipage est semblable, dans son scénario et dans ses mobiles, à celle qui a coûté la vie à l’initiateur des Opérations de Maintien de la Paix de l’ONU, Dag Hammarjold, 2ème Secrétaire Général des Nations Unies mort accidentellement lui aussi dans des circonstances aussi similaires que mystérieuses alors qu’il tentait de sauver lui aussi la paix menacée au Congo Léopoldville. C’est donc pour l’histoire et  à notre connaissance la 2ème fois qu’une Personnalité de 1er plan du Système des Nations Unies faisait en pleine Mission de Paix l’ultime don de soi, le sacrifice de sa vie pour la paix. Si les morts ont encore droit à un prix, Blondin mériterait bien à titre posthume, à l’instar de Dag Hammarjold aussi, le prix Nobel de la Paix.

L’occasion de ce dix-huitième anniversaire de la disparition de Maitre BEYE est aussi l’occasion de saluer et de rendre hommage à ses amis et anciens collaborateurs dont  l’appui et les soutiens multiformes auront été déterminants dans la réussite des travaux de notre mémoire de maitrise. Je veux parler de cet autre grand et humble diplomate, grand serviteur de DIEU, Son Excellence Alpha Abdoulaye SOW. Il fut l’un des émérites conseillers politiques de Maître Beye en Angola. Alpha SOW dont il faut saluer encore et pour toujours le soutien auprès de Maitre BEYE  fut Premier conseiller de l’Ambassade du Mali à Washington et à Paris, Gouverneur de la Région de Sikasso et Directeur du Protocole de la République sous AOK, et ancien secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères. N’oublions pas aussi sa courageuse famille, Mme Beye et tous ses enfants,  Aida, Doudou, Aminata et Alassane Maoudo BEYE, feue Mme Maiga Paulette du PNUD qui assura la liaison par la valise diplomatique du PNUD entre nous et UNAVEM en Angola, ses amis du contingent militaire  malien, le colonel  Séga Cissoko et ses frères d’armes, le contingent malien de Police en Angola, le Commissaire divisionnaire Tyawara Jean Paul Dakou et tous ses collègues. Le fondateur et premier Guide du Club des Amis de Maître Alioune Blondin Beye, Abdoulaye N’Diaye, qui a eu l’idée avec ses camarades de l’IPR de Katibougou, le mérite et l’engagement de créer le 1ier  novembre 1996 déjà le Club des Amis de Maître BEYE qui existe encore aujourd’hui et tient allumé le flambeau de la reconnaissance, 18 ans après. Dors en paix au Paradis, Maitre BEYE.

O’BAMBA

dirpub@journalinfosept.com  

Djibril Coulibaly

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