samedi 4 décembre 2021
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Sommet Afrique- France : Bamako, à l’heure des doutes !

La toute dernière visite du Président Kéïta à Paris alimente nos curiosités. Perplexe, Paris s’interrogeait maintenant et maintenant seulement ? Sur le rôle à tenir des autorités maliennes dans la tenue et les travaux d’exécution du prochain Sommet Afrique-France sur le sol malien. Bamako avait-il besoin de cet ‘’en-cas’’ ? Ou était-il sur le ‘’listing made’’ ? Les certitudes de Bamako quant à l’organisation du Sommet sont-elles ébranlées ?

‘’Dubito ergo sum’’, dit- on, comme la pensée, le doute fait partie de la condition humaine. Nous savons aussi qu’il est inquiétant, en pareille circonstance, de se livrer au jeu des supputations, incriminations et autres causalités familières… N’empêche. Est-ce un hasard, ce voyage ‘’toute affaire cessante’’, sur Paris du Président malien ? Est-ce une coïncidence pure des calendriers d’une visite privée en France qui se termine dans les clous à l’entrée du Palais de l’Elysée ? Dit-on en sous-estimer la portée et le sens ? Nous n’avons pas encore fini de nous féliciter pour l’attribution des médailles de la légion étrangère aux nôtres qu’il y a comme un mauvais vent qui soufflerait sur le prochain Sommet Afrique-France à Bamako. Il y a l’ombre des chocs des révélations passées sur les frasques et les affaires du pourvoir depuis 2013. Et puis, il y a une onde de chocs psychologique… Alors, inquiétude ou incertitude du lendemain ?

Un départ précipité sur Paris en croisade ? Quel était le protocole de ce voyage du Président IBK à Paris ?

Ibrahim Boubacar Kéïta le péremptoire s’éveillerait-il enfin… aux vertus de l’écoute ? On se souvient de la candeur idéaliste dont il parlait quant aux circonstances de l’attribution de la tenue de ce Sommet avec le Président Hollande. Koulouba a dû recevoir la visite de nombreux conseillers lui enjoignant de rester sur le Qui-vive. Alors le Président IBK va voir son homologue et ami français, consulter là tous ses soutiens-même les plus frondeurs- et réclamer leur coopération entière sur ce dossier. Le cas de la Côte-d’Ivoire qui montre son intérêt pour l’organisation de ce Sommet. Il y a la déferlante diplomatie ivoirienne in situe si l’on peut dire. Elle fait feu de tous bois. Et l’épouse du Chef de l’Etat ivoirien, Madame Dominique OUATTARA, se montre experte en lobbying forcé. Elle sait rivaliser en influence et fait jouer ses contacts. Elle sait jouer le jeu complexe de certaines alliances multiculturelles. Mme Dominique OUATTARA sait mieux que personne mobiliser pour ou contre certains projets concernant la Côte-d’Ivoire. De l’autre côté, à l’actif des Maliens, la contribution de nos compatriotes dans l’essor économique de ce pays. Récemment, ce sont pas moins de 4 milliards de francs CFA qui sont investis pour la construction de l’Hôtel Salam. Il y a un Malien derrière tout ça. La crainte du terrorisme dont on parle et qui se déplacerait vers le Sud du Mali peut sans doute alimenter des peurs mais tout le monde voit la lutte implacable des autorités maliennes et de leurs alliés contre ce fléau. Ce n’est pas une excuse quand on voit que ce terrorisme peut s’exporter chez les voisins (le cas de Bassam par exemple). Les réticences de certains dirigeants du continent à ne pas vouloir faire le déplacement de Bamako en janvier 2017 ne sont pas indiquées. Plaident-elles pour quelle cause ? On ne saurait le dire. A défaut de reconnaître ses erreurs passées, le Président IBK s’interrogera sur le rôle exact qu’il doit jouer dans les affaires de nos relations avec Paris. Pour que enfin se fasse jour une approche plus positive des relations avec l’allié français. Une chose est que nous ne saurions nous passer de l’ombre- parfois pesante mais actuellement protectrice de la France (dans ses visées militaires). Nous restons optimistes sur les suites de cette organisation du Sommet; ca, si d’aventure Paris devait replier sur un autre pays sa ramure, nous risquerons de nous retrouver d’autant plus exposés aux mauvais vents qui nous n’avons pas su achever à temps la reconstruction du pays. Puisse la France ne pas devenir trop frileuse. Car, notre pays pourrait grelotter. Le Mali a-t-il franchi le Rubicon d’une gouvernance crédible de la monnaie de sa diplomatie ? Le Mali est un grand pays riche de ses cultures et de son passé mais en même temps aujourd’hui un pays sous assistance. Une leçon à lui tout seul.

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