mercredi 29 juin 2022
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RETROSPECTIVE : DISCOURS DU DOCTEUR ASAGYESFO KWAME NKRUMAH PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU GHANA AU SOMMET DE L’OUA LE 24 MAI 1963 (8ième Partie)

« Avant tout, nous sommes arrivés à une époque où une masse territoriale d’un continent comme l’Afrique, avec sa population proche de 300 millions d’humains, est nécessaire à la capitalisation économique et au rendement des méthodes et des techniques de production moderne. Nul d’entre nous, travaillant seul et individuellement, ne peut parvenir à réaliser son développement intégral. Certainement, dans les circonstances actuelles, nous n’aurons pas la possibilité d’apporter une assistance suffisante aux Etats frères qui s’efforcent, contre les conditions les plus difficiles, d’améliorer leur structure économique et sociale. Seule une Afrique unie fonctionnant sous un gouvernement d’union peut avoir la puissance de mobiliser les ressources matérielles et morales de nos divers pays et de les utiliser efficacement et énergiquement, de manière à susciter un changement rapide dans la condition de notre peuple. Si nous n’abordons pas les problèmes de l’Afrique avec un front commun et une résolution commune, nous perdrons notre temps en marchandage et en arguments vides jusqu’au moment où nous serons de nouveau colonisés et nous serons devenus des instruments d’un colonialisme bien plus puissant de celui dont nous avons souffert jusqu’à présent. Cette union, nous devons la réaliser, sans sacrifier nécessairement nos diverses souverainetés, grandes ou petites, nous avons, dès maintenant et ici même forgé une union politique fondée sur une défense commune, des affaires étrangères et une diplomatie commune, une nationalité commune, une monnaie africaine, une zone monétaire africaine et une Banque centrale africaine. Nous devons nous unir afin de réaliser la libération intégrale de notre continent. Il nous faut créer un système de défense commune, dirigé par un commandement suprême africain, pour assurer la stabilité et la sécurité de l’Afrique. Nous avons été chargées de cette tâche sacrée par nos peuples ; nous ne pouvons leur manquer et trahir leur confiance. Nous tournerions en dérision les espoirs de nos peuples si nous montrions la plus minime hésitation ou si nous apportions le moindre retard à aborder objectivement cette question de l’Unité africaine. La fourniture d’armes ou d’autre aide militaire aux oppresseurs coloniaux de l’Afrique doit être considérée non seulement comme une aide à ceux qui cherchent à triompher des combattants de la libération, dans leur lutte pour l’indépendance africaine, mais comme un acte d’agression contre toute l’Afrique. Comment pouvons-nous faire face à cette agression, sinon par le poids intégral de notre puissance unie ? Plusieurs d’entre nous ont fait du non alignement un article de foi sur notre continent. Nous n’avons aucun désir, aucune intention d’être entrainés dans la guerre froide, mais étant donné l’état actuel de faiblesse et d’insécurité où se trouvent nos Etats, dans le contexte de la politique mondiale, cette recherche de bases et de sphères d’influence fait pénétrer la guerre froide en Afrique, avec ses dangers d’extermination nucléaire. L’Afrique doit être déclarée zone franche dénucléarisée, à l’écart des exigences de la guerre froide. Mais nous ne pouvons pas donner un caractère impératif à cette exigence, si nous ne la formulons pas du haut d’une position de force que nous ne pouvons réaliser que par notre Unité… »
Youssouf Sissoko
youssouf@journalinfosept.com

Djibril Coulibaly

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