vendredi 3 décembre 2021
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Retrait des pays africains de la CPI : Le Président de l’AMDH craint un effet de contagion !

Depuis un certain temps, nous assistons au retrait de certains pays africains de la Cour Pénal Internationale : le Burundi, la Gambie, l’Afrique du Sud. D’autres sont susceptibles de suivre prochainement. Le motif : la CPI aurait emprunté la solution du deux poids deux mesures, s’acharnant sur les dirigeants africains, fermant, délibérément les yeux sur les crimes commis par les dirigeants des grandes puissances .C’est dans cette optique que le Président de l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH), Me Moctar Mariko et de plus de 100 organisations membres et partenaires de la FIDH dans une déclaration, ont déploré vivement le retrait de la Cour pénale internationale (CPI) des pays concernés et exprimé leur crainte que ces premières annonces ne soient le prélude à d’autres retraits.
Me Mariko de l’AMDH et ses militants rappellent avec force que la Cour Pénale Internationale ne peut intervenir là où les crimes ont été perpétrés que lorsque la justice nationale n’a pas la capacité ou la volonté de rendre justice aux victimes. Par conséquent, selon eux, elle doit aspirer à l’universalité. Ils estiment que la ratification par 124 Etats et l’engagement continu de la société civile démontrent que la CPI a un rôle vital à jouer dans la réalisation d’une justice universelle. Dans cette perspective, ils estiment que l’enquête ouverte sur les crimes commis en Géorgie et les avancées dans les examens préliminaires ouverts sur l’Afghanistan, la Palestine, l’Ukraine et l’Iraq/RU, indiquent la direction que vise la politique pénale du Bureau du Procureur de la CPI à l’avenir. « Ces avancées sont tant d’indications de la volonté de la Cour à exercer sa compétence sur les crimes internationaux dont pourraient s’être rendus responsables des responsables de grandes puissances telles que les Etats-Unis, la Russie, Israël ou le Royaume Uni, et donc une ambition à l’universalité de la Cour, que nous soutenons avec force » affirment-ils dans cette déclaration, tout en donnant l’assurance de continuer leurs activités de plaidoyer en ce sens, afin d’inciter la Cour et le Bureau du Procureur à poursuivre cette nécessaire orientation de ses enquêtes. Pour eux, s, dans les premières années de son existence la CPI a ouvert des enquêtes visant des pays africains, c’est parce que les Etats africains avaient dans leur grande majorité décidé, dès 1998, de soutenir la création de la CPI en ratifiant largement le Statut de Rome et ont eu un rôle moteur dans l’avancement du mouvement global de lutte contre l’impunité. Ce sont aussi de nombreux Etats africains qui ont saisi la CPI des crimes les plus graves commis sur leur sol respectif.
« Nous considérons que ces retraits de la CPI sont une prime donnée à l’impunité » tranche Me Mariko estimant qu’il s’agit d’une remise en question de l’une des plus grandes avancées du 21ème siècle en matière de justice, dans une période où des crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre continuent d’être perpétrés quotidiennement et à grande échelle à travers le monde. Toujours, selon lui, ce sont les puissants et les bourreaux qui craignent la Cour Pénale Internationale, et non pas les victimes qui continuent à placer leurs espoirs en elle lorsque leur quête de justice ne trouve aucun écho au niveau national. Pour Me Mariko, en Afrique comme sur tous les autres continents, nul ne doit être à l’abri de la justice ; d’où leur appel aux Etats parties à ne pas se retirer de la CPI et à ceux qui n’ont pas ratifié son Statut à le faire dans les plus brefs délais. « La justice pénale internationale est cruciale pour faire de notre monde un lieu plus juste et plus sûr » déclarent le président de l’AMDH et ceux d’autres organisations de respect des droits humains.
Bokoum Abdoul Momini LE SURSAUT | lecombat.fr

Djibril Coulibaly

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