vendredi 1 juillet 2022
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Protestation contre la réforme constitutionnelle : Les manifestants gazés, pourchassés, arrêtés et matraqués

Depuis le vote de la loi portant révision de la constitution, les autorités maliennes font face à un levé de bouclier de la part non seulement de la société civile mais aussi de certains partis politiques. Le samedi dernier, les policiers ont fait recours à la force pour disperser la manifestation au pied du monument de l’Indépendance. 

 

Au pied du monument de l’Indépendance nationale. Sur le Boulevard de l’Indépendance, des jeunes Maliens, venus marcher pacifiquement pour dénoncer la réforme constitutionnelle, ont été « gazés », pourchassés, arrêtés, matraqués et menacés par les forces de l’ordre.

Très tôt, ce samedi matin, les leaders du mouvement « TROP C’EST TROP », mouvement qui organise la marche avec d’autres comme « ÇA SUFFIT » ont pris place autour du monument de l’Indépendance pour accueillir les autres marcheurs. Les premières images postées sur les médias sociaux montraient une forte présence policière. Malick Konaté, un des leaders du mouvement a légendé ladite présence policière en rassurant que les policiers disent être là, cette fois-ci, pour « encadrer » la marche. Le jeudi dernier, lors de la première marche, les marcheurs avaient été « cantonnés » dans la Cour de la Bourse du Travail et empêchés de sortir.  Quand ceux-ci ont voulu forcer le passage pour aller livrer leur message à la primature, les quelques deux cent policiers mobilisés se son comportés comme de vrais cerbères. Résultat : Des blessés et des pertes matérielles.

En remettant une nouvelle fois la marche, le mouvement, en plus de vouloir démontrer sa volonté de lutter contre cette réforme mais aussi d’éviter le piège du « cantonnement ». Ils étaient des centaines  à sortir pour une seconde fois pour se dresser contre la loi portant révision de la constitution et le référendum du 9 juillet prochain. Contrairement à ce qu’avaient dit les policiers « nous allons encadrer la marche », ils ont d’abord demandé aux marcheurs de « débarrasser » le pied du monument de l’Indépendance. Contraints de quitter, ils occuperont les bretelles, au bord du Boulevard, en brandissant des slogans hostiles à la réforme « Non à la révision constitutionnelle », « Voter OUI c’est accepter la partition du pays », etc.  Au fur et à mesure que la foule grossissait, la panique montait du côté de la police.  Entonnant de temps à autre l’hymne national, les manifestants scandaient dans des mini-hauts parleurs leur désaccord avec le texte de loi.  Sentant l’adrénaline montée, les jeunes assis à même le sol ont été sommés par la police de quitter les lieux. Face à leur refus, en prétextant n’être pas de « vulgaires voyous » mais d’« honnêtes citoyens venus donner leur avis sur un sujet éminemment national ». Comme réponse, ils recevront en pleine face des gaz lacrymogènes tirés dans tous les sens. Pris le panique à leur tour, les manifestants ont été pourchassés dans les rues du quartier du fleuve. Les deux principaux leaders du mouvement « TROP C’EST TROP », Amara Sidibé et Amadou Beydi Daou ont été arrêtés passés à tabac par une dizaine de policiers puis relaxés sur place avec des tuméfactions au niveau du visage pour le second cité. «En nous empêchant d’exprimer notre opinion de citoyen au pied du monument de l’Indépendance, ce Régime vient de fouler aux pieds non seulement le sacrifice des martyrs du 26 Mars mais et surtout celui des pères de l’Indépendance », s’emporte une jeune manifestante, les yeux rougis, les narines coulants sous l’effet des gaz lacrymogènes.  Cheick Oumar Diallo, Secrétaire Politique du parti ADP-Maliba,  qui était témoin de la scène, dit déplorer l’usage de la force contre des jeunes qui ne veulent que donner leurs « avis ».   «En refusant de casser, de brûler des pneus, nous démontrons à ceux-là qui nous pourchassent et à ceux qui les envoient que nous aimons ce pays plus qu’eux. Et c’est l’amour du Mali qui nous fera braver leurs gaz et balles pour que jamais ce pays que d’aucuns prétendent aimer la main sur le cœur, le nom de Dieu à la bouche ne soient la risée du monde entier »,  assène cet autre manifestant qui est plus « inquiet » qu’en « colère ».

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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