lundi 17 mai 2021
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Procès de Sanogo et ses 17 co-accusés à Sikasso : Les organisations des droits de l’Homme maintiennent la garde !

Mercredi 30 novembre s’est ouvert à Sikasso le procès d’Amadou Haya Sanogo, chef de la junte militaire qui a pris le pouvoir en mars 2012, et 17 co-accusés, parmi lesquels de hauts gradés de l’armée malienne. Ils seront jugés pour enlèvement, assassinat et complicité. Cela au compte de l’affaire, dite des « Bérets Rouges». Depuis maintenant plus de 3 ans, la FIDH et l’AMDH se sont constituées parties civiles auprès de 23 familles victimes. L’ouverture de ce procès constitue une étape essentielle dans leur combat pour la vérité et la justice selon le président de l’AMDH, Me Moctar Mariko. Pour les militants des droits de l’Homme ce procès, est un pas historique pour la lutte contre l’impunité au Mali.
Ce procès est une opportunité pour les autorités maliennes de démontrer leur volonté à s’engager résolument dans la lutte contre l’impunité des violations graves des droits humains qui ont jalonné l’histoire récente du Mali.
Au cours de cette assise, le moins qu’on puisse dire est que le box des avocats est bien garni.
Les avocats de la défense des accusés sont au nombre de 14, dont : Me Harouna Toureh, Me Cheick Oumar Konaré, Me Mariam Diawara, Me Boubacar Karamoko Coulibaly. Du côté des avocats de la partie civile, huit (8) avocats tiennent les rênes dont : Me Moctar Mariko (président de l’AMDH), Me Hamidou Diabaté, Me Oualy Diawara, Me Clémence Bectarte du barreau de Paris et Me Assane Doma N’Diaye du barreau du Sénégal.
Quant aux organisations des droits de l’Homme, elles sont aussi fortement mobilisées. A Sikasso, nous avons pu constater une forte délégation de la FIDH et de l’AMDH sur place qui restera tout au long du procès.
« Les victimes et nos associations attendent de ce procès que leur parole et leurs intérêts soient pris en compte et qu’il se déroule de façon équitable et transparente, afin que justice soit rendue aux victimes » a déclaré Me Moctar Mariko, avocat des victimes et président de l’AMDH.
« Un tel procès est l’occasion de faire transparaître la vérité sur un épisode difficile de l’histoire récente du Mali au cours duquel, alors que le pays était attaqué au Nord, un quarteron d’officiers n’a pas hésité à faire exécuter froidement 21 militaires pour conserver le pouvoir acquis quelques jours plus tôt par un coup d’État militaire. Le Mali s’honore à rendre justice et donner aux accusés un droit que ces derniers ont nié à leurs victimes » a déclaré Me Clémence Bectarte, coordinatrice du GAJ et avocate des victimes.
En clair, pour les organisations des droits de l’Homme les autorités politiques maliennes ont l’obligation de prendre les dispositions nécessaires à la bonne tenue du procès à Sikasso, afin d’assurer la sécurité des victimes, de leurs avocats, et des représentants des organisations de défense des droits humains qui assisteront au procès. Qu’à plusieurs reprises depuis 2013, des personnes se présentant comme des soutiens ou des partisans d’Amadou Haya Sanogo ont fait pression ou menacé des familles de victimes pour qu’elles abandonnent leur combat pour la vérité et la justice sur le sort de leurs parents.
Pour Drissa Traoré, vice-président de la FIDH, c’est une étape essentielle pour tourner la page des coups d’États militaires et sonner la fin des aventures putschistes. « Il doit être également un catalyseur pour l’avancée des autres procédures judiciaires pendantes devant la justice malienne, notamment celles de la mutinerie du 30 septembre 2013 et celles sur les crimes commis au nord du pays depuis janvier 2012 » a-t-il ajouté.
Pour la mère d’une victime : ’’se retrouver dans la salle d’audience, être appelé à la barre, entendre le nom de mon fils parmi les victimes…c’est déjà une première victoire ‘’
Bokoum Abdoul Momini LE SURSAUT || LECOMBAT.FR

Djibril Coulibaly

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