lundi 17 mai 2021
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Pendant que le pays brûle: Les putschistes et leurs protégés se partagent les postes à Bamako

La transition tant bien que mal continue de chavirer malgré l’espoir placé en celle-ci au lendemain du départ du Président IBK, considéré par une frange de la population comme une “calamité’’ pour le pays.  Plus de 6 mois après, la lutte contre la corruption et l’impunité annoncée en fanfare n’est plus à l’ordre du jour. Contrairement, le népotisme contre lequel l’ancien régime a été contraint au départ a pris une proportion inquiétante mettant en cause les attentes énormes du peuple.

 

Le Mali, considéré comme le cœur de l’Afrique de l’Ouest et même de l’Afrique, est malade depuis 2012. Malgré le putsch perpétré par les militaires en 2012, le pays peine à retrouver la voie du salut. Car, après 7 ans au pouvoir, l’ancien Président IBK sera contraint par les militaires de quitter le pouvoir suite aux multiples mobilisations populaires d’un mouvement politico-religieux.

Cependant, cette mobilisation avait des griefs contre l’ancien régime au sujet de la mauvaise organisation des élections, la mauvaise gouvernance, la corruption, l’impunité…

Alors depuis le 18 août 2020, date de la chute d’IBK, les militaires se sont emparés du pouvoir pour, disent-ils, donner espoir et poser les bases d’un nouveau Mali sur la base des aspirations du peuple. Six (6) mois après, le constat est sans équivoque, le nouveau Mali (Malikura) est un cauchemar pour les Maliens avec plusieurs maux : la pauvreté avec une crise économique qui s’accentue, la crise sécuritaire devient un serpent de mer qui avale les fils et filles du Mali (attaque contre les militaires et populations civiles). Bref, l’insécurité croissante fait craindre le pire aux yeux du peuple qui pensaient que seuls les militaires au pouvoir pouvaient régler la question de la crise sécuritaire. Le 15 mars, une attaque contre l’armée malienne a coûté la vie à 33 soldats. La relève du poste de Tessit, ville située au nord-est du pays, était tombée dans une embuscade tendue par une centaine d’hommes à bord de pick-ups et sur des motos.

Malheureusement, après le départ d’IBK, il n’y a eu ni figue ni raisin, dans la lutte contre le terrorisme ; on continue d’enterrer nos morts. L’injustice contre laquelle le discours du Président Bah N’Daw avait été retentissant s’est érigée en règle de gouvernance par les militaires.

Le procès contre Amadou Aya Sanogo et co-accusés qui s’est achevé sur un coup de théâtre laisse tout le pays pantois. Car, il semble qu’il y a désormais une sorte de justice et d’injustice qui ne respectent plus les principes de droit ou que l’impunité est réservée à une catégorie de Maliens et d’autres non.

Ces maux qui ont rendu et affaibli le corps malade (Mali) au lieu d’être les sujets contre lesquels les militaires devraient se battre pour trouver une solution définitive, l’on assiste désormais à un phénomène dit de “militarisation à outrance de l’administration’’.  Certains observateurs estiment, au regard de la situation actuelle du pays, que les autorités militaires du pays ne semblent pas être à la hauteur de la tâche qui est ardue. Ainsi, au lieu de prescrire une thérapie de choc, les putschistes se livrent à un véritable partage du gâteau que certains n’hésitent pas à parler de butin. Malgré les cris des populations, force est de constater que les conseils des ministres ne sont qu’en grande partie consacrés à la signature des décrets de nominations et en grande majorité, des militaires  sont nommés aux postes par jadis occupés par les civils laissant les armes au front. En témoigne, le personnel des cabinets du vice-président Colonel Assimi Goïta et le Président du Conseil National de la Transition, colonel Malick Diaw.

Le dernier en date est relatif à la formation du cabinet du président du CNT composé de  26 membres qu’on juge pléthorique.

Selon plusieurs observateurs, les deux cabinets sont pléthoriques compte tenu de la situation actuelle du pays qui traverse une transition. Cette transition qui éprouve des difficultés face à la crise économique risque d’être malheureusement la plus budgétivore de l’histoire des transitions au Mali. Ce qui prouve à suffisance que loin de ce qui devrait être le souci premier des autorités, celles-ci se créent les conditions pour déchiqueter les quelques rares réserves du pays en nommant copains, coquins et amis… pour se bourrer les poches. La transition est désormais une aubaine pour les putschistes pour célébrer le festin du partage des postes et des biens en attendant.

Bourama Kéïta LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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