samedi 28 novembre 2020
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«PAROLE DE CORPS» : une initiative artistique qui offre un moyen d’expression atypique aux déficients auditifs

«Parole de corps» est un projet artistique visant à amener les jeunes déficients auditifs maliens à prendre goût à la danse et au théâtre. Et depuis sa mise œuvre, les jeunes bénéficiaires ont retrouvé le sourire. Et ils sont aujourd’hui convaincus que, avec une école d’art, ils auront l’occasion de mieux apprendre et surtout d’exister enfin aux yeux des autres.

 

Une école d’art afin de pouvoir exprimer tout leur potentiel ! Telle est l’une des attentes des jeunes déficients auditifs du pays. Et aujourd’hui, grâce au projet «Parole de corps», ils ont prit goût à la danse et au théâtre. Il s’agit d’une initiative artistique qui vise d’ailleurs à leur offrir un espace d’expression artistique à travers le théâtre et la danse. Et depuis sa mise œuvre, les jeunes bénéficiaires ont retrouvé le sourire.

A l’image d’Adama Bambara dont les efforts et les prouesses sont remarquables. Il saute, se courbe, bouge la tête et les pieds en même temps que ses amis. Aucun détail de la chorégraphie ne lui échappe. Agé de seulement 10 ans, il est le plus jeune de la troupe de danse du projet.

«Parole de corps» est projet d’insertion artistique qui bénéficie à une vingtaine d’adolescents, tous des sourds-muets issus des écoles pour déficients auditifs (EDA) de Bamako, Ségou et Koutiala. Et les enfants manifestent fantastique engouement, car malgré la fatigue et souvent les conditions climatiques comme la chaleur, ils se donnent à fond pour la répétition sous l’œil attentif du chorégraphe Yayous Bakanu Sanu. «Nous n’avons plus que deux jours avant la restitution. C’est plus que jamais le moment de corriger les petites imperfections», déclarait-il avec une prestation de son atypique troupe.

Grâce à ce projet, les bénéficiaires avouent avoir l’impression de renaitre ou d’exister en fin dans une société où il n’est pas aisé de vivre avec une déficience. Et cela à l’image d’Adama qui confie à qui veut l’entendre avoir compris que son «handicap n’est pas une fatalité».

«Parole de corps» est une initiative de Daouda Kéita, chorégraphe professionnel, fondateur de la compagnie «Famu Danse», une association culturelle créée en 2017 à Bamako. En 2018, l’artiste s’était rendu à l’école pour déficients auditifs de Bamako. «Après un long échange avec les élèves, j’ai vu quelque chose de si naturel et de captivant dans la langue des signes», se souvient-il. Ce qui lui a naturellement donné l’idée de se perfectionner auprès d’eux.

«Un bon danseur doit être le plus naturel possible dans ses mouvements. Les malentendants ont déjà ce naturel, car ils se familiarisent avec le mouvement depuis tout petit. Ils en sont les maitres et nous les handicapés», indique le chorégraphe.

Au Mali, l’insertion socioprofessionnelle des jeunes handicapés demeure un véritable casse-tête pour les familles et les communautés. Et cela d’autant plus que beaucoup n’ont pas la chance de terminer les études. En effet, comme le témoigne M. Balla Kéita (ancien directeur de l’école pour déficients auditifs de Bamako), «90 % des jeunes déficients auditifs s’arrêtent juste après le diplôme d’études fondamentales (DEF)».

D’où la nécessité pour les décideurs et les partenaires du Mali de soutenir le projet «Paroles de corps» à hauteur de souhait.

Alphaly

(Avec : benbere.org)

Malick Diancoumba

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