lundi 6 décembre 2021
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Mariages précoces au Mali : Ces chiffres qui font froid dans le dos

Toutes les deux secondes, une fille est mariée dans le monde, avant même d’avoir atteint la maturité physique ou émotionnelle requise pour devenir épouse et mère. Le Mali n’échappe pas à ce phénomène contre lequel l’ONG internationale Save the Children et ses partenaires comme la Coalition malienne de défense des droits des enfants (COMADE) se battent chaque jour.

Au Mali, la pratique du mariage précoce ou de mineurs, à l’instar des autres pays qui en sont victimes, a des conséquences incommensurables sur le plan éducationnel et socio-sanitaire. Le phénomène retire la plupart des filles qui en sont victimes de l’école et les prive de la jouissance d’un droit fondamental d’épanouissement socioéconomique non seulement pour elles mêmes, mais aussi pour leurs familles et leurs communautés.

En 2014, 60% des 999.866 enfants âgées de 7 à 12 ans qui ne sont pas encore scolarisées sont des filles. Selon l’Etude Démographique et de Santé (EDS), de 2012-2013, au Mali, 20% des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans avec son corollaire sur le plan socio-sanitaire (fistule, prématurité dans le meilleur des cas voire décès maternels précoces)  et tous les 15% des décès maternels, selon l’étude, surviennent chez les adolescentes.

Et pourtant…

A l’image d’autres pays du monde, le Mali a ratifié des textes juridiques (déclarations, résolutions, conventions, pactes, chartes, protocoles) internationaux dans le cadre du respect des droits de l’Homme et de la petite enfance. Il a ainsi ratifié, entre autres, la convention relative aux droits de l’enfant en 1990 ; la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant en 1998 et la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes en 2000. Et, pourtant, des pratiques comme les mariages précoces et/ou forcés demeurent et ont la vie dure. La persistance du phénomène du mariage d’enfants au Mali, en dépit de toutes ses conséquences qui sont suffisamment communiquées, interpelle tous les acteurs qui sont concernés afin qu’ils expérimentent des approches novatrices qui soient à même d’insuffler une nouvelle dynamique dans la prévention dudit phénomène. C’est ce que l’ONG internationale Save the Children et son partenaire la Coalition Malienne pour la Défense des Droits des Enfants (COMADE) font d’ailleurs.

Dans un pays comme le Mali à 95%de musulmans, les leaders religieux ont un poids certain ; notamment, sur les décisions concernant les cas de mariage. Surtout que les nombreux mariages célébrés avant la maturité de la fille se font généralement sous le couvert de motifs d’ordre religieux. Dès lors, l’intervention des leaders religieux (musulmans comme chrétiens) s’avèrent indispensable.

C’est dans ce cadre que la COMADE et Save the Children ont rencontré les leaders religieux hier, mardi 20 décembre, dans les locaux de l’ONG El Farouk autour de la question. Il s’agissait pour eux de « sensibiliser les leaders religieux sur la problématique du mariage des enfants au Mali ». Il s’est agi, au cours de cette journée, d’entretenir les leaders religieux sur les conséquences que peuvent avoir un mariage précoce et surtout de leur faire savoir que la mortalité, selon le Rapport publié par Save thé Children, le 11 octobre 2016, intitulé « Aucun enfant, oublié : libre de vivre, libre d’apprendre, à l’abri du danger », que la mortalité maternelle est la deuxième cause principale de décès chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans dans le monde. Ils leur ont dit aussi que  le nombre d’adolescentes qui meurent chaque année suite à des complications pendant la grossesse ou l’accouchement est estimée à 70.000 personnes chaque année  et 2,5 millions de moins de 16 ans mettent au monde un enfant.

A la lumière du même Rapport, les participants ont été informés que 62 millions de filles ne sont pas scolarisées. Le maintien des filles à l’école jusqu’à un certain âge pour éviter les mariages précoces a été un des points clés de la rencontre. Ce qui constituera, selon Aboubacar Tékété, Président de la COMADE, une avancée considérable dans la lutte contre le phénomène.

Pour sa part, Fenke Elskamp, le Représentante de Save the Children, pour lutter contre la pratique de mariage précoce des filles, il est urgent de faire évoluer les filles dans un environnement propice afin de les permettre, au moment venu, de pouvoir jouer pleinement leur rôle d’éducatrices de la nation.   Ces actions posées visent, selon elle, à l’épanouissement des enfants et contribueront à réduire les risques en tous genres.

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

COULIBALY

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