samedi 13 juillet 2024
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 LUTTE CONTRE LA CORRUPTION: L’Oclei a balisé le terrain grâce aux recommandations de la conférence de Bamako

 

Bamako a abrité avec succès la 2e édition de la Conférence de haut niveau sur la lutte contre la corruption en Afrique qui s’est tenue à Bamako du 20 au 23 février 2023. Une belle initiative de l’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (OCLEI) avec l’accompagnement des autorités de la Transition et des par­tenaires techniques et financiers. Cette rencontre a été sanctionnée par des recommandations fortes devant permettre d’enrayer la corruption endémique qui hypothèque le développement socioéconomique des Etats africains, du Mali notamment.

 

La refondation du système éducatif à travers le renforcement de l’éducation civique et morale dans les programmes d’enseignement et la promotion, dès le bas âge, des valeurs anti-corruption qui sont au fondement des sociétés afri­caines. Telle est l’une des 15 principales recommandations qui ont sanctionné la 2e édition de la Conférence de haut niveau sur la lutte contre la corruption en Afrique organisée à Bamako du 20 au 23 février 2023.

Une recommandation très pertinente dans la mesure où la corruption est un fléau lié à la mentalité, aux comportements. L’enrayer, suppose donc un changement de mentalité, de comportement voire un éveil de la conscience citoyenne patriotique poussant à protéger le bien commun, à privilégier l’intérêt national et non individuel. Dans ce combat, le rôle de l’Education doit être complété par celui de la justice.

En effet, dans la lutte contre  la corruption et les autres mauvaises pratiques financières qui privent le Trésor public des ressources vitales au développement du pays, «le rôle primordial et la place de premier ordre revient à la justice qui doit être le centre d’impulsion, de dissuasion, de réparation du préjudice causé à l’Etat, de l’égalité des citoyens devant leur responsabilité sans tomber dans les pièges de la délation, des règlements de compte ou d’impunité selon les cas», avait préconisé Oumarou Bocar, inspecteur des services judiciaires lors d’un atelier sur  «le rôle et place de la justice dans la lutte contre la corruption». Si dans un pays comme le Mali «la corruption s’est solidement installée dans l’administration, les organisations professionnelles, le milieu politique et baigne dans un climat social de tolérance et même d’incitation» c’est en partie lié à l’impunité.

Les arrestations sont annoncées en grande pompe et au finish le requin arrêté est faiblement condamné ou bénéficie d’une liberté provisoire sans fin, s’il n’est pas simplement relâché faute de preuves. Sans doute que cela n’a pas échappé aux participants de la conférence de Bamako organisée par l’Oclei. Le renforcement des capacités des institutions et agences dédiées à la lutte contre la corruption et la mise en oeuvre effective des mécanismes de sanction et de lutte contre l’impunité ; la consolidation des liens de collabo­ration et la synergie entre les structures nationales de contrôle et les agences de lutte contre la corruption et l’enrichisse­ment illicite et les autres acteurs, à tra­vers la mise en place de plateformes et de cadres de dialogue, de concertation, de coordination ; le renforcement des moyens humains et matériels des structures en charge de la lutte contre la corruption, du recouvre­ment et de la gestion des avoirs illicites ; la conception et la mise en oeuvre de programmes communs de formation, d’information et de sensibilisation impli­quant tous les acteurs oeuvrant dans le domaine de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, incluant la pu­blication et la diffusion de leurs rapports… sont entre autre recommandations formulées par les 80 participants venus de 35 pays des cinq continents).

Ils ont également souhaité le renforcement des mécanismes de recouvrement, de gel et de confiscation des avoirs illicites et celui des capacités des spécialistes d’enquête et d’investiga­tions pour accroître leurs compétences et leurs performances ; le renforcement des systèmes de collecte d’information et de surveillance des transactions financières et commer­ciales ; ’implication effective des jeunes et des femmes dans la préparation et la mise en oeuvre des stratégies de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite ; l’accompagnement des femmes et le renforcement de leurs capacités en leadership pour la défense de leurs droits face aux pratiques corruptives et discriminatoires ; la promotion de la culture de décla­ration des biens net sa digitalisation…

Le renforcement du rôle et la dotation en moyens conséquents de la société ci­vile, de la presse, des confessions reli­gieuses et des chefferies traditionnelles dans les mécanismes de sensibilisation sur les méfaits de la corruption, dans le sens de la mutualisation de leurs actions au niveau national et continental est aussi l’une des recommandations fortes de ces assises. Tout comme la restitution des conclusions et re­commandations de la présente confé­rence dans les langues nationales afri­caines pour une meilleure sensibilisation des populations à la base ; la mise en place d’une commission technique chargée de la mise en oeuvre des recommandations issues de la pré­sente conférence.

Nous espérons que les pays africains, notamment le Mali, ne vont pas laisser ces recommandations dormir dans les tiroirs faisant de cette belle initiative de l’Oclei une conférence de plus contre un fléau dont les effets néfastes sont entrain de plonger nos Etats dans le chaos social et sécuritaire faute de perspective sûre pour la jeunesse notamment. En effet, la perte de confiance entre le citoyen et l’Etat ; l’érosion des valeurs éthiques, morales et l’incivisme généralisé ; l’inégalité entre les citoyens ; la paupérisation des populations, la fragilisation de la démocratie et du droit ; l’instabilité politique et la précarisation de l’Etat ; la constitution de groupes de «privilégiés» constituant un réseau de criminels ayant au bout du compte la haute main sur l’Etat et ses moyens, le tarissement de l’investissement…

Voilà, entre autres, les conséquences de la corruption, de la délinquance financière qui ont conduit notre pays au bord de l’abîme ! Et il est temps de se ressaisir en profitant des expertises comme celles que l’Oclei vient de réunir dans notre capitale !

Moussa Bolly LE MATIN

Djibril Coulibaly

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