dimanche 20 septembre 2020
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LE POUVOIR PRÉSIDENTIEL AU MALI : La fleur fanée ou le totem mortel ?

De l’Indépendance à nos jours, le Mali n’a connu qu’un seul Président qui acheva ses mandats sans coup d’État. De Modibo Kéïta à Amadou Toumani Touré, en passant Moussa Traoré, seul Alpha Oumar Konaré, élu démocratiquement en 1992, conformément à la constitution de cette même année, s’en est sorti.

Le pouvoir au Mali relèverait peut-être d’une supercherie ou d’une duperie, et d’une magie ésotérique : obscure et mystérieuse, où il faudrait impérativement avoir les mains et le corps souillés de tisanes de résistance et d’antidotes ou d’autres amulettes pour finir ses mandats sans subir un coup de force. En effet, à l’instar des Chefs d’État qui se sont succédé à la tête de ce pays, l’on ose imaginer qu’être Président de la République du Mali est une fleur fanée ou un totem mortel et perfide contre lequel la lutte pour survivre s’intensifierait. Exception ferait la règle. Le seul et unique, ayant pour l’heure fini ses mandats après son élection à la magistrature suprême, c’est Alpha Oumar Konaré, qui fut d’ailleurs le premier Président démocratiquement élu dans l’histoire de notre nation.

Le Mali serait alors une terre de coup d’État. En tout cas, si l’on s’en tient ou si l’on se réfère à la succession de l’histoire du pays, les embûches et les appâts pour accéder au pouvoir furent nombreux. Séquence par séquence, une histoire remplie de sang et de trahison. Les pères de notre accession à la souveraineté nationale et internationale.

Le 22 septembre 1960, le Soudan français devenait la République du Mali, avec à sa tête le Président visionnaire et illuminé Modibo Kéïta qui fut l’un des pères fondateurs de l’indépendance de notre pays. Il passa huit (08) bonnes années au pouvoir avant d’être chassé alors qu’il était en voyage à intérieur du pays par le Général Moussa Traoré le 19 novembre 1968, qui était à l’époque Lieutenant. Celui-ci instaura un régime autocratique pendant au moins vingt-trois (23) ; vingt-trois (23) de règne absolu et despotique. Ce dernier (Moussa Traoré) fut à son tour arrêté suite à un putsch le 26 mars 1991 par le Lieutenant-Colonel Amadou Toumani Touré, qui mena une transition puis organisa les premières élections présidentielles démocratiques en 1992 lors desquelles Alpha Oumar Konaré, enseignant de son État arrive victorieux. Le seul Président pour l’instant élu démocratiquement qui acheva ses deux (02) mandats sans subir un coup d’État.

Le Président Ibrahim Boubacar Kéïta, en exercice depuis septembre 2018 pour son second mandat, serait sur le point de subir le même sort que certains de ses prédécesseurs. Car le mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5 – RFP) exige sa démission pure et simple et son régime. Ce qui ressemblerait à un autre coup d’État que notre pays s’apprête à subir. Toutefois, si cette démission est consommée contre son gré,  un mauvais sentiment de peur s’installerait et les Présidents qui viendront après auront la frayeur de loger à Koulouba. Qui sait? Peut-être, c’est la malédiction des coups d’État qui guette notre pays.

Moriba DIAWARA

 

Malick Diancoumba

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