vendredi 1 juillet 2022
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Honorable Me AlKaïdy Mahmoud Touré, Député élu à Diré, membre de l’opposition : «Le problème est qu’aujourd’hui, même s’il est nécessaire de réviser la constitution, le contexte ne s’y prête pas»

Très tard dans la nuit du vendredi dernier, ils étaient 35 à voter contre l’adoption de la loi portant révision de la constitution du 25 février 1992. Nous avons rencontré l’un d’entre eux, il s’agit du Député élu à Diré, l’Honorable Me AlKaïdy Mahmoud Touré. Dans les lignes qui suivent, il nous fait revivre les temps et les tractations qui ont abouti à l’adoption de cette loi et pourquoi lui et 34 autres ont voté contre. Lisez !

LE COMBAT: Le vote de la loi s’est poursuivi jusqu’à très tard dans la nuit du vendredi. Pourquoi ?

Me AlKaïdy Mahmoud Touré : Effectivement, le vendredi, nous sommes restés jusqu’à tard dans la nuit. Même avant hier (l’entretien a eu lieu samedi) nous sommes restés jusqu’à 1 heure du matin pour qu’on renvoie la plénière pour le lendemain à 9 heures. De 9 heures c’est aux environs des 18 heures que nous avons repris les travaux. Le Gouvernement avait fait des griefs par rapport aux amendements qu’avait proposés la commission loi qui n’ont pas pu être gérés à temps. Le groupe parlementaire VRD avait fait 34 amendements qui avaient été lus dans la salle pour lesquels le Gouvernement avait demandé un temps de réflexion pour y répondre. C’est comme ça que nous sommes restés dans des tractations qu’on ne comprenait pas, les gens montaient à Koulouba, allaient chez le Premier Ministre, déjà, il y a problèmes. Le principe de la séparation des pouvoirs est clair, il y a l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. Il ne doit pas y voir de télescopage entre ces trois principes. C’est ce télescopage qui fait que nous vivons dans pratiquement tous les pays africains des semblants de démocratie. Ce qui est sûr c’est que les Députés de la majorité présidentielle vont soutenir leur Gouvernement. Mais est ce qu’il faut soutenir le Gouvernement jusqu’à oublier qu’on représente le Peuple ? Chaque fois qu’il y a un projet important au niveau de l’Assemblée Nationale vous avez l’impression que le monde va s’arrêter. Qu’est ce qu’on a à cacher dans un projet de révision constitutionnelle ? La constitution ce n’est pas pour quelqu’un. Vous pouvez la faire sur mesure mais ce qui est sûr ça s’appliquera à d’autres citoyens qui ne l’ont pas choisi.

Qu’est ce que l’opposition reproche au texte de loi ?

Ce que nous reprochons au texte, c’est que nous avons fait des améliorations qu’ils n’ont pas voulu prendre en compte. Mais ce n’est pas là le problème. Le problème est qu’aujourd’hui même si, il est nécessaire de réviser la constitution, le contexte ne s’y prête pas. Nous ne sommes pas dans un pays. On va organiser des écoutes, on va faire tout ce que vous voulez, on va voter cette loi comme on l’a voté en 2011 avec ATT et on ne va pas pouvoir organiser le référendum. L’inquiétude de l’opposition c’est la situation sécuritaire du pays ; ce sont les conditions dans lesquelles se trouve le pays aujourd’hui. Voilà les différents griefs en dehors des amendements de fond que nous avons proposés et qu’ils n’ont pas voulu prendre en compte. Je crois que la majorité est dans son rôle de voter cette loi car pour eux tout est lié à l’accord de paix. Le Ministre lui même a dit que les deux tentatives étaient pour le confort de la démocratie et que cette fois ci c’est une nécessité politique et de contrainte de la Communauté internationale. Vous voyez déjà que tout ça c’est grave. Moi, je l’ai toujours dit, le Mali est géré pour parti par les Maliens et, de l’autre côté, par la communauté internationale. Et c’est ce que je leur ai dit, vous dites que vous avez organisé des écoutes citoyennes à Kidal, j’ai posé trois fois la question ils n’ont jamais répondu parce qu’ils ne pourront jamais répondre. Donc, si vous ne pouvez pas organiser des écoutes à Kidal est ce que vous pouvez organiser un référendum à Kidal ? Est ce que, consciencieusement, on peut organiser aujourd’hui un référendum où la commission loi même recommande que le référendum se fasse sur toute l’étendue du territoire national. Ça veut dire que déjà les jeux sont faits.

Donc, nous allons vers un échec ?

Non on ne va pas vers un échec. Ils vont réussir mais en disant toujours que ç’a été impossible dans une partie du Mali comme on l’a fait avec les élections communales. La réalité c’est que tous les Maliens ne pourront pas participer à ce vote parce que les conditions ne sont pas réunies pour que cela soit.

Que va faire l’opposition pour empêcher la victoire du OUI au référendum du 9 juillet prochain?

Je ne suis pas le Président de l’opposition. Je ne peux pas, donc, dire ce que l’opposition ferra ou pas. Mais, moi, dans mon cercle, je vais expliquer le contenu en Sonrhaï pour que les communautés sachent exactement ce qu’il y a dans le texte et pourquoi nous n’avons pas voté. Toutes les actions que l’opposition va mener je suis solidaire.

Propos recueillis par Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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