mardi 7 décembre 2021
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Grand reportage : Bamako, Dieu, l’alcool et le sexe

Bamako, à l’instar des autres capitales des pays de la Région ouest-africaine, présente l’image d’une ville cosmopolite. Découvrir Bamako, c’est découvrir la diversité et la complexité de cette ville: diversité des quartiers, des habitants, des architectures, des cultures et bien d’autres choses. Indiscutablement, Bamako est une ville calquée à l’africaine, mêlant, tour à tour, tradition et modernité à l’image des mosquées, des églises, des hôtels de luxe, des bars, des restaurants, des bâtiments bancaires, des «belles» routes reliées parfois entre elles par des pavés exécrables.

 

Peuplée de plus deux millions et demi d’Habitants, cette ville située au sud de notre pays concentre à elle seule une bonne frange de la population malienne du fait de son attractivité, de sa position de ville carrefour entre l’Afrique noire et le Maghreb et de l’exode massif des populations des autres villes et villages du Mali. Si la plupart des Bamakois prennent d’assaut les mosquées, qui ne cessent de pousser comme des champignons à chaque coin de la ville, les chrétiens ne sont pas du reste. On constate une multiplication exponentielle mais souvent anarchique des églises. Les animistes, eux aussi, ne sont pas du reste. Il est aussi fréquent de retrouver ce monde la plupart du temps dans des bars, restaurants et boîtes de nuit pour partager des boissons alcoolisées, histoire de se distraire ou fêter un évènement.

Ces structures pullulent actuellement à Bamako et se retrouvent pratiquement à chaque périmètre de la ville. Parfois, certains bars et mosquées se juxtaposent et «s’animent» au même moment. La boisson, c’est ce qui se vend actuellement de mieux à Bamako. Une autre affaire qui marche présentement est sans doute les auberges, les hôtels ou bien d’autres coins où les gens peuvent satisfaire leur libido. Ces lieux tournent à plein régime ; car, les clients sont toujours au rendez-vous. Bamako, la capitale malienne, où Dieu est devenu presque un fonds de commerce, où l’alcool est effectivement ce qui se commercialise le mieux, où le sexe est à portée de tous, fait de cette ville l’une des plus paradoxales et vicieuses du pays et de la Sous-région.

 

Bamako, temple de Dieu

La floraison des mosquées à Bamako est une réalité. A côté des «traditionnelles» comme les mosquées de quartiers se trouvent des milliers d’autres dites familiales. Si les mosquées des quartiers sont mieux structurées, des centaines d’autres pataugent dans l’illégalité totale puisque n’étant pas enregistrées au Ministère de la Religion et du Culte qui se charge du domaine.

Créer donc une mosquée aujourd’hui, surtout à Bamako, paraît chose facile voire une simple question de jours. Il suffit juste, pour l’initiateur, d’avoir une petite culture coranique, quelques bases en arabe et un endroit pouvant contenir quelques dizaines de personnes ; c’est le tour qui est ainsi joué.

Considérés à juste titre d’ailleurs comme la minorité à Bamako, les Chrétiens copient également les Musulmans sur le plan de l’érection des lieux de prières. Hormis les grandes églises de la capitale, d’autres se construisent actuellement dans les quartiers et de façon anarchique. Il y a, en outre, la floraison des églises d’origine nigériane. Leurs adeptes sont aussi nombreux. L’essence même de ces Religions est qu’elles défendent l’adultère, la prostitution, l’alcool et bien d’autres vices. Le Coran, la Bible et bien d’autres livres saints en donnent la preuve. Paradoxalement, à Bamako, on remarque ces derniers temps une fréquentation exagérée des bars et autres endroits par les populations. Le phénomène devient inquiétant.

 

Un mètre carré, un bar, des milliers de clients

Pour faire un commerce actuellement à Bamako et se faire le maximum de bénéfices, le secteur de la boisson est le plus recommandé. Le melting-pot bamakois aime boire et faire la fête. Plus que des champignons, les bars, les restaurants, les fastfood, les boîtes de nuit se répandent à Bamako tels des grains de sable. Ces lieux où règne une ambiance exceptionnelle sont tenus parfois par des DJ (disques jokers) qui mettent la musique à fond. Les abords des routes et boulevards sont «bordés» de bars où la bière coule à flot, surtout le week-end. Une virée nocturne (Bamako by night) a permis de découvrir un monde à part. Les chiffres font frémir, mais c’est la réalité. Et, d’après la plupart des tenanciers de ces lieux, c’est un commerce qui est très rentable. Le constat ne souffre d’aucune ambiguïté. Dans ces bars, l’ambiance est multicolore. La fête y est souvent si belle que certains clients peuvent y s’éterniser jusqu’au petit matin les week-ends.
Ce qui marche actuellement sont aussi les restaurants de Fast Food tenus par des Expatriés occidentaux surtout. C’est d’ailleurs l’endroit le plus prisé des jeunes filles de la capitale qui, accompagnées de leurs copains dont certains peuvent avoir l’âge de leur aïeul, tiennent des pizzas et autres mets achetés comme des diplômes accrédités. «Merci bébé pour tout !», récitent-elles à cœur joie à longueur des soirées. Une jeune fille de 18 ans qui appelle son arrière-grand père «bébé»? C’est la triste réalité. Quel que soit son âge, l’homme demeure un éternel bébé, disputant régulièrement les mamelons avec ses enfants.

Le sexe à vil prix: un autre véritable fléau social !

La prostitution est née avec le monde, mais elle vit à Bamako. Il serait blasphématoire de parler des capitales chaudes sans mentionner Bamako. Bamako ne dort jamais. Une virée nocturne a tenu toutes ses promesses. Direction, quartier Hippodrome, précisément à la Rue Princesse. Sur cette Rue qu’on peut comparer à l’Avenue Kwamé Nkrumah à Ouaga, au Burkina-Faso, ou à la rue Princesse d’Abidjan, encore mieux au carrefour Dékon, sur le Boulevard du 13 janvier, à Lomé, au Togo, des prostituées ont élu domicile. Hommes d’affaires, jeunes, vieux, voleurs, « faroteurs », drogués, chacun trouve pour ses bourses. Là, de petites pièces séparées font office d’auberges pour ces professionnels du sexe et clients. Avec 5000 ou 10.000 francs CFA, on est servi. Ce type de prostitution s’est même délocalisé dans les différentes banlieues de Bamako.

Un peu plus loin de Hippodrome, notamment à Kalaban, se trouve également une colonie de prostituées d’une autre classe. Elles assument fièrement leur nom de «prostituées VIP». Les «go» se démarquent des autres par leur tenue vestimentaire plus ou moins classe et attirante. Elles se soignent mieux de par leur apparence. Leurs clients sont souvent des expatriés qui y amènent de grosses voitures pour les ramener soit à la maison où dans les auberges. Au rang de celles-ci, on retrouve des mineures, des adolescentes, des femmes âgées et même des vieilles. Certaines pratiquent ce métier aussi vieux que le monde par simple plaisir, alors que d’autres se disent n’avoir pas le choix pour leur survie et celle de leur famille. «Hé !! Joli garçon, on dit quoi ? », « Veux-tu aller avec moi ? », ont-elles l’habitude de dire pour attirer les clients tout en s’exhibant devant eux. Elles proposent ainsi leur corps et une séance exceptionnelle de jambes en l’air contre une somme d’argent. Elles n’hésitent pas à proposer au client tout ce que madame ne peut leur faire à la maison.

Au-delà des travailleurs de sexe, il y a la prostitution non officielle. Ces hommes et femmes qui écument les bars, les restaurants et qui terminent leurs randonnées dans les auberges et hôtels. De fait, ces auberges communément appelés «ambassades» se multiplient actuellement aussi bien dans la capitale que dans ses banlieues. Parfois, les habitués des lieux préfèrent ces coins reculés pour être à l’abri des regards. Un gérant d’auberge dans le quartier Adékène nous raconte qu’il tourne parfois à plus de cent clients et plus certains jours.
Il arrive également que certains de ces auberges ou hôtels se remplissent au point que certains sont obligés de patienter avec leur proie. Et, dans cette course au sexe qui est aujourd’hui la chose la mieux partagée, il est possible que certains tombent sur leur petite amie avec un autre «déverrouilleur». On retrouve aussi dans ces auberges des homosexuels. Bref, l’argent circule facilement dans ce business.
Le constat est patent, l’alcool, le sexe et Dieu sont les choses qui se côtoient le mieux à Bamako, le tout dans une hypocrisie. Nous sommes tombés sur un endroit exceptionnel dont nous préférons taire le nom et qui reflète l’image de cette ville. Là, une église fait face à un bar.
Il arrive que ces deux «voisins» s’animent au même moment, les uns adorant leur Dieu avec des chants des «Holyghostfire ! », et les autres dans une ambiance tonitruante, sirotant de la bonne bière avec tout ce qui va avec. Le tout donne un mélange fantastique qui n’est même pas conseillé à un sourd. Dieu seul sait, Bamako en compte des centaines de cas.

Katito WADADA : LE COMBAT

COULIBALY

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