mardi 20 avril 2021
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Face à l’appel au retrait des Administrateurs: Le Gouvernement adopte son éternelle politique de fuite en avant

Face à l’incapacité de l’État à endiguer  le phénomène d’insécurité persistante dans l’ensemble des Cercles de la Région de Mopti ou du moins de sécuriser ses Représentants  , les deux Groupements syndicaux des travailleurs de l’Administration territoriale à savoir le Syndicat Autonome des Administrateurs civils (SYNAC) et le Syndicat Libre des Travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale (SYLMAT) ont appelé, le lundi 17 juin 2019,  tous les fonctionnaires de l’État en poste dans les Régions du Centre à rejoindre le centre-ville  Mopti ou les localités sécurisées les plus proches.

 

Cet appel au retrait des zones d’insécurité dans la Venise malienne n’a pas laissé le Chef du Département en charge de l’Administration territoriale, Boubacar Alpha Bah,  indifférent. Dans un communiqué rendu public, le mercredi dernier, le Ministre de l’Administration Territoriale, Boubacar  Alpha Bah,  a réagi contre ladite  décision, mais, de façon, faut-il le dire, presque ironique. «La seule réponse que le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation donne aux Responsables de ce communiqué est la prescription de l’Hymne National du Mali » , rappela-t-il avant d’appeler les insurgés à se convertir en soldats de la République. « Au dedans ou au dehors, débout sur les remparts, nous sommes résolus de mourir, pour la patrie…», enchaine-t-ilavant de rajouter que tout manquement d’un membre du corps préfectoral à ses devoirs, dans le cadre ou en dehors de l’exercice de ses fonctions, l’expose à une sanction disciplinaire.  «… Qu’aucun de ses membres ne saurait se soustraire aux prescriptions de la loi sur injonction d’un quelconque syndicat… et en appelle au sens de responsabilité et de patriotisme des uns et des autres en tous les temps. Et que nous devons avoir à l’esprit que vivre c’est résister comme le dit toutes les dispositions de l’hymne national». Loin de nous toute idée de  discréditer, ce « chant du Mali » comme le scandait récemment le Ministre des Affaires Etrangères Tiébilé Dramé en « recadrant » le sieur Ould Sidatt de la CMA . Mais, au-delà de l’évocation de cette belle et glorieuse chanson de Seydou Badian en réponse au ton à l’abandon des zones en insécurité données par les syndicats, le Chef du Département de tutelle devrait plutôt exposer les efforts en cours et les  mesures urgentes de sécurisation  afin de rassurer les insurgés plutôt que de procéder à des tapages médiatiques qui  nous rappellent de maintes autres promesses non tenues .

 

Des avertissements qui n’ont rien servi 

Loin d’être tombée des dernières pluies, la préoccupation des Administrateurs civils par rapport à leur situation sécuritaire a fait l’objet de plusieurs cas d’alertes qui n’ont pratiquement pas produit grand effet au sommet de l’État. Pour rappel, les deux Syndicats avaient adressé, lundi 18 juin 2018, une lettre de protestation au Gouvernement malien. Dans cette note, ils dénonçaient avec force les actes odieux et les mauvais traitements infligés aux Représentants de l’État en cours de service et demandaient par conséquent la sécurité et la protection. Depuis l’élection du Président IBK en 2013 à nos jours, les Représentants de l’État sont victimes de menaces, d’attaques, d’assassinats, d’enlèvement et de relèves arbitraires  dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions. À ce propos, on peut citer, entre autres cas dramatiques,  l’assassinat  des Préfets, Sous-préfets  notamment à Kidal (le 17 mai 2014), l’attaque ciblée contre le Sous-préfet de Ouinerden (le 29 mai 2018), le renvoi arbitraire des Préfets de Kolondiéba et de Koro, l’enlèvement du Sous-préfet de Hombory (le 26 avril 2018), du Préfet de Téninkou et de son chauffeur (le 8 mai 2018), les destructions des lieux de travail, de domiciles et de biens personnels des Représentants de l’État à Kéniéba et Kani-Bonzon (le 11 juin 2018). Toute chose qui prouve que les Représentants de l’État ont payé un lourd tribut dans les crises et rébellions qu’a connues le Mali pour être ainsi répondu ironiquement par le Ministre.

Les deux syndicats, après avoir  demandé au Gouvernement d’entreprendre toutes actions urgentes pour la libération du Préfet de Téninkou et de son chauffeur ; de réparer, dans les meilleurs délais, les dommages causés aux Représentants de l’État victime des actes d’insécurité dans l’exercice de leurs fonctions; de mettre en place une politique de sécurisation plus constante et adéquate à l’égard des Représentants de l’État campent sur leurs positions, à savoir conditionner le maintien de leurs militants dans les zones d’insécurité au retour des forces armées et de sécurité ainsi que des services administratifs compétents sur le terrain.

Seydou Konaté

Djibril Coulibaly

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