mercredi 16 octobre 2019
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Centre du Mali :L’Administration en totale insécurité bat en retraite

De l’annonce, à l’issue du Conseil des Ministres extraordinaire du vendredi 7 juin à nos jours, la Région de Mopti désormais appelée communément « le Centre » a subi plusieurs assauts sanglants. À quand les prochaines tueries?

Telle est la question qui hante les esprits. Ce n’est pas de l’exagération, loin s’en faut. Tout tend aujourd’hui à convaincre que la cinquième Région administrative du Mali est le point névralgique sur lequel l’acharnement des massacreurs s’exercera sans répit. La zone est même, selon plusieurs Analystes, un verrou que l’on cherche à faire sauter dans la perspective d’une partition programmée du Mali. S’exprimant récemment dans la presse, l’Honorable Moussa Diarra affirmera que, pour les ennemis de notre pays, Mopti est la limite de l’Azawad; ce qui exprime une réalité grave qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Comme pour accréditer toutes les inquiétudes çà et là sur le devenir du Centre, les syndicats concernés par la fonction des administrateurs, à savoir le Syndicat Autonome des Administrateurs Civils (SYNAC) et le Syndicat Libre des Travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale (SYLMAT) ont appelé, le 17 juin, tous les Représentants de l’État au Centre du pays à rejoindre la ville de Mopti ou les localités sécurisées les plus proches. Ce qui, au plan administratif, équivaut à un abandon de poste. Mais peut-on blâmer les Préfets et Sous-préfets des huit Régions administratives de donner suite aux mots d’ordre de leurs syndicats? Le bon sens voudrait, si l’on s’en tient à l’opinion générale exprimée par nos concitoyens à travers diverses plateformes, qu’on admette que leur réaction est compréhensible et qu’elle traduit même la vraie ampleur des malheurs que subissent la Région et ses populations, beaucoup mieux  que la chronique médiatisée des tueries de Koulongo, Dioura, Ogossagou, Sobane Da, etc.

En effet, les Administrateurs sont bien ceux qui sentent le plus souffle douloureux de leurs Administrés et qui, plus que l’Administration centrale, pressentent les dangers ou mesurent les insuffisances de l’État à intervenir efficacement.

Malheureusement, le Ministère de l’Administration Territoriale, dans un communiqué aux relents épidermiques, menace de faire pleuvoir des sanctions sur les braves Administrateurs. La question qui se pose est de savoir si un État incapable notoire de sécuriser son territoire et ses populations est fondé légitimement à sanctionner des Commis de l’État. Plutôt que de se mettre dans la peau du lion pour faire peur aux Maliens en proie aux réelles menaces des ennemis de la patrie, IBK et son Gouvernement seraient sages de mesurer leur propre défaillance. Mettons d’ailleurs au pluriel : « leurs propres défaillances ». Tel ne doit point être étonnant ; car, IBK et son vieil ami sont tous des personnes dépassées par les événements et en âge même.

Bouba Wagué, Enseignant

Djibril Coulibaly

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