samedi 27 février 2021
Accueil | Société | Deux mois sur dix d’arriérés de salaire payés aux cheminots : «Certaines Banques ont absorbé les deux mois qui ont été payés, mais d’autres ont eu pitié de nous…», rétorque M. Togola, Chargé de Communication du SYLTRAIL

Deux mois sur dix d’arriérés de salaire payés aux cheminots : «Certaines Banques ont absorbé les deux mois qui ont été payés, mais d’autres ont eu pitié de nous…», rétorque M. Togola, Chargé de Communication du SYLTRAIL

Cela fait pratiquement 45 jours (soit un mois et demi) que les 496 travailleurs du chemin de fer observent une grève de la faim en revendication de 10 mois d’arriérés soit environ 1,6 milliard. Le paiement de quelque deux mois promit par le Premier Ministre qui n’a été effectif que le lundi dernier n’a pas fait bouger les lignes. Une fois débloqué, tel un éclair, l’argent a été bloqué par les Banques de la place pour des raisons de paiement des anciennes dettes. Les cheminots continuent ainsi désespérément leur grève de la faim.

«Certaines Banques ont absorbé les deux mois qui ont été payés pour des raisons de paiement de crédits, mais d’autres ont eu pitié de nous en nous donnant un mois. Nous continuons avec cette grève jusqu’au paiement intégral de nos arriérés. Nous n’avons pas le choix». C’est en ces termes désolants que le Chargé de Communication du SYLTRAIL nous informe que les cheminots poursuivent toujours leur grève de la faim déclenchée depuis le 18 décembre 2018, soit 45 jours.

Depuis plusieurs années et singulièrement le départ de la société TRANSRAIL en 2015, la ligne ferroviaire Bamako-Kayes n’est plus fréquentée par les locomotives. Quant aux populations riveraines des 36 gares ferroviaires qui tiraient profit de la circulation des trains, le désespoir est total.

En plus de ses atouts économiques, les ambiances et mouvements qui prévalaient dans ces gares avec les passages des wagons étaient synonymes de fête dans le village. On donnait et on recevait, bref le partage était mutuel.

Mais, aujourd’hui, de Bamako à Kayes en passant par les 36 gares ferroviaires et les haltes en commençant par Kati, Néguela, Sebékoro, Kita, Bouilli, Toukoto, Fangala, Oualia, Badumbé, Mahina, Diamou, Kalé, Talary, Galougo, Tambafara, Bagouko, Bouroukoun jusqu’à Tintiba, dans tous ces villages, les Riverains pleurent de l’arrêt des trains. Ils ont la nostalgie de l’atmosphère festive qui y régnait quotidiennement, des va-et-vient des agents contrôleurs … Le départ et l’arrivée des courriers y étaient pour quelque chose aussi. Sans oublier les appels des commerçants qui essayaient parfois de grimper les wagons pour exposer leurs marchandises. En un mot, c’est toute une belle histoire qui se termine presque ainsi pour 1,6 milliard de francs CFA, une enveloppe équivalente aux arriérés des 496 cheminots.

Les promesses de la relance toujours non ténue

Les cheminots ne veulent pas rester comme des poissons à nourrir. La preuve ? Ils réclament tous aussi la relance des activités ferroviaires Bamako-Kayes et si possible jusqu’à Dakar. Mais de leurre à leurre, les cheminots n’ont jusque-là vu aucune des promesses tenue par l’actuel Gouvernement. Pourtant, le mardi 24 juillet 2018, l’on se rappelle bien, Baba Moulaye Haïdara, à l’époque Ministre des transports, apparaissait sur les écrans de l’ORTM en soi-disant en train de réceptionner trois locomotives à Pretoria, en Sud Afrique. «L’acquisition de ces locomotives est une réponse à la volonté affichée du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, qui a promis de redynamiser les transports voyageurs et de marchandises sur l’axe Bamako-Dakar en passant par Kayes. La qualité de ces machines construite par la société ‘’Transnet Inrgenering’’ qui a plus de 150 années d’expérience dans la fabrication de locomotives», se vantait-il à l’endroit des cheminots en particulier et des Maliens en général. Et son chef lui-même, le Grand IBK, a, depuis mai 2017, promu 4,6 milliards FCFA pour la relance du secteur. Que ce soit la première ou la seconde, rien de ces annonces n’a jusque-là vu le jour. Le pire, c’était un ancien train voyageur de l’ancien Président ATT, suranné, qui avait été repeint dans la nature en catimini puis montrer aux Maliens comme une concrétisation des engagements du Régime. Et ce train se trouve bloqué depuis au Buffet de la gare de Bamako pour une panne technique. Et ça se comprend. Nous étions en période de campagnes électorales où tous les coups politiques semblaient permis. C’était de la bonne guerre pour le Président IBK, candidat à sa propre succession.

Quant à l’actuel Chef d’orchestre du Département, Soumana Mory Coulibaly, ce sont des tapages populistes et des réunions sans suites qui lui plaisent. Le jeudi 24 janvier dernier ,lors de la réunion sur les Transports, dans son discours d’ouverture des travaux, il a souligné que quelques résultats ont été obtenus au cours de l’année 2018 dont l’amélioration du service des transports aux usagers à travers la réduction du temps de traitement des documents, l’amélioration de l’assistance aux marchandises dans les ports de transit ou encore les actions de sensibilisation des usagers dans le domaine de la lutte contre la surcharge et l’insécurité routière. Tout un chapelet de sonneries. Et, nulle part, le cas des cheminots n’a été souligné par lui. À notre question de savoir s’ils étaient présents à cette réunion de propagandes, le Chargé de Communication du SYLTRAIL, M. Togola, nous précise qu’ils « n’ont été conviés à aucune réunion».

Seydou Konaté : LE COMBAT

Rédaction

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