mercredi 8 décembre 2021
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Des armes de marques européennes aux mains des terroristes et des groupes armés: Qui en est responsable ?  

 

 

À la question de savoir d’où viennent les armes utilisées par les groupes armés au Sahel, l’ONG Amnesty international a une réponse. Selon elle, une étude publiée le lundi, 23 août 2021, par ladite ONG, la branche sahélienne du groupe État islamique ainsi que le JNIM lié à Al-Qaïda utilisent des armes de fabrication européenne et notamment serbe. L’ONG indique également que les mêmes armes sont utilisées par des milices pro-gouvernementales et évoque des circuits illégaux d’armements de ces groupes dans son rapport.   

 

Amnesty International a analysé plus de 400 photos et vidéos diffusées par la branche sahélienne du groupe État islamique et par le JNIM (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) lié à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), mais aussi par des milices locales d’autodéfense – Danna Ambassagou au Mali ou les VDP (Volontaires pour la défense de la patrie) au Burkina – entre janvier 2018 et mai 2021.

La plupart des armes que l’on peut y voir sont de vieilles Kalachnikovs datant de l’ère soviétique. Mais Amnesty a également identifié douze cas dans lesquels les combattants avaient des armes plus récentes fabriquées par une entreprise serbe du nom de Zastava.

«M70AB2, M92 et M05. Ce sont des mitrailleuses qui sont assez présentes dans les arsenaux des groupes armés, qu’il s’agisse de groupes extrémistes violents ou de groupes d’autodéfense. C’est pourquoi cette entreprise a été spécifiquement signalée», explique Ousmane Diallo, chercheur spécialiste du Sahel à Amnesty International.

Trafic, faiblesse des contrôles ou don d’armes  

Les groupes djihadistes récupèrent régulièrement les équipements des armées nationales, lors d’attaques de casernes ou sur des soldats tués dans des combats. Mais Amnesty n’exclut pas non plus d’autres canaux.

«Cela peut être par le trafic d’armes et la faiblesse du contrôle des inventaires militaires au sein des pays sahéliens, ajoute Ousmane Diallo. Et en même temps, une dernière hypothèse que l’on ne peut pas négliger, c’est la possibilité que certains des membres de ces Forces armées-là vendent ou bien donnent certains de ces fusils à des membres de groupes armés, en particulier des groupes d’autodéfense progouvernementaux. »

Amnesty rappelle que la France, la Slovaquie et la République tchèque exportent aussi des armes au Sahel et appelle ces pays, mais aussi les gouvernements sahéliens qui reçoivent ces armes, à mieux contrôler leur utilisation. Pour preuve, lors de l’attaque de Boni le 19 août dernier, plusieurs armes ont été emportées par les ennemis. Cela contribue malheureusement à retrouver ces armes dans les mains des terroristes qui en utilisent contre l’armée.

Kevin KADOASSO LE COMBAT 

Djibril Coulibaly

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