samedi 2 juillet 2022
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Cour d’assises : Pour avoir tué volontairement son voisin à coup de fusil, Youssouf Diarra écope de 10 ans de réclusion

Une affaire de meurtre avec comme principal accusé Youssouf Diarra était pendante devant la Cour d’assises en son audience du 15 août dernier. Agé de 31 ans révolus et domicilié à Cinsana-Gare, l’accusé de meurtre a été condamné à 10 ans de réclusion ferme. 

Selon l’Arrêt de mise en accusation et de renvoi devant la Cour d’assises, il résulte les faits suivants : le 12 février 2016, Youssouf Diarra s’est mis à chasser un chien qui guettait ses animaux domestiques qui ont été, à plusieurs fois, victimes des attaques des chiens. Il s’emporta, entra furieusement dans sa chambre pour s’emparer de son fusil de chasse, le chargea. Mais, le chien qu’il pourchassait a eu l’instinct  de s’en fuir pour trouver refuge chez ses maîtres, Lassine et Lamine Traoré dans un village environnant. Il porta absent leur frère ainé, Tahirou Traoré, le Chef de famille. Youssouf Diarra fit ouvertement des mises en garde. Au moment de s’en aller, il vit Tahirou Traoré, propriétaire même du chien, et lui fit ses mêmes mises en garde. Celui-ci dit l’avoir apaisé en promettant de se faire accompagner pour le rejoindre dans son village. Ce, afin de régler à l’amiable le litige. Mais Youssouf rebroussa chemin seul avec l’esprit tranquille.

Mais, en cours de route, il vit encore un autre chien appartenant, celui-là, à un nommé Soumaïla Sidibé. La main sur la gâchette facile,  il prend cet autre animal comme un des bourreaux de son troupeau. Mais, avant de déclencher un tir pour atteindre fatalement sa cible,  Soumaïla Sidibé, le maître du chien en question, étant non loin de lui, intervint. Alors, Youssouf Diarra prit ses propos en mal et rétorqua. Les échanges qui en résultèrent dégénèrent en propos outrageants. Juste, après avoir reçu les échos des discussions auxquelles se sont livrés impétueusement Youssouf et Soumaïla, leurs voisins Harouna Diarra et Lamine Traoré sont accourus pour intervenir  en leur demandant de se calmer.

Mais, à la grande surprise de tous, c’est un coup de fusil qui éclate pour atteindre fatalement Harouna au thorax et Lamine au flanc droit. Harouna s’écroula et rendit sur place l’âme.  Tandis que Lamine a pu prendre conscience de son état. Pourtant, il a été atteint, lui aussi, par des impacts de balles. Il fut conduit à l’hôpital pour des soins. Arrêté et interrogé, Youssouf a reconnu les faits et a été déclaré coupable de port illégal d’arme.

Voulant se défendre, il essaie de se rétracter en soutenant que le coup serait parti d’un tiraillement entre Lamine et Tahirou et lui qui voulurent le désarmer de force. Ils accusent ceux-ci d’avoir appeler au secours et une foule nombreuse de personnes hostiles à lui arrive pour l’asséner des coups au point jusqu’à avoir perdu connaissance. A ses dires, il a fallu l’intervention du Chef de village pour le mettre à l’abri. Quand il revint à lui, il déclare avoir perdu, entre autres, une somme de 350.000 francs CFA qu’il avait sur lui. Une somme destinée à faire des achats  lors de la foire hebdomadaire.

Bref,  Harouna Diarra, atteint au thorax, est décédé des suites de ses blessures par balles et Lamine grièvement atteint au flanc droit.

Mais, à l’avis de l’Avocat de la défense,  il ne s’agissait qu’un cas d’homicide involontaire au lieu du meurtre.

Par ailleurs, s’agissant du port illégal d’arme, Youssouf Diarra reconnait d’en n’être titulaire d’aucun permis de port légal. Selon lui, c’est un fusil qu’il a hérité de son défunt père. Or,  en la matière, il résulte de l’Article 28 de la loi n°04/030 du 12 novembre 2004, sur les armes et munitions, qu’en cas du décès du détenteur légal d’une arme, celle-ci ne doit pas être remise à l’héritier ou à une tierce personne désignée par la famille du défunt. Sauf après l’obtention d’un nouveau permis de port délivré par l’autorité administrative compétente. Les faits remontent en février 2016, dans la localité de N’Gola.

Après avoir été reconnu coupable de donner volontairement la mort, Youssouf Diarra a été condamné par la Cour, à l’issue des délibérations requises, à 10 ans de prison ferme.

Mohamed BELLEM : LE COMBAT

Rédaction

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