mardi 6 décembre 2022
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Cour d’Assises de Bamako : Un arrêt de condamnation mal digéré

Concernant les dernières affaires jugées enrôlées par la Cour d’assises au titre de ses audiences du 23 août dernier, un Arrêt de condamnation à perpétuité contre deux jeunes hommes, répondant respectivement au nom de Hamidou Diawara et d’Abdou Bamba, a été très mal assimilé par l’assistance qui s’est interrogée nerveusement sur le fond de ce verdict sans aucune preuve concrète contre les prévenus susnommés.

En effet, à l’annonce du verdict par le Juge, les uns et les autres sont restés sur leur faim par rapport à l’origine et les motivations réelles de cette décision. Selon les faits, courant 2016, deux jeunes hommes faisaient l’objet d’arrestation alors qu’ils étaient à bord d’une moto. C’est aux environs des 23 Heures, à Faladié, par une patrouille de police du Commissariat du 10e Arrondissement.

Après présentation de leurs pièces d’identité au complet, la Police a demandé la vignète de la moto qui n’était, malheureusement, pas sur eux. Mais, les deux jeunes ont fait savoir à la police que la moto en question appartenait à un autre policier. A la vérification via le numéro de téléphone, un policier aurait confirmé qu’en vérité le propriétaire de ladite moto est un ami de classe à lui. La police, aussitôt a jugé nécessaire de mettre en état d’arrestation les deux jeunes ; car, il y avait aussi un revolver sous la selle de leur moto. Donc, du coup, la police les soupçonne d’être des voleurs, des braqueurs et d’association de malfaiteurs.

Le lendemain, au Commissariat, le policier dont la moto appartiendrait, un certain Doumbia, viendra récupérer sa moto sans dire mot aux jeunes arrêtés avec sa moto. Alors que ce dernier devait être arrêté pour complicité si jamais, il existait des preuves, concernant les charges retenues contre les deux jeunes.

Par ailleurs, il y avait quelques plaintes déposées dans les Commissariats de 10e et 7e Arrondissements par des plaignants qui ont estimé à leur côté que ces deux jeunes étaient les auteurs de vols qu’ils venaient d’être victimes. Une femme du nom de Fatoumata Togola accuse Hamidou Diawara d’avoir agressé son frère qui a perdu la vie suite à ses blessures. Mais Fatoumata Togola avait oublié d’en informer au Juge instructeur du dossier. Aussi, cette précision ne figurait ni dans le PV de la police dans celui du Magistrat instructeur. Mais elle a été prise en compte par la Cour d’assises. Les deux jeunes hommes Hamidou Diawara et Abdou Bamba reconnaissent avoir avoué à la Police les faits qui leur sont reprochés mais c’est suite à des tortures qui leur ont été infligées au Commissariat de police. Chose confirmée par Mme Fatoumata Togola lors d’une visite au Commissariat. «Donc, une violation grave des Droits de l’Homme », affirme l’Avocat de la défense.

Ensuite, le revolver mentionné dans le PV de la police n’a jamais été vu ni par les accusés eux-mêmes ni par l’Avocat de la défense.

Mais, ce qui est vrai, par ailleurs, c’est que l’arme qui a blessé mortellement le frère de Fatoumata Togola est de fabrication artisanale. Mais, selon le jeune Abdou Bamba, eux ils étaient dans une zone minière au moment du braquage du frère de Fatoumata Togola.

Mais, cette assertion n’a pas été prise en compte par la Cour d’assises.

Bref, malgré l’incohérence des chefs d’accusation, la Cour d’assises a condamné les deux jeunes à des lourdes peines. Pour l’assistance et l’Avocat de défense, il y avait insuffisance de preuves contre les deux jeunes.

Mohamed BELLEM  : LE COMBAT

Rédaction

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