samedi 15 août 2020
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Chronique du web : La sédentarité, ennemi du bien-être professionnel 

De nombreuses disciplines scientifiques, notamment la neuroscience, sont très soucieuses de notre bien-être au travail. Cela se mesure au nombre de conférences, colloques et séminaires qui se tiennent sur la question. Il y a aussi des articles très savants qui sont régulièrement publiés sur la problématique de la santé au travail, et qui tirent la sonnette d’alarme sur la trop grande sédentarité devenue la norme depuis que les nouvelles technologies ont gagné du terrain. Ce phénomène s’est également amplifié avec la « tertiarisation » progressive des emplois au détriment des emplois classiques qui, eux, impliquaient du mouvement dans l’activité professionnelle.

Trois spécialistes – Gaetan de Lavilléon, Marie Lacroix et Emma Vilarem – tous docteurs en neurosciences intégratives et cognitives, viennent de publier un article sur le site de usinenouvelle.com intitulé « Posture au travail : levez-vous pour votre cerveau ! » qu’on peut lire en suivant ce lien : https://bit.ly/2NU4987. Ils font des révélations glaçantes qui nous interpellent tous en tant que travailleurs et/ou employés. Citant une étude récente, les trois neuroscientifiques révèlent « qu’une personne reste entre 1 à 7 heures par jour assise (4 heures en moyenne) pour son activité professionnelle ». Avec la crise sanitaire qui continue de nous éprouver, ils constatent que notre sédentarité a explosé dans des proportions inquiétantes « réduisant encore plus nos déplacements et nos activités physiques ». Or, cela est connu depuis de nombreuses décennies, il existe une corrélation évidente entre la sédentarité au travail et les risques de santé dont les plus connus sont l’obésité, les troubles musculo-squelettiques et cardiovasculaires.
Mais la connaissance nouvelle qu’apportent ces trois spécialistes à la question, c’est le lien entre sédentarité et cerveau. Et ce lien, soutiennent-ils, est corroboré par des études qui nous encouragent vivement à réduire notre sédentarité pour espérer garder notre cerveau en alerte. Et la surprise du chef, c’est que les spécialistes soutiennent que « la réduction de la sédentarité passe tout d’abord par la posture de travail ». En d’autres termes, même si votre activité professionnelle implique une position statique, rien ne vous oblige à la pratiquer sur une chaise, écrivent-ils. Ils se fondent sur les conclusions d’études qui privilégient la position debout, laquelle aurait d’évidents bienfaits sur les performances cognitives et le bien-être au travail. Ainsi donc, « … travailler debout améliorerait les capacités d’inhibition, qui permettent notamment de se focaliser sur une activité et faire abstraction d’informations qui ne seraient pas utiles ou pertinentes ». Autre chose, « les performances en flexibilité mentale, qui permettent de changer plus facilement et rapidement de tâches, sont également améliorées. Ces deux fonctions cognitives participent au traitement efficace des informations, et sont donc essentielles pour le travail ». Les trois neuroscientifiques expliquent que « … Cet effet facilitateur de la position debout proviendrait du fait que le contrôle de la posture met le corps et le cerveau en état d’alerte, améliorant le contrôle cognitif des informations ».
Ces conclusions sont loin d’être isolées puisqu’elles sont mises en évidence par d’autres études qui se sont intéressées aux différences entre position assise et debout lors d’une véritable activité professionnelle. Autre conclusion, « il semblerait donc que toutes les activités ne bénéficient pas de la position debout, qui serait à privilégier dans les environnements riches en sollicitations et des activités nécessitant de la réactivité ».
Dorénavant, les employeurs et leurs employés devraient intégrer ces informations capitales dans le management de leur vie professionnelle, en mettant surtout en avant le bénéfice qu’il y a à tirer de la pratique d’une activité sportive sur la santé au travail. Particulièrement, les recherches soulignent l’impact positif d’une telle activité sur l’amélioration des capacités cognitives du travailleur. Et l’activité physique à privilégier dans un environnement professionnel serait, par excellence, le pédalage ou la course, qui mettrait le cerveau dans un état actif, facilitant ainsi le traitement des informations et la prise de décision.
Toutefois, concluent les auteurs, les bénéfices n’apparaissent qu’après les vingt premières minutes de l’activité physique. Ces bénéfices seraient variables en fonction du type d’activités physiques et du type d’activités professionnelles. D’où la difficulté, écrivent-ils, de faire des recommandations universelles sur ce type de pratiques nécessitant un matériel spécifique et l’habitude de les réaliser.
Aussi, les bénéfices de l’activité physique ne se limitent pas seulement au moment de la pratique, mais se prolongent également dans le temps. En effet, l’amélioration des performances cognitives apparue pendant l’exercice se prolonge même lorsque l’activité est terminée. Ce dernier résultat est important dans le contexte professionnel car il sous-entend que pratiquer une activité physique au cours d’une journée de travail peut améliorer la réalisation des activités professionnelles arrivant ensuite. Faire des pauses « actives » au travail semble donc être important pour des questions de santé physique, mais également de bien-être et d’efficacité.
En définitive, il faut s’employer à combattre la « sédentarité excessive » au travail. Selon les chercheurs, on n’aurait que l’embarras du choix des actions à entreprendre pour conjurer les « risques associés ». Une modalité consisterait par exemple à « proposer des bureaux surélevés ou modulables pour promouvoir la position debout. Elles peuvent également proposer des pédaleurs sous les bureaux pour permettre une activité physique en travaillant, ou des activités physiques individuelles ou collectives pour favoriser des pauses « actives » ».
Pour prendre en exemple une salle de rédaction d’un grand journal, au lieu des bureaux classiques qui favorisent les problèmes de cervicale, on créerait des desks surélevés genre tabouret ou tables de cocktail dans les réceptions mondaines… ou comptoirs de bar. Et tous les journalistes seraient équipés de supports ajustables pour téléphones, tablettes, ordinateurs portables, le tout étant de placer l’écran du terminal dans l’axe de vision du rédacteur pour lui éviter de trop baisser la tête.
Une autre astuce serait d’équiper les salles de rédaction de postes de travail avec des écrans suspendus qui procureraient du confort au journaliste. Celui-ci serait alors plus enclin à se déplacer au lieu d’enchaîner des sessions de trois à quatre heures d’affilée.
Serge de MERIDIO

Malick Diancoumba

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