dimanche 15 décembre 2019
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Chose promise, chose due ! Où en est-on avec le projet de recrutement de 900 filles et femmes en 2017 par la première Dame ? 

 

En arrivant aux affaires, en 2013, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, avait promis de mettre en place une politique offensive contre le chômage. C’est dans ce cadre que s’inscrit la création de 200.0000 emplois annoncés dans son programme de société lors des campagnes électorales pour son premier mandat ainsi que bien d’engagements faits par ses leaders des mouvements et associations ou structures qui l’accompagnaient à cette époque au nombre desquels son épouse. Pour le second mandat, cette dernière avait initié en 2017 un vaste projet d’environ 1000 postes d’emplois directs en faveur des femmes de Bamako et de l’intérieur du pays. D’où cette question de savoir : «Où en sommes-nous avec ce projet ? », se posent certaines interlocutrices.   

À un peu près, trois ans ou plus de la fin de son dernier mandat en cours, la question d’emploi des jeunes et des femmes ne figure plus dans ni les discours ni projets d’activités du Président IBK. On n’en parle plus désormais. C’est même devenu une situation mitigée. Selon les comptes rendus du Gouvernement, à l’approche de l’élection présidentielle de 2018, le Régime en place semblait  déjà  relever le défi relatif à la création des 200.000 emplois. Selon une source contactée au Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, une évaluation faite au mois de septembre 2017 faisait même état d’un chiffre de 203.554 emplois créés au cours du premier quinquennat d’IBK. Mais, en revanche, sur le terrain ou sur le marché du travail, le taux des demandeurs d’emploi ne semble qu’avoir évolué crescendo. Alors, que de raisons de s’interroger sur la fiabilité de ces statistiques. Ensuite, ce qui devient encore plus préoccupant de nos jours, c’est que pas mal d’importantes initiatives qui avaient été prises lors du premier mandat ne sont plus d’actualité. C’est le cas, par exemple, du projet  salutaire auquel a souscrit la première Dame, Mme Kéïta Aminata Maïga, visant à consolider les acquis obtenus par le Chef de l’État. Ce, à travers des nouvelles en faveur des femmes et des jeunes.

En effet, à travers son ONG, AGIR, la Première Dame avait le flair de lancer un avis d’appel d’offres à candidatures pour une formation en  métiers pratique et un appui à l’installation au profit des filles et femmes déscolarisées, à Bamako et Kati.  Initiative inscrite dans le cadre du projet Autonomisation des femmes et Dividendes Démographiques au Sahel (SWEDD).

Six pays (Mali, Burkina Faso, Côte-d’Ivoire, Mauritanie, Niger, Tchad) se sont engagés dans ce projet qui vise grâce à l’aide de la Banque Mondiale et du FNUAP, à renforcer le niveau d’autonomisation des femmes et adolescentes en vue d’accélérer la transition démographique pour la capture du dividende démographique ; particulièrement, dans les pays du Sahel.

Au Mali, c’est à travers l’ONG AGIR de la première Dame que le projet SWEDD a ouvert un vaste programme de recrutement au profit des filles, adolescentes et jeunes femmes déscolarisées sachant lire et écrire.  Il s’agissait d’améliorer les conditions de vie des filles et femmes et de leurs familles dans les zones périphériques de Bamako.

Pour la matérialisation du projet en question, il était même envisagé d’assurer la formation et l’appui à l’installation au profit des jeunes filles et femmes volontaires ayant l’ambition et le désir d’intervenir dans des activités non traditionnelles. Parmi les 900 possibilités d’emplois envisagés, il était question que celles dont les dossiers sont retenus bénéficient d’une formation professionnelle dans certains corps de métiers (Gestion, Leadership…), d’un renforcement des capacités  d’accès aux ressources et facteurs de production (crédits, marchés, comptabilités…). Aussi, le projet devrait offrir à 710 filles, femmes et adolescentes des lots d’équipements et des fonds de roulement, après une session de formation initiale dans les domaines du bâtiment, d’électricité, de la plomberie, de la peinture et du maraichage. Dans le domaine de l’informatique où certaines (filles et femmes) devraient également être appuyées, il était promis par la première Dame d’outiller ces destinataires du projet  en termes des techniques de création et de maintien de sites web, d’électroménager et couverture médiatique. Ce n’est pas tout. Certaines bénéficiaires du projet devaient être formées en mécanique auto et en froid. Des stages d’emplois seront mis à la disposition de près de 190 filles qui pourront être employées dans certaines entreprises existantes, notamment dans les stations d’essence.

Au regard du grand engouement suscité par ce vaste projet, l’ONG AGIR, pour donner plus de chance à la cible, avait repoussé jusqu’au 15 décembre 2017 la date limite de dépôt des dossiers de candidature qui était fixée au 30 novembre 2017. L’impact d’un tel recrutement sera forcément grand. Car, lorsqu’on offre de l’emploi ou une formation qualifiante à une fille ou à une femme, c’est un acte salutaire que l’on pose dans le développement socio-économique de l’ensemble du  pays. Mais, le hic est qu’on ne sait plus aujourd’hui où en sommes-nous avec tous ces projets depuis la tenue de l’élection présidentielle d’août 2018. Élection soldée par la succession du Président à lui-même.

Habib Diallo  LE COMBAT 

Djibril Coulibaly

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