dimanche 3 juillet 2022
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CHASSE AUX HOMMES POLITIQUES: Allaye Bocoum dénonce l’omerta du CNT 

 

 

Invité sur le plateau de la chaîne panafricaine ‘’Africable’’, sans langue de bois, Dr Allaye Bocoum a demandé aux Maliens de sortir de ce débat selon lequel la CEDEAO veut dicter sa loi au Mali.  “ À chaque fois qu’on intègre une organisation, il  y a des chartes, des conventions, des règles qu’on signe et qui empiètent un peu sur notre souveraineté’’, a-t-il souligné, interpellant le Conseil national de transition à jouer son rôle de contrôle sur le fonctionnement de la justice malienne. Il n’a pas manqué de souligner que la crise entre la CEDEAO et le Mali a sa solution au Mali. 

“La solution est endogène et c’était à nous de discuter entre nous et porter un projet commun envers la CEDEAO pour sortir le Mali de la crise’’, dit Allaye Bocoum. Durant cette transition, le mot souveraineté revient dans les débats au Mali. Mr Bocoum estime que la classe dirigeante au Mali accepte que le Mali renonce à une partie de sa souveraineté dès lors qu’il accepte d’intégrer la CEDEAO. ‘’C’est un fait, une réalité’’, dit-il. Mais aussi, a-t-il expliqué, il faudrait que l’on comprenne que dans cette démarche, la CEDEAO a des droits au Mali comme de la même manière, le Mali a ses droits dans chaque pays de la CEDEAO.

Selon lui, il faut qu’on sorte de ce débat de vouloir dire que la CEDEAO veut nous dicter. À partir du moment où on décide d’être membre de la CEDEAO, et même membre des Nations Unies, il faudrait que l’on comprenne qu’à chaque fois qu’on intègre une organisation il  y a des chartes, des conventions, des règles qu’on signe et qui empiètent un peu sur notre souveraineté ; et c’est, dit-il, le désir de vivre en commun qui pousse les États à faire ainsi pour faire prospérer la paix, la cohésion, ainsi que le développement entre les peuples du monde.

Il a invité les autorités à ne pas occulter cet aspect et éviter ce discours qui continue de considérer la CEDEAO comme l’ennemi du Mali. Ce qui, selon lui, est extrêmement dangereux. Pour lui, c’est la transition qui a des difficultés avec la CEDEAO. De ce fait, il appelle les autorités de tout mettre en œuvre pour régler celles-ci au lieu d’essayer de décrédibiliser cette organisation sous régionale dont le Mali a le droit et l’obligation d’améliorer pour les futures générations.

Monsieur Bocoum soutient sa position qu’aucun pays à lui seul ne pourra s’en sortir avec la nouvelle configuration du monde, avec la création de grands blocs. Ce qui ne serait pas du tout un intérêt pour le Mali de vouloir se retirer. Il n’est pas de ceux qui appellent au retrait du Mali de la CEDEAO.

En ce qui concerne les violations desquelles la CEDEAO est accusée, Bocoum estime que la transition est là à violer et bafouer tous les jours nos droits en République du Mali. ‘’Aujourd’hui, on peut dire que Etienne Fakaba Sissoko depuis des mois a été arrêté sur des faits banals et jeté en prison. Le CNT n’a pas la possibilité au moins d’interpeler les ministres sur la violation des droits humains parce que, vous avez fait un merveilleux travail d’interpeller le Gouvernement sur l’évolution de son Programme, mais en aucun moment, vous n’avez parlé de violations des droits, le fait qu’on pourchasse nos hommes politiques, le fait que Soumeylou Boubèye Maïga a été arrêté dans l’étau de la justice et qu’il est mort’’, martèle-t-il.

Sans toutefois accuser quelqu’un, affirme Bocoum, le CNT avait l’obligation de regarder dans l’appareil judiciaire pour voir s’il y a un dysfonctionnement des textes, s’il y a eu manquement. Qu’est-ce qui n’a pas marché surtout pour un homme d’État qui est mort en prison et qui est innocent parce qu’il n’a pas été jugé ?

Il demande au CNT qui a l’obligation d’aller s’imprégner  de ce qui se passe au sein de la justice malienne pour l’intérêt de tous. “Vous allez quitter le CNT demain, peut-être que ces mêmes dysfonctionnements vont vous tomber dessus’’, dit-il.

En ce qui concerne le Gouvernement de la transition, passant par celle de la rectification, il pense que ces différents Gouvernements ne tiennent que des discours vides de contenus. “La lutte contre l’impérialisme est faite au Mali, c’est vide de contenu. Parce que la lutte contre l’impérialisme est une compréhension idéologique et politique de l’exploitation de l’homme par l’homme et qui demande maintenant à ceux qui tiennent lieu de cette lutte de développer un certain nombre de possibilités politiques, économiques, sociales et culturelles pour pouvoir donner une certaine autonomie à son pays et répondre à l’impérialisme’’, explique-t-il.

Il a déploré le fait que le pays soit harcelé en permanence par l’insécurité pendant que les autorités trouvent l’opportunité de s’en prendre à des partenaires avec lesquelles on n’est pas en guerre. La crise au Mali, ce n’est pas avec la CEDEAO et les autres.  Au-delà de la question de l’embargo, il appelle les Maliens à mettre la balle à terre et comprendre qu’on est plus ancien responsable au Mali que responsable. Il estime que la solution avec la CEDEA0 se trouve à Bamako. Selon lui, tant que les autorités de la transition continueront à harceler la classe politique et bafouer les droits humains en faisant en sorte qu’il n’y ait pas d’expression démocratique pour le moins, apportent la contradiction sur ce qu’elles apportent comme solution aux problèmes, et bien elles n’auront jamais la solution parce que la solution est endogène et c’était aux Maliens de discuter et porter un projet commun envers la CEDEAO pour sortir le Mali de la crise actuelle.

Bourama KEITA LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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