mercredi 27 octobre 2021
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Ces multiples césariennes que subissent les femmes : «C’est pour ne pas avoir mal lors des contractions », estime-t-on

Désormais, pour mettre au monde leurs bébés, les femmes font de plus en plus recours à l’accouchement par césarienne, une intervention chirurgicale pratiquée sous anesthésie générale. Du moins, c’est ce que pensent beaucoup de spécialiste. Selon eux, ce sont les femmes elles-mêmes qui  ne veulent pas supporter la douleur du travail lors de l’accouchement.  D’où l’accroissement des  interventions à la césarienne au Mali. Des enquêtes réalisées relèvent qu’entre 2013 et 2017, le taux national de la césarienne  a varié entre les 7 à 8%. Le pire, l’Hôpital Gabriel Touré est champion dans la matière avec un taux de 39,8%. 

Généralement, c’est le médecin qui décide d’une opération chirurgicale pour un patient. À nos jours, les femmes qui attendent un bébé  planifient la césarienne. Donc, ce n’est plus dans le cadre  d’une situation d’urgence, mais par peur  de douleur, tenteront de justifier certaines dames.

Cependant, pour les Médecins spécialistes dans le domaine, le fait qu’une femme souhaite un accouchement par césarienne n’est pas une raison pour que l’obstétricien cautionne. « Ce n’est pas parce qu’on a mal lors des contractions du travail qu’il faut demander à être opérée forcement. Comme on le dit souvent, la douleur lors de l’accouchement est, certes, difficile ; mais, c’est ainsi », nous confie le Docteur Amadou Bocoum, Gynécologue obstétricien à l’Hôpital Gabriel Touré. Pour lui, cette voie de recours chirurgicale ne s’improvise pas.

« Ça arrive tous les jours. Il y en a même qui te diront que je ne peux pas accoucher à cause de la douleur, s’il vous plaît, il faut me faire une césarienne », nous affirme Mme Sogodo Assitan Fofana, Sage femme.

Au Mali le taux de la césarienne se situe entre les 7 et 8%, selon des documents d’enquêtes réalisées de 2013 à 2017.

Concernant l’Hôpital Gabriel Touré, l’un des grands hôpitaux publics du Mali, le taux est d’environ 40%. Selon Dr. Bocoum ce chiffre s’explique par le fait que l’Hôpital reçoit plusieurs femmes dans des cas d’urgence due à une complication d’accoucher normalement.

Pour les femmes que l’on a pu approcher sur le sujet, elles reprochent aux femmes d’aujourd’hui de ne plus respecter le temps des contractions avant l’accouchement comme la nature le demande. La durée maximum du travail de l’accouchement est de 12 heures, mais la femme qui est à son premier accouchement, peut voir la durée du travail variée, de 8 à 12 heures et pour celles qui sont déjà à leur deuxième ou troisième, le travail s’étale  entre 6 et 8 heures. « Au-delà de 12 heures, cela veut dire qu’il y a une anomalie dans l’évolution du travail de l’accouchement que le Docteur doit détecter. Si avec les médicaments le problème n’est pas résolu, le Docteur demande alors une césarienne », nous éclaircit le gynécologue obstétricien Amadou Bocoum.

Ce recours à la césarienne peut éviter la douleur de l’accouchement, mais peut également entraîner de nombreuses complications aussi bien chez la femme que chez le bébé. En cas d’anesthésie générale, il y a des femmes qui vomissent durant l’opération ou parfois, l’abondance de saignement peut aboutir à une hémorragie interne. Et, après la césarienne, le Docteur nous explique que la principale complication est les infections. Si ce n’est pas vite diagnostiqué, ça peut évoluer vers des complications très graves. « Dans certains cas, il faut encore ouvrir la cicatrice pour la nettoyer » dit-il. Pour le bébé, les complications sont liées à l’anesthésie qui est utilisée. Si c’est l’anesthésie générale, le produit passe  dans la circulation sanguine. Donc, l’enfant est souvent aussi endormi.   

Pour certaines sages femmes, cette demande à répétition des femmes à être opérée est due à un manque de sensibilisation lors des consultations prénatales. « Le fait que le taux de la césarienne soit élevé, c’est,  par exemple, le fait que la sensibilisation ne passe pas souvent », dit Dr Sogodo Assitan Fofana. Pour elle, les femmes doivent être sensibilisées par rapport aux contractions utérines, ces physiologies qu’elles doivent supporter en principe. « Sauf si c’est les adolescentes, elles n’ont pas toutes la maturité pour  supporter les contractions », a-t-elle ajouté. 

Par ailleurs, pour ceux qui pensent que la césarienne peut avoir un impact négatif sur le lien entre la mère et l’enfant, pour la sage femme cette pensée ne tient pas. Elle croit  plutôt que c’est l’allaitement qui tisse le lien d’affection entre les deux personnes.

De toute évidence, la pratique continue et surtout dans les structures privées où ce sont les patientes même qui déboursent l’argent. Signalons que dans les hôpitaux publics, la césarienne est gratuite,  particulièrement, si c’est le médecin qui l’indique.

Adama A. Haïdara : LE COMBAT

Rédaction

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