mercredi 30 septembre 2020
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APRES DE VIOLENTS AFFRONTEMENTS LES 10 ET 11 JUILLET : Les Maliens espèrent voir le dialogue triompher pour limiter les dégâts

L’UA, la Cédéao, l’ONU et l’UE se disent «très préoccupées» par la situation au Mali après deux jours d’affrontements meurtriers entre les manifestants qui exigent la démission du président Ibrahim Boubacar Kéita et les forces de l’ordre à Bamako. Condamnent avec vigueur toute forme de violence comme moyen de règlement de crise», elles ont appelé le pouvoir et ses opposants à privilégier les moyens pacifiques pour apaiser le climat sociopolitique. A Bamako, un calme précaire règne depuis lundi dernier (13 juillet 2020) après de nombreux appels au calme et à la retenue.

Ce lundi (13 juillet 2020) matin, Bamako retenait son souffle après une nuit plus calme que les deux précédentes durant lesquelles la capitale malienne a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui exigent la démission du président Ibrahim Boubacar Kéita et de son régime. Des scènes de violence qui ont fait une dizaine de morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels importants évalués à des centaines de millions de francs CFA.
L’appel au calme et à la retenue de l’Imam Mahmoud Dicko a été visiblement entendu par les jeunes manifestants. En effet, l’influent leader religieux et guide moral de la contestation a pris la parole peu avant l’inhumation de manifestants tués lors des heurts autour de sa mosquée à Badalabougou (commune V du district de Bamako) pour appeler ses partisans au calme et à la retenue.
«Ne provoquez personne. Ne vous attaquez à personne… Ne mettez pas le feu aux stations essence ni aux commissariats de police. Du calme, s’il-vous-plaît ! Du calme !», avait-il déjà déclaré dans une vidéo tournée dans la mosquée où il prêche et qui a été l’épicentre des affrontements entre manifestants et force de sécurité dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juillet 2020.
«Nous devons bannir la violence dans nos actions car c’est le plus mauvais exemple que nous pouvons donner aux jeunes et la plus mauvaise image que nous pouvons donner à ceux qui nous observent de loin», a déclaré le leader religieux à la presse, dont la télévision nationale, après les obsèques de 4 manifestants.
«Ce mouvement a été enclenché pour redonner espoir au peuple. Il doit donc se poursuivre, mais dans la dignité, dans la quiétude et le respect des autres… Nos amis ne cessent de nous appeler à la retenue. Quand on vous demande d’être mesuré dans votre propre pays, c’est un conseil d’ami», a-t-il indiqué dans ses interventions en français et en bambara. Mais, a assuré l’Imam Dicko, «notre détermination à mener ce combat est inébranlable car il s’agit de restaurer la nation malienne, lui redonner son honneur et sa dignité». Il n’a donc pas caché sa détermination à vaincre «cette gouvernance catastrophique qui est en train d’abimer le pays chaque jour davantage».

Un calme après la tempête ?
Même s’il y a eu des échauffourées dans certains quartiers du centre ville, la nuit (dimanche au lundi 13 juillet 2020) a été généralement calme. Dans certains quartiers de la rive droite, des témoins ont même indiqué que des jeunes s’étaient organisés pour débarrasser les routes des pierres et des débris de pneus brulés.
Et ce matin, aucune manifestation n’est encore signalée par les médias et les réseaux sociaux du pays. Et même si des groupes isolés ont fait circuler des vidéos en promettant au régime un «lundi noir» à Bamako. Néanmoins, la prudence est de rigueur dans la capitale.
Ainsi, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF) a conseillé aux banques de la place de ne pas ouvrir en raison de la situation sociopolitique du pays. Une mesure suivie ce matin au passage de notre correspondant.
Certains privés ont aussi conseillé à des employés de rester à la maison. «Nous avons demandé à tous nos agents dont la présence n’est pas indispensable de rester à la maison par prudence. Et, si tout se passe bien, nous comptons libérer ceux qui sont là à midi pour qu’ils puissent regagner leurs domiciles à temps», a confié à Xinhua le patron d’une société spécialisée dans l’informatique et les nouvelles technologies.
Certaines universités privées ont également suspendu les cours ce lundi et demain afin d’observer «l’évolution de la situation». Contrairement aux autres jours ouvrables, les véhicules de transport en commun ne sont pas non plus très nombreux dans la circulation.
Dans le journal télévisé (20h du dimanche 12 juillet 2020) de la télévision nationale (ORTM), le Haut Conseil islamique, l’Eglise (catholique et protestante), les notabilités de Bamako, des parents de victimes… ont appelé les manifestants à la retenue et ont demandé au pouvoir et aux contestataires de privilégier le dialogue pour sortir de cette crise sociopolitique.
Dans un communiqué commun, les représentants de la CEDEAO, de l’Union africaine (UA) et des Nations unies (MINUSMA) dans le pays ont exprimé leurs préoccupations par rapport à «l’évolution de la situation sociopolitique au Mali» suite au meeting organisé le 10 juillet 2020 par le M5-RFP. Ils ont regretté que «des édifices publics et privés eussent été pris pour cibles avec des violences ayant entraîné des pertes en vies humaines, de nombreux blessés…».
Ces représentants ont regretté «l’usage de la force létale dans le cadre du maintien de l’ordre» et ont invité toutes les parties à la «retenue» tout en leur recommandant de toujours «privilégier le dialogue, la concertation et les canaux pacifiques de résolution de crises».
Ces organisations se disent persuadées que «les conclusions de la récente mission de la CEDEAO posent les bases d’une solution appropriée pour un accord politique de sortie de crise» comme l’a souhaité le président Ibrahim Boubacar Kéita dans son adresse à la nation du 11 juillet 2020. «Cette dissolution de fait de la Cour va nous conduire dès la semaine prochaine à demander aux autorités compétentes la désignation de membres pour que, rapidement, une Cour reconstituée nous aide à trouver les solutions aux contentieux issus des élections législatives», a indiqué IBK. Mais, de l’avis de nombreux observateurs, la dissolution pure et simple de l’Assemblée nationale est indispensable pour éviter la reprise des hostilités dans la rue. Et cela d’autant plus que la décision du chef de l’Etat d’abroger le décret de nomination des membres de la Cour constitutionnelle est constitutionnellement illégale et peut être attaquée en justice. Par contre, il est habilité à dissoudre l’Assemblée nationale.
En attendant, les Bamakois voire les Maliens espèrent que l’accalmie constatée le lundi matin est un calme après la tempête et non avant un nouveau déchainement de la violence !
Moussa Bolly

Malick Diancoumba

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