dimanche 19 août 2018
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Tabou Azawad : Qui pour purifier la Ministre Oumou Touré de son crime de lèse-majesté ?

A défaut d’une véritable exorcisation, la Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Traoré Oumou Touré, a tout au moins besoin d’implorer par une représentation quelconque le pardon de l’État malien à l’image de ce que l’Ambassade de France avait fait en octobre dernier en faveur de Robin Guiovanopoulos. Celui-ci, Français de nationalité, avait été chassé du Mali par les plus hautes autorités nationales pour avoir bravé le ‘’totem’’ Azawad. La Ministre Oumou CAFO, quant à elle, ne saurait de par sa ‘’malienneté’’ subir le même sort que cet Enseignant d’Histoire-Géographie. Cependant, mine de rien, elle pourrait faire les frais de son ‘’crime’’ en se faisant emporter par un éventuel prochain vent de remaniement ministériel.

Aucune infraction liée au tabou Azawad, objet de discordes acerbes, ne resterait visiblement impunie au Mali ; est-on tenté de comprendre à travers les foudres qui se sont abattues sur le pourfendeur Enseignant du Lycée français de Bamako.

Nous étions en fin octobre lorsque ce Professeur, répondant au nom de Robin Guiovanopoulos, avait osé donner à ses élèves un devoir ainsi formulé: «Qu’est-ce que l’Azawad ? », «Cette Région appartient-elle au Mali ? », ou encore «Quelle est la capitale de l’Azawad ? ». La levée de boucliers fut immédiate tant parmi les parents d’élèves que sur les réseaux sociaux. Pour calmer les esprits, l’Ambassade de France a présenté des excuses officielles, regrettant dans son communiqué « les inexactitudes et les raccourcis que pouvait contenir ce devoir sur un sujet qui fait actuellement débat au Mali » et assurant qu’il n’y avait « aucune intention malveillante de la part du Professeur […] qui n’avait pas mesuré la portée politique du terme Azawad». À partir de là, plus d’un Malien s’était rendu compte de l’épée de Damoclès que la simple évocation de ce terme ‘’Azawad’’ pouvait se constituer au-dessus de sa tête. C’est alors que la méfiance devenait un mot d’ordre pour tout un chacun surtout pour les Officiels et les Hommes politiques. Mais c’est sans compter sur la capacité de la ministre responsable  de la promotion de la Femme, de l’enfant et de la famille à s’aligner sur les  autres Ministres éjectables.

Depuis début décembre, la Ministre Oumou Touré se débat dans un maelström des critiques cherchant désespérément un sauveur samaritain. Sa bourde est que, quelques jours plus tôt, elle a posé en photos avec Mme Aminatou Walet Ag-Bibi, la Présidente des Femmes de l’Azawad, qui a eu l’audace de revêtir aux Assises des femmes du Mali pour la paix un foulard aux couleurs du drapeau du Mouvement National de l’Azawad (MNLA). Ces photos se sont rapidement retrouvées sur les réseaux sociaux où internautes, opposants et certains mouvements de la société civile n’ont pas tardé à crier à un acte de provocation et à réclamer la démission de Mme Touré.

Pour beaucoup, la nouvelle controverse survenue lors des assises des femmes du Mali n’est que le symptôme d’une hostilité viscérale au mot même d’«Azawad». Cette controverse aura eu le mérite de placer la Ministre négligente sous les projecteurs du patron de Koulouba longtemps aux aguets de la moindre faille devant lui permettre de composer l’ossature de sa probable dernière équipe gouvernementale de fin de mandat. Bien que ce remaniement ne soit qu’une probabilité jusqu’ici, la dame Oumou s’est elle déjà empêtrée dans un sale drap. Qui, donc, pour la sortir d’affaires ?

Katito WADADA : LE COMBAT

Rédaction

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